La Confession d'un enfant du siècle

par

L’influence du courant romantique

Écrit en plein XIXème siècle, le roman de Musset ne peut être que fortement influencé par le courant romantique qui marque alors la littérature de l’époque, aussi bien dans le théâtre que dans la prose et d’autres formes d’art, telles que la peinture. Rompant avec la période classique, le romantisme remet en question l’harmonie que requiert l’esprit classique, qui veut que l’homme soit l’auteur de régularité, de symétrie. Ainsi, avec la période romantique, on assiste à la naissance de héros de la littérature aux émotions très éloignées d’être bien rangées et définies dans leur esprit, d’une génération de jeunes gens tourmentés, aux questions demeurant sans cesse sans réponses, recherchant la paix et l’apaisement dans la solitude et dans le repos que la nature seule parvient à leur fournir.

« Dieu m’est témoin que je fis tout au monde pour me distraire et pour me guérir. D’abord, toujours préoccupé de cette idée involontaire que la société des hommes était un repaire de vices et d’hypocrisie, où tout ressemblait à ma maîtresse, je résolus de m’en séparer et de m’isoler tout à fait. Je repris d’anciennes études ; je me jetai dans l’histoire, dans les poètes antiques, dans l’anatomie. »

Aussi, ce penchant pour le romantisme se ressent avec force dans le roman de Musset. Le thème de l’histoire d’amour triste et sans lendemain, au cours de laquelle c’est l’homme lui-même qui, par ses doutes et la force de son amour, laisse ses interrogations dévorer le peu de bonheur qu’il a à peine pu toucher du doigt, est une constante de la littérature romantique. Ainsi, la femme est avant tout mise en avant dans cette étude psychologique : l’auteur essaie de cerner les besoins affectifs de celle-ci, montrant le dilemme dans lequel elle se retrouve bien souvent plongée, les différentes facettes qu’elle peut révéler d’elle-même, se montrant tour à tour en proie à des passions qu’elle ne peut éradiquer et auxquelles elle s’abandonne sans jouir réellement de cette liberté, et fidèle à sa morale et à sa droiture qui l’enferment mais semblent être le seul moyen de ne pas avoir l’esprit troublé.

« J’ai vu que la plupart des hommes pressent de se donner la femme qui les aime, et j’ai toujours fait le contraire, non par calcul, mais par un sentiment naturel. La femme qui aime un peu et qui résiste n’aime pas assez, et celle qui aime assez et qui résiste sait qu’elle est moins aimée. »

Le romantisme dans l’œuvre de Musset souligne donc bien cette tendance de l’homme à chercher à comprendre la femme à travers les affres de ses sentiments contradictoires. Cependant, les hommes non plus ne demeurent pas en reste. Au travers de son œuvre, si Musset nous parle de la femme, il montre également une facette du sexe masculin pleine de doutes et de mélancolie. Il nous livre en Octave une personnification du « mal du siècle » qui frappe les jeunes générations de plein fouet. Nés dans une période marquée par le regret de l’empire napoléonien, mus par le désir qu’inspirait cette figure légendaire ayant été un temps maître de son destin, les jeunes romantiques qualifient leur malaise et leur rapport à la vie de « mal du siècle » en ce qu’ils se sentent perdus entre deux mondes, entre l’avant et l’après historiques, ne sachant pas comment trouver leur place dans cette société et trouvant refuge dans la solitude. Exprimant leur pensée par un lyrisme exacerbé, tentant de trouver des réponses, ils ont leur reflet en Octave dans La Confession d’un enfant du siècle, qui par son seul titre résume le thème de l’œuvre qui s’appuie sur un fait de société réel.

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