La part de l'autre

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Résumé

Dans La Part de l’autre, Éric-Emmanuel Schmitt écrit d’une part l’histoire d’Adolf Hitler à partir de sa non-admission aux Beaux-Arts ; et d’autre part il imagine la vie qu’il aurait eue en cas d’admission. On distinguera donc deux personnages : l’Hitler historique sera désigné par son nom, et le personnage fictif par son prénom.

Le 8 octobre 1908, Hitler est recalé au concours d’entrée des Beaux-Arts de Vienne. Il refuse d’y croire : il est un peintre né, tous ses espoirs reposent sur son talent. Il touche à la maçonnerie, a un temps une vie de vagabond, puis vit aux frais d’une femme qui le voyait comme un génie avant de s’apercevoir qu’il occupe ses journées à la gare à recopier des cartes postales. Il décide ensuite de se pencher sur la politique. Il passe quatre ans dans un hospice de pauvres, jusqu’en 1918, quand l’Allemagne entre en guerre avec la France.

Dix ans plus tôt, un 8 octobre, Adolf est reçu à l’École des Beaux-Arts. Il est heureux, découvre la vie d’étudiant et se fait de nouveaux amis : « Voilà ! Désormais, tout concordait ! Il était réintégré à l’univers, on l’avait reconnu tel qu’il se rêvait ! La vie se révélait juste et belle. » Il voit le docteur Freud pour ses problèmes avec les femmes et une fois guéri, il fréquente Stella qui lui enseigne les plaisirs sexuels. Cette période est un véritable apprentissage pour Adolf, autant sur le plan humain et intellectuel que sur le plan artistique. Mais elle prend soudain fin lorsque la guerre entre la France et l’Allemagne est déclarée.

C’est une véritable chance pour Hitler qui veut prouver son amour pour son pays : il parvient à se faire engager dans l’armée et part pour le front. C’est un soldat zélé et dévoué qui ne vit que pour servir l’Allemagne, il montre « de la vaillance, de l’obéissance, du courage » ; c’est donc avec une immense déception qu’il est contraint de quitter le combat lorsqu’il perd la vue à cause de gaz toxiques. À l’hôpital, il entend quelques idées communistes qu’il ne partage que partiellement. Hitler nie la capitulation de l’Allemagne et son état physique ne s’améliore pas. Le docteur Forster fait coïncider cette obstination et la vue de son patient ; il décide donc de tenter l’hypnose. Le médecin le convainc de continuer à se battre pour son pays, qu’il a une mission à accomplir. Hitler est guéri mais un lien logique s’est désormais dessiné dans son esprit entre la défaite de l’Allemagne et les Juifs.

Adolf et ses deux camarades des Beaux-Arts puis au front, Neumann et Bernstein, sont désespérés, dégoûtés par cette guerre qui leur a volé leur vie. De plus, Adolf est grièvement blessé et va mourir, mais grâce à sœur Lucie dont il tombe amoureux, il est « miraculé ». Lorsqu’il retourne au combat, l’amitié entre les trois hommes s’est renforcée ; malheureusement, Bernstein est tué le jour du cessez-le-feu. Le retour à la réalité est très difficile : « Il est creux. Il est vide. Il est douloureux. » Adolf réussi cependant à s’exprimer à travers une peinture nouvelle, fruit de son inconscient ; mais Neumann tente de se pendre. Ils décident donc de laisser le passé et les souvenirs derrière eux, et partent pour Paris.

Le seul moyen pour Hitler de rester dans l’armée est de devenir « agent de propagande », à son grand embarras. Pourtant, il se découvre un don d’éloquence lorsque ses propos sont haineux ; et ses talents lui valent, le 29 juillet 1921, de devenir l’unique chef du national-socialisme, adoré par beaucoup.

En France, Adolf rencontre Onze-heures-trente, une jeune femme pleine de vie, et connaît un véritable bonheur, bien qu’il ne parvienne pas à vivre entièrement de ses tableaux. Malgré un doute persistant concernant son talent de peintre, il est présenté à André Breton et intègre le nouveau mouvement artistique du surréalisme. Il devient célèbre, mais il est aussi contraint de travailler sans relâche, de peur de ne pas être à la hauteur de sa renommée. Pendant ce temps, Neumann s’éloigne peu à peu de la peinture pour se consacrer à la politique, et plus particulièrement au communisme.

