La possibilité d'une île

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Le clonage: vers une vie éternelle?

A travers ce livre, un élément important de la science est abordée : le clonage. Cette production d'êtres identiques en tout point, via l'ADN, pose de nombreux problèmes éthiques : quel apport pour l'humanité ? Dépasse-t-on les règles de la déontologie ? Ici, la secte des Elohimes parvient à recréer des êtres vivants, avec une durée de vie limitée : leur corps se dégrade peu à peu, leur voix aussi, jusqu'à ce que le corps meurt et qu'un système les remplace par une copie conforme d'eux, avec les mêmes pensées. Cette nouvelle espèce d'humain peut alors vivre des milliers d'années. A travers son héros, l'auteur nous montre les différents aspects qu'une telle révolution pourrait apporter à l'humanité.

Deux clans opposés : L'idée de la vie éternelle ne convient pas à tout le monde. Par ailleurs, il faut avoir les moyens de l'obtenir. Ici, il existe deux camps : les néo-humains et les Hommes, des sortes de sauvages. Les premiers ont accès à cette vie illimité et éprouvent en général un certain dégoût pour ceux qu'ils considèrent comme une non-évolution de l'espèce. Leurs sentiments sont limités, ils vivent dans un monde où on leur conseille de ne pas s'attacher aux autres : c'est l'individualisme dans la collectivité. Quant aux seconds, ils cohabitent en marge, vivent, se reproduisent et meurent comme les humains contemporains, continuant donc à mener une vie « normale » dans un monde qu'ils ne comprennent plus (« Ils avaient allumés le feu à même le sol […] alors que les cuisines de l’hôtel renfermaient des cuisinières vitrocéramiques – dont ils avaient été incapables de comprendre le fonctionnement. »). Ce sont deux mondes bien distincts qui cohabitent, et pourtant, ils sont censés appartenir à une seule et même espèce.

Un certain isolement : L'inconvénient de vivre longtemps, c'est qu'on finit par s'ennuyer. Les gens que l'on côtoie n'évoluent plus, le monde qui nous entoure devient lassant puisqu'il n'y a plus rien à découvrir, et vivre n'est même plus un combat puisque le temps que nous voulons nous est accordé. Certains néo-humains vont finir par rejeter le culte des Elohims pour se détacher de cette vie et apprendre à vivre de façon plus excitante : vivre s'il l'on sait que l'on ne meurt pas empêche de connaître la montée d'adrénaline, la peur de l'idée que l'on risque sa vie à chaque instant. C'est ainsi que le héros va progressivement s'interroger sur la vie qu'il mène et, se laisser convaincre qu'il lui faut lui aussi quitter la secte et découvrir le monde extérieur. C'est seul avec son chien pour seule compagnie qu'il va comprendre et apprécier l'ancien monde, celui où les plantes peuvent démanger, les insectes se nourrir du sang de leur hôte, … Autant de désagréments dont il avait fini par ignorer l'existence.

Mais l'existence de la vie éternelle, malgré toutes les choses qu'elle semblait promettre, n'apporte finalement qu'une profonde solitude, une absence parfaite de cohésion entre les hommes, qui par peur se blesser, se détachent du monde et d'eux-mêmes.

La destruction du monde : Par une volonté trop forte de perfection absolue, les néo-humains ressemblent de moins en moins à des humains : on les transforme pour qu'ils soient plus rentables au pays. On prévoit ainsi d'en faire des êtres fonctionnant à l'énergie solaire, ne vivant que d'eau et de sels minéraux, ce qui permettrait d'occulter les systèmes d'éliminations. Le vagin et l'anus n'étant plus qu'une seule et même fente destinée aux plaisirs sexuels (« Tous les organes excréteurs, plus généralement, avaient disparu, et les êtres ainsi imaginés, s'ils pouvaient faire l'amour, étaient à l'évidence incapables de se nourrir. »). Outre l'aspect physique qui est épuré à son maximum, les sentiments sont également occultés : le but étant de parvenir à ne plus ressentir des sentiments tels que la jalousie, le désir, l'appétit, … Il faut parvenir à « la liberté d'indifférence, condition de possibilité de la sérénité parfaite. ». A vouloir ne ressentir que du plaisir, ils vont finir par anesthésier complètement leurs sens. Même si la fin de l'histoire ne le dit pas, on suppose que cette grande quête vers l'éternité restera stérile.

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