La Confession d'un enfant du siècle

par

Brigitte

Brigitte est une jeune femme d’une trentaine d’années. Calme, douce, elle connaît un veuvage précoce et vit depuis dans un rapport distancié avec l’amour. Elle appréhende désormais le monde avec calme et résolution, s’occupant de malades afin de transposer cet amour perdu sur d’autres personnes dans le besoin, dévouée et pieuse.

Elle se donne tout entière aux autres mais parvient difficilement à établir un diagnostic sur ses propres sentiments. Lorsqu’elle rencontre Octave, torturé, harassé par des questions sans réponse, elle sent peu à peu un nouvel amour naître, ce qu’elle refuse avec passion. Elle préfère rester sourde et aveugle aux signes évidents d’amour qu’Octave manifeste pour elle, et garder ses distances devant la perspective d’une nouvelle histoire qui l’effraie grandement.

Lorsqu’enfin ils s’avouent leur amour mutuel, les barrières de sa conscience vont s’effondrer et les deux amants vont pouvoir vivre heureux pour un temps. Brigitte fera donc connaître un bonheur encore méconnu à Octave pendant un court moment.

Cependant, Brigitte fait preuve d’une morale à toute épreuve. La pureté de son caractère, son sens du devoir et sa droiture finissent par faire paradoxalement douter Octave de sa fidélité, qui semble être à ses yeux trop purs pour être véritable. Ainsi, devant les incessantes scènes et manifestations de suspicion et de jalousie de son amant, Brigitte finit par se détourner de lui et s’éprend d’un ami d’enfance nommé Henri Smith.

Mais la droiture qu’Octave l’accusait de simuler était en vérité telle qu’elle lui interdit de quitter Octave, par respect envers son devoir. L’ayant connu alors qu’il n’était qu’un homme émotionnellement perdu, elle se sent incapable de pouvoir le quitter.

Sa délivrance n’arrive que lorsqu’Octave découvre une lettre dans laquelle Brigitte confesse aimer Henri davantage que lui. Cette lettre seule parvient à décider le jeune homme à quitter Brigitte sans lui faire plus de mal encore.

Elle représente donc dans l’œuvre la fidélité, la pureté des sentiments. Malgré son amour premier pour Octave, son cœur ne peut finalement s’attacher durablement à quelqu’un d’aussi jaloux, mais elle préfère souffrir plutôt que de le quitter, ce qui entacherait son sens moral du devoir à jamais.

Cependant, elle fait naître en Octave un sentiment beaucoup plus fort que la jalousie qui le corrompt et manque de le pousser au crime ; elle le sauve en quelque sorte, par sa droiture, de la corruption qu’avait distillée en lui l’apprentissage libertin de Desgenais. 

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