La Nature

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Résumé

LaNature est un essai du philosophe mais aussiéconomiste (de la théorie économiste classique) et logicien anglais John StuartMill, l’une des plus grandes figures intellectuelles de son siècle.

LaNature est un essai de philosophie ditemorale. En effet John Stuart Mill étudie le fait que depuis toujours, lareligion, mais aussi des intellectuels de tous les domaines voient dans lanature une manière de séparer le bien du mal, ce qui est juste et injuste ou cequi permettrait de juger de quelqu’un ou de ses actes. Il remonte à la périodeantique où déjà les philosophes tentaient d’y trouver les critères objectifs etimmuables pour trancher les questions sur la justice, le bien et le mal, et lamanière de traiter les gens, selon leurs capacités, selon ce qu’ils donnent, etce qu’ils doivent recevoir. C’est depuis toujours une certaine éthique qui doitprévaloir  pour faire des lois bonnes, etrendre les institutions le meilleur possible par rapport aux sociétés qu’ellesgèrent, ce qui prend une dimension sociale et politique. Cette théorie, cettecroyance est-elle valable ? C’est ce que Mill va chercher à découvrir.

La nature ne revêt pas qu’uneimportance en ce qui concerne l’environnement et l’organisation que l’on peuten voir, mais a toujours influencé, et influence toujours les normes, les lois,ce que l’on décrète comme juste ou injuste dans la société des hommes. Ce sujetest donc fondamental pour séparer le bien et le mal. En effet, il est denotoriété publique que ce qui vient de la nature, sans avoir été vicié outravesti par l’être humain est meilleur que ce qui est de synthèse, transformépar l’homme. Il s’agirait donc d’une certaine virginité. Le naturel serait doncbon, et ainsi une notion à suivre, une règle morale à étreindre. Faut-il obéirà la nature, à l’ordre naturel, et si oui, dans quelle mesure ?

Mill va alors s’interroger sur ce qu’ilest légitime de considérer comme naturel, et le reste. Les penseurs et lareligion peuvent parfois s’opposer à des pratiques, en les jugeant contrenature, contraires à l’ordre normal, moral et naturel des choses ; ellesseraient ainsi condamnables, la nature représentant la volonté de Dieu ;s’y opposer serait ainsi un sacrilège ou au moins une hérésie. Cependant, il nefaut pas imaginer que l’on glorifie la nature, dans le sens où l’homme atoujours voulu par le progrès se défaire de ce que l’on appelle l’état denature depuis Hobbes et Rousseau, et donc de ce qui faisait l’homme au départ.La science, et le progrès, dans tous les domaines, servent constamment à ce quel’homme puisse échapper à sa condition animale pourtant naturelle. L’hommes’opposerait alors à la nature en créant, construisant et progressant, pour sonconfort, développer le transport, le commerce, etc. Il y a donc une lutteconstante contre la nature, ce que l’on ne dénonce pas : il y a là unparadoxe dans la relation de l’homme avec la nature, tantôt sa« mère », tantôt un adversaire, un obstacle à surmonter. Mill enconclut alors que : « La conformité à la nature n’a absolument rien àvoir avec le bien et le mal ».

Mill critique frontalement le premierchapitre de l’essai De l’Esprit deslois de Montesquieu. Montesquieu y voit la nature comme l’ordre leplus juste et efficace, celui à suivre. Mill critique cette idée qui est encore« considérée, même de nos jours, comme de la philosophie profonde par la plupartdes penseurs français ».

Par sa philosophie naturelle, Mill apour objectif d’orienter les conduites des hommes, ses règles de conduitedevant être les plus justes possibles. Mais ce sens juste et moral n’est pas àrechercher dans la nature, bien que cela semble ancré dans l’esprit et dans lapensée, comme une vérité absolue, naturelle pour ainsi dire ; la naturepeut apparaître comme une organisation régulière et parfaite, bien que moinsordonnée que la volonté et l’action de l’homme.

 

Mill va devoir prouver ce qu’il avance: il va pour ce faire raisonner à l’envers, c’est-à-dire partir de la mêmehypothèse de base mais en sens inverse et essayer de voir ce que l’on peut endéduire, qui soit vrai, faux, bon ou mauvais. Il va ainsi pouvoir découvrir cequi est juste, en s’opposant aux thèses majoritaires. 

Il affirme dans un premier temps ce àquoi il s’oppose, à savoir que la nature est bonne, parfaite, pure, et que l’hommedoit la suivre absolument ; le cours naturel des choses, parfait, doitdonc être suivi par l’homme. En réfléchissant dans ce sens, Mill en arrive àune conclusion simple : l’art, peu importe qu’on parle de peinture, musique, écriture– tout cela n’est pas naturel, représente la nature – mais pas exactement – etne suit pas un cours naturel. En s’opposant à la règle parfaite absolue, cesarts, tous, ne valent donc rien. C’est absurde et Mill le souligne.

Ensuite, Mill va démontrer et expliquerque ce qu’il vient de déduire est erroné, que les arts ont bien sûr une valeurinestimable, et viennent des esprits humains les plus brillants. En raisonnant ainsipar l’absurde, il démontre que son hypothèse de base sur laquelle il part pourraisonner est donc fausse. Tout le monde s’accorde sur le fait que les artssont importants et démontrent la richesse des hommes ; c’est d’ailleurs undes éléments qui séparent l’homme du reste du vivant – le génie créatif, « pourrien », « l’art pour l’art » comme aurait dit Oscar Wilde.

La conclusion à laquelle arrive Mill,c’est que cette thèse de départ est fausse, et donc que le cours naturel deschoses n’est pas parfait comme on l’entend, il ne satisfait pas la logique, etdonc il ne peut pas être suivi comme une règle absolue par les hommes. Il s’opposedonc au fait de suivre la nature tel un système complet et abouti, et pluslargement il prône l’empirisme, c’est-à-dire la pratique d’acquérir del’expérience, des connaissances, son savoir par des essais, divers, afin defaire de ces expériences une source de science. 

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