Le 8 octobre 1923, Hitler est à la tête du putsch qui se tient à la brasserie Bürgerbräu à Munich, et qui a pour but d’instaurer un nouveau gouvernement provisoire. Face au refus de s’allier de certains hommes politiques, Hitler maintient le défilé prévu le lendemain, afin de gagner à sa cause l’opinion publique. Mais la police bloque le passage, on tire de tous les côtés, Hitler fuit puis décide finalement de se rendre. Il séjourne un an en prison ; là, il dicte Mon Combat, ouvrage dans lequel il crée sa propre légende ainsi que son programme politique. Bien qu’au dehors, il semble que plus personne ne parle du chef national-socialiste, il apparaît derrière les barreaux qu’il est une véritable célébrité : « On ne savait plus où entreposer les cadeaux, les lettres d’admirateurs qui affluaient par sacs. » Il a pour objectif d’arriver au pouvoir dès sa libération – légalement cette fois.

Lassée de passer après la peinture de son compagnon, Onze-heures-trente annonce qu’elle a un amant. Vexé et jaloux, Adolf à son tour entretient une relation avec une Juive allemande, Sarah, qui lui donne d’inquiétantes nouvelles du pays. Ne supportant plus cette situation, Onze-heures-trente parvient à réunir son couple, mais lorsqu’elle consulte avec Adolf un médecin concernant sa grossesse éventuelle, on lui apprend qu’elle est atteinte de la tuberculose et que ses jours sont comptés. Sur son lit de mort, elle fait promettre à Adolf de continuer sa vie avec Sarah. Il accepte mais il est profondément affecté pas son décès.

Une fois libre, Hitler mène la grande vie ; son parti connaît un franc succès, et il fréquente une jeune fille de seize ans, éperdument amoureuse de lui. Après s’être fait promettre maintes fois le mariage mais sans que cela n’aboutisse, Mimi tente de se pendre. Hitler décide de se consacrer entièrement à la politique et part vivre avec sa nièce Geli à Munich. Les autres hommes politiques ne prêtent pas attention à Hitler qui s’en réjouit, car cette situation pourrait tourner à son avantage. Geli se sent prisonnière de son oncle, elle aimerait prendre de la distance ; cependant, elle apprend qu’Hitler désire l’épouser. Par désespoir, elle se suicide ; Hitler tombe en dépression.

Adolf, Sarah et leurs deux jumeaux vivent à Berlin ; elle tient une boutique de parfum et il est professeur d’art. Il n’avait plus de succès en France et a dû se rendre à l’évidence et accepter la réalité : il n’est pas un peintre. Ceci ajouté au deuil qu’il n’arrive pas à faire le rend mélancolique. Un de ses élèves, Heinrich, le considère comme un véritable génie et le pousse à reprendre la peinture. D’ici que ses élèves partent en Pologne faire la guerre, leur professeur a eu le temps de s’attacher à Heinrich qui ressemble à Bernstein par son talent.

Après avoir fait patienter le Parti, Hitler revient plus fort et parvient à se faire élire chancelier. Se rendant compte de ce qui se trame, le docteur Forster qui l’avait soigné durant la Première Guerre mondiale tente de rendre public le dossier médical d’Hitler mais il est poursuivi par les services secrets avant de se tirer une balle dans la tête. Le chancelier allemand a respecté une partie de son programme politique mais désire agrandir l’Allemagne. Pour cela, il annexe l’Autriche, après s’être libéré des généraux Fritsch et Blomberg qui craignent « une riposte de la Grande-Bretagne qui entraînerait l’Allemagne dans une guerre ». La guerre est rapidement gagnée et Hitler est même reçu à Vienne tel un héros. Certaines populations ou communautés ne cessent d’être persécutées – communistes, socialistes, Juifs. Le 30 octobre 1938, La France, la Grande-Bretagne, l’Italie et l’Allemagne se partagent la Tchécoslovaquie en signant les accords de Munich ; mais cela a pour effet de mécontenter Hitler qui rêve de posséder le pays dans sa totalité. S’ensuivent le pacte de non-agression germano-soviétique et l’invasion de la Pologne qui ouvre sur une guerre opposant l’Allemagne à la France et la Grande-Bretagne.

