La Chute

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La religion : une image omniprésente

A. La Chute : une confession

         Il s’agit d’un récit tout au long duquel le protagoniste Jean-Baptiste Clamence, à travers son monologue, se confesse et avoue des erreurs passées commises. Le fait de se confesser renvoie donc à la religion catholique, et comme pour ajouter à la référence au sentiment religieux du récit, Camus a le souci d’y intégrer un personnage central ayant un côté biblique, religieux : il lui donne ainsi le nom de Jean-Baptiste que tout lecteur sait être le nom d’un prophète. Clamence s’identifie au prophète moderne et éprouve de la culpabilité relativement à ses erreurs passées qui l’anéantissent. « Il est trop tard, maintenant. Il sera toujours trop tard. Heureusement ! », dit-il en fin de récit. La rédemption est, pour lui, la seule issue.

La Chute est non seulement une confession mais également un message fort qui ressemble à un appel ou plutôt à un réveil adressé à chaque homme pour que celui-ci se confesse à son tour. Il s’agit d’une mise en accusation universelle de l’humanité : « N’attendez pas le jugement dernier. Il a lieu tous les jours », clame Jean-Baptiste Clamence. Le titre du roman rappelle, entre autres, la chute des premiers hommes, Adam et Ève, mais encore celle des anges rebelles dans l’Apocalypse. Tel Lucifer, Clamence a chuté, et il va à présent être question de la possibilité d’une victoire du bien sur les forces du mal.

        

B. La Chute, entre culpabilité et duplicité

         Dans La Chute, la confession apparaît comme le résultat d’une puissante culpabilité de la part du protagoniste, la culpabilité d’avoir péché et le besoin de se confesser demeure la seule issue, la seule guérison à sa souffrance psychologique. Jean-Baptiste Clamence culpabilise de ne pas avoir réagi face à une scène tragique, celle d’une femme tentant de se suicider en se noyant sous le fameux pont Royal à Paris. Il s’en veut de ne pas être celui qu’il pensait être. La question de l’identité se pose alors : un dédoublement de sa personnalité se fait. Le lecteur en prend conscience grâce au jeu de miroirs auquel l’auteur fait souvent référence. « Mon image souriait dans la glace, mais il me sembla que mon sourire était double », dit Clamence. Le miroir dévoile ce qui se cache sous le masque de la duplicité qui n’est que le reflet de lui-même mais accentuant ses défauts : l’égoïsme, l’indifférence.

Le message de Camus est clair : nous avons tous en nous une part de vice caché et qui se doit d’être confessée, jugée. « L’homme est ainsi, cher Monsieur, il a deux faces : il ne peut aimer sans s’aimer », dit-il à travers Clamence.

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