La Confession d'un enfant du siècle

par

La portée autobiographique de l’œuvre

Alfred de Musset écrit son œuvre à l’âge de trente-six ans, il a alors vécu davantage d’événements que son héros Octave. Cependant, plusieurs éléments figurent dans La Confession d’un enfant du siècle qui rappellent indéniablement l’auteur et sa vie.

Premièrement, nous pouvons relever que l’œuvre se présente sous forme de journal, narrant ainsi à la première personne les états d’âme du héros. Mais l’affirmation de l’œuvre en tant que « confession » peut être interprétée de manière différente, d’autant plus que l’intitulé n’est pas la « Confession d’Octave » mais celle « d’un enfant du siècle ». Or, Musset est tout autant un enfant du dix-neuvième siècle que son héros fictif ; ainsi, il sème le doute dans l’esprit du lecteur dès le premier aperçu du titre de l’œuvre, et plus le lecteur avance dans l’œuvre, plus la limite entre personnage et auteur lui semble floue.

Il est clair que Musset brosse dans son œuvre sa liaison personnelle, terminée sur un échec, avec l’écrivain George Sand, de son vrai nom Aurore Dupin. L’auteur donne la part belle à la représentation fictive de cette femme dans l’œuvre, lui octroyant le rôle de Brigitte, la pure et droite salvatrice de l’âme d’Octave, subissant ses états d’âme, ses sauts d’humeur et se chargeant de toutes les peines qu’il ressent. Il sera lui-même, et de façon logique, assimilé à Octave, ce qu’il expliquera par la suite clairement en affirmant que dans l’œuvre, il se présente « tout nu derrière un manteau troué en mille endroits ». La confession prend alors tout son sens en ce qu’elle révèle les torts de l’auteur et tente une justification de ses comportements.

De plus, le style de l’auteur se fait d’une précision presque scientifique, telle une étude psychologique, si minutieuse lorsqu’il décrit la façon dont la jalousie et le soupçon d’Octave croissent envers Brigitte qu’on reconnaît là la marque de quelqu’un qui a ressenti ces exacts sentiments et les retranscrit en les attribuant à un personnage fictif.

L’enchaînement des étapes, l’engrenage de la suspicion se font tels qu’ils semblent avoir pour but de présenter une relation de cause à effet justifiant ainsi logiquement le comportement d’Octave – et donc de Musset – en n’éludant pas ses torts cependant. Ainsi, le narrateur explique comment la jalousie prend le pas sur l’amour : « comme tous ceux qui doutent, je mettais déjà de côté les sentiments et les pensées pour disputer avec les faits et disséquer ce que j’aimais ».

Par cette ressemblance entre le parcours amoureux de Musset avec Sand et celui d’Octave avec Brigitte, et de par la signification de l’étude minutieuse du développement de sentiments haineux et jaloux envers la femme, par la description de sa propre perdition et de la propre corruption de sa pensée, le récit de l’auteur se fait autobiographique et dépeint les causes de l’effondrement de la relation des deux écrivains.

« Une espèce d’inertie stagnante, colorée d’une joie amère, est ordinaire aux débauchés. C’est une suite d’une vie de caprice, où rien n’est réglé sur les besoins du corps, mais sur les fantaisies de l’esprit, et où l’un doit toujours être prêt à obéir à l’autre. La jeunesse et la volonté peuvent résister aux excès ; mais la nature se venge en silence, et le jour où elle décide qu’elle va réparer sa force, la volonté meurt pour l’attendre et en abuser de nouveau ».

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