La guerre est une prise de conscience pour Adolf, il se rend compte du temps qui passe – « il fallait vivre, vivre vite, férocement, pour ne rien perdre » – et se remet à peindre. Au bout de trois mois de lutte, Heinrich est de retour et les deux hommes passent beaucoup de temps ensemble, chacun voyant un prodige en l’autre. Quand Sarah découvre qu’il quitte régulièrement Berlin, Adolf se voit contraint d’avouer ses excursions chez sœur Lucie. Celle-ci est tout de suite acceptée par la famille qui se réjouit de ses visites hebdomadaires. Mais à la surprise d’Adolf, elle voit Heinrich comme le diable.

En dépit du pacte, la guerre éclate entre l’Union soviétique et l’Allemagne, aux dépens de cette dernière. Le chancelier n’est plus le jeune orateur sûr de lui, il va aussi mal que son pays qui connaît une défaite progressive. Pourtant il refuse de se l’avouer et décide de se concentrer sur l’intérieur du territoire en accélérant l’extermination des Juifs par la mise en place du Zyklon B. Cependant, la population et même l’entourage d’Hitler changent d’avis sur le chef nazi : on doute de lui, des groupes de résistants prennent place à l’intérieur du Reich ; et après un discours désastreux, Hitler est alité.

Adolf se rend à Paris accompagné de sa fille Sophie et d’Heinrich. La ville est fière d’accueillir l’artiste allemand dont les œuvres, désormais coûteuses, sont exposées. Étrangement, l’avis général a changé alors que sa technique de peinture est restée la même. Adolf présente en outre son élève Heinrich à tout le monde.

L’énième attentat loupé redonne confiance à Hitler : « il prouve que la Providence veille [sur lui] et qu’elle [le] protègera tant [qu’il n’aura] pas achevé [sa] mission. » D’autre part, de nouvelles inventions de guerre doivent bientôt sortir des usines ; de quoi rendre le Führer plus déterminé que jamais.

Quand il découvre sa fille et Heinrich dans le même lit, Adolf confie sa tristesse et sa déception dans les lettres qu’il échange avec sœur Lucie. Le jeune homme a profité de la jeune fille âgée de seulement treize ans, puis a fui sans aucun remords pour loger chez les différentes personnalités qui lui avaient été présentées. Il porte également diverses accusations contre Adolf. Face à sa détresse, sœur Lucie lui explique sa théorie : il existe des « salauds égoïstes » mais aussi des « salauds altruistes » qui eux, sont bien pires car ils veulent imposer leurs idées. Heinrich appartenant à la première catégorie, Sophie se remettra de cette trahison avec le temps. Lorsque le père de Sarah décède suite à une blessure lors d’un voyage en Palestine, c’est aussi l’espoir sioniste qui meurt.

Berlin est en ruine, les soviétiques sont proches mais Hitler refuse de capituler. À présent, il se trouve réfugié dans un bunker situé dans la capitale et tente tant bien que mal de garder la face. Les médicaments qui lui sont indispensables le rendent paranoïaque. Finalement, avec l’armée à quelques mètres du refuge et la conférence de Yalta qui anticipe la défaite allemande, il s’avoue vaincu. Il accuse son entourage d’être le seul responsable de sa défaite car « Tout le monde ment. Tout le monde trahit. » Il choisit de se donner la mort, et suite à une grande insistance d’Eva Braun, Hitler l’épouse. Le 20 avril 1945, Hitler se tire une balle dans la tête, alors qu’Eva avale une capsule d’acide prussique.

Les jumeaux sont mariés, et Neumann est de retour de Russie car le communisme s’est effondré. On parle d’une éventuelle « bombe atomique capable de détruire la vie sur des dizaines de kilomètres ». Vieux et fatigué, tout comme sa peinture, Adolf part terminer sa vie chez Sophie et sa famille aux États-Unis. Il meurt le 20 juin 1970 d’une contraction cardiaque.

Le monde entier découvre l’horreur des camps, un État juif est créé. Lors de la Seconde Guerre mondiale nombreux sont ceux qui ont fui l’Allemagne ; ils sont récompensés pour leur travail aux États-Unis.

Quelques années plus tard, une aquarelle signée Adolf Hitler est vendue pour une importante somme d’argent lors d’une vente aux enchères.

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