La Grammaire est une chanson douce

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Résumé

L’histoire est celle de Jeanne, une petite fille de dix ans, et de son frère Thomas, un garçon de quatorze ans. Leurs parents sont divorcés et habitent de part et d’autre de l’Atlantique, ce qui les oblige à prendre le bateau régulièrement. Cette situation et la relation que leurs parents entretiennent leur pèsent d’ailleurs beaucoup.

L’histoire commence justement lors de l’un de ces voyages. Le bateau dans lequel ils font la traversée fait naufrage au beau milieu d’une tempête. Les deux enfants sont les seuls survivants de cette catastrophe et ils échouent sur une île mystérieuse et magnifique. C’est en essayant de se parler sur la plage qu’ils se rendent compte qu’ils sont devenus muets. Les mots ne viennent plus à leurs lèvres, ils restent dans leur tête à s’entrechoquer sans plus savoir s’organiser.

C’est Monsieur Henri – un personnage inspiré d’Henri Salvador – qui va les recueillir et leur expliquer le fonctionnement de l’endroit où ils se trouvent. Il est accompagné de son neveu que Jeanne surnomme secrètement « le Sublime ». Au fil de l’histoire, on comprend que Monsieur Henri est à la fois écrivain, poète et musicien. Il se change même en professeur pour aider les deux enfants à retrouver la parole, et les deux héros découvrent que les mots flottent au milieu des vagues, comme si eux aussi étaient morts dans la tempête.

Monsieur Henri les amène dans un village étrange, qui n’est pas habité par de réelles personnes mais par des mots. Ils se trouvent en réalité sur l’Île aux Mots, et cette ville n’est autre que la Ville des Mots. Ici, les mots naissent et vivent comme des êtres vivants. Ils se déguisent, se marient, font la fête, vont au marché… Ils ont une ville avec des rues, des maisons, des commerces, une mairie, des usines, un hôpital… Monsieur Henri leur sert de guide dans ce monde merveilleux.

Le principe de cette île est qu’elle est emplie de mots aux services des humains. Les mots se vendent sur le marché de la ville. Plusieurs enseignes attirent le regard de Jeanne : « Au Vocabulaire de l’Amour » par exemple, qui signale un « tarif réduit pour les ruptures ». Jeanne et Thomas se demandent pourquoi les hommes ont besoin de mots puisqu’ils en ont déjà tant. C’est alors que Monsieur Henri leur fait découvrir une ville déserte, une ville où, autrefois, vivaient des hommes. Mais aujourd’hui, leur vie s’est éteinte. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils ont cessé de parler.

Ils continuent ensuite leur visite en rencontrant « la Nommeuse », une vieille dame chargée de rendre la vie à des mots rares. On comprend que chaque personne présente dans la ville a une fonction et un rôle précis.

Les enfants apprennent ensuite que les mots sont répartis en tribus. Il existe la tribu des noms, la tribu des adjectifs, la tribu des verbes – soit une division par classe grammaticale. On apprend aussi que les mots peuvent se marier ; ils s’accordent alors entre eux : un nom avec un adjectif, un verbe avec un nom… La révision des accords est alors de mise.

En vérité, le but de Monsieur Henri est de redonner le goût de la grammaire à Jeanne et Thomas. Il en fait d’ailleurs le pari avec eux. Pour ce faire, il utilise la Ville des Mots. Elle est pleine de règles de grammaire, de conjugaison et d’orthographe, qui sont proposées de manière ludique aux enfants, puisqu’ils manipulent concrètement les mots.

Si Jeanne, grâce à Monsieur Henri, tombe peu à peu amoureuse des mots, de leur poésie mais aussi et surtout de leur force, Thomas, quant à lui, aime la musique. Le solfège et la guitare lui permettent progressivement de parler à nouveau. C’est d’ailleurs le neveu de Monsieur Henri qui parfait sa formation.

Mais il ne faut pas croire que les mots sont tous heureux et souriants dans ce monde. Ils ont tous leur caractère propre, plus ou moins bon. Mais certains d’entre eux sont aussi malades, c’est pourquoi Monsieur Henri amène Jeanne à l’hôpital de la ville, afin qu’elle y rende visite à « Je t’aime ». Ce passage a d’ailleurs été repris sur la quatrième de couverture du livre. C’est un épisode émouvant de l’histoire qui attire l’attention du lecteur sur l’utilisation abusive de certains mots, ce qui finit par les tuer. Ils perdent peu à peu toute valeur et meurent finalement.

Sur l’île, il y a même une usine, où les mots travaillent. Ils sont placés dans des phrases selon la logique linguistique française. Monsieur Henri demande à Jeanne, qui a perdu l’usage de la parole, de créer une phrase. Elle conjugue le verbe à l’aide de grandes horloges qui se trouvent également dans l’usine. Tout est calculé pour que les enfants s’amusent et réapprennent à parler en même temps ; c’est la condition pour qu’ils puissent rentrer chez eux.

Jeanne rend ensuite visite aux écrivains de l’île. Elle apprend qu’un bon écrivain est quelqu’un qui écrit une phrase à la recherche de la vérité qu’elle contient uniquement, sans se soucier d’une écriture parfaite et sans fautes. Elle est fascinée. Elle rencontre Antoine, qui se fait appeler « Saint-Ex » ;  Jean, qui est entouré d’animaux ; et Marcel – qui correspondent à Antoine de Saint-Exupéry, Jean de la Fontaine et Marcel Proust.

À la fin du livre, Jeanne et Thomas ont retrouvé la parole et sont prêts à rentrer chez eux des souvenirs plein la tête. Leurs deux parents arrivent par avions séparés. Ils sont venus les chercher. Jeanne pense que c’est l’occasion de demander à Monsieur Henri si les mots ont un pouvoir tel qu’ils sont aussi capables de faire renaître l’amour, entre ses parents par exemple. La réponse de son professeur est à la fois pleine de précaution et d’espoir : « pas toujours ».

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