La rivière à l'envers-Tomek

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Résumé

L’histoire se déroule au temps jadis où n’existent ni voitures ni télévision. Tomek, orphelin de treize ans, possède l’unique épicerie d’un petit village. On y trouve de tout et tout le monde vient s’y servir. Tomek s’ennuie et rêve d’aventures. Un jour, une jeune fille de son âge franchit le seuil de l’épicerie : elle achète un simple sucre d’orge et pose une question à Tomek : trouve-t-on de l’eau de la rivière Qjar dans son épicerie ? C’est une rivière qui s’écoule à l’envers et celui qui boira de son eau ne mourra jamais. Tomek n’en a jamais entendu parler, et la jeune fille repart, déçue. Pour sa part, le garçon est tombé irrémédiablement amoureux de l’inconnue.

Intrigué par la question de celle-ci, Tomek va consulter son ami le vieil Icham, l’écrivain public. Ce dernier lui révèle que la rivière magique prend sa source dans l’océan, gravit les pentes de la montagne sacrée et se perd sur ses flancs. Tomek décide de fermer boutique et de se mettre à la poursuite de la jeune fille en quête de la rivière dont il offrira l’eau à sa bien-aimée. Il prend la route et passe sa première nuit à l’abri d’un arbre, à la lisière d’une immense et sombre forêt. Au matin, il n’est plus seul : une femme rondelette et joyeuse, Marie, a établi là son petit campement. Autour d’un savoureux petit-déjeuner, elle apprend à Tomek que la Forêt de l’Oubli est magique : quiconque y pénètre disparaît de la mémoire des hommes jusqu’à ce qu’il en ressorte… s’il en ressort, car la forêt est habitée par des ours géants, féroces et voraces. Tomek et Marie s’installent dans la charrette tirée par l’âne Cadichon et pénètrent sous la ramure. Le chemin est long, dangereux, et ils échappent de peu à une ourse et son ourson.

Parvenu de l’autre côté, le trio se retrouve dans une plaine couverte de fleurs chatoyantes et parfumées. Tomek prend congé de Marie, prévenu par elle du danger que présente le parfum des fleurs : il provoque d’incroyables hallucinations et induit un sommeil qui ressemble à la mort. Les narines soigneusement bouchées, Tomek marche parmi les fleurs, quand d’étranges animaux au comportement humain se mettent à le suivre en lui chantant des chansons… Le parfum des fleurs a fait son chemin jusqu’au cerveau de Tomek qui tombe endormi parmi les fleurs et ses visions. Il est enfoncé bien loin dans le sommeil quand une voix lui parvient : c’est un enfant qui annone en lisant l’histoire d’un crocodile. Tomek ouvre les yeux : il est couché dans un lit, et l’enfant dont il a entendu la voix est là : effrayé par le réveil soudain de Tomek, il court chercher un adulte. Où est Tomek ? Au pays des parfumeurs, dont le peuple caractérisé par sa petite taille, sa rondeur et sa bienveillance recueille les voyageurs tombés dans le piège des fleurs parfumées. On les couche dans un lit et on leur fait la lecture, jusqu’à ce que soient prononcés les « mots qui réveillent », et il faut trouver les bons mots pour chaque voyageur endormi. Pour Tomek, les « mots qui réveillent » sont sous le ventre du crocodile.

Tomek est reçu comme un hôte de marque et son réveil est fêté par la communauté. Eztergom, le chef du village, lui apprend qu’une jeune fille nommé Hannah – la fameuse visiteuse de l’épicerie – a elle aussi été recueillie par les villageois. Une fois réveillée par les mots Il était une fois, elle a fait la lecture à Tomek, sans parvenir à l’éveiller. Elle a repris la route en quête de la rivière Qjar, non sans avoir laissé une lettre à l’adolescent. Elle y raconte son histoire : son père très aimant a tout sacrifié pour offrir à sa fille un oiseau rare et cher, une passerine. Puis il s’est tué au travail et Hannah, recueillie par un parent, a vécu tranquillement en compagnie de sa passerine jusqu’au jour où celle-ci a commencé à dépérir. L’oiseau étant tout ce qui lui restait de son père, l’enfant s’est mise en quête de la rivière Qjar dont l’eau confèrera à la passerine la vie éternelle. Tomek voudrait reprendre la route mais l’hiver est là, qui empêche tout voyage. Il s’installe donc parmi les gentils parfumeurs jusqu’au printemps. Là, le capitaine Bastibalgom va prendre la mer sur un navire chargé de parfums qu’il vendra au-delà de l’océan, non loin de la montagne sacrée. Tomek va se joindre à lui, mais la traversée est dangereuse : nombreux sont les bateaux qui ne sont pas revenus, attirés par un étrange arc-en-ciel couronnant les vagues. Foin du danger : on hisse les voiles et on met le cap vers l’aventure.

Mais un matin l’arc-en-ciel est là, qui attire le navire sous sa voûte irisée. Une fois passée cette porte céleste, l’équipage voit surgir une île à l’horizon : c’est l’Île Inexistante, qui ne figure sur aucune carte. Les seuls enfants qui y naissent sont des filles, aussi les femmes de l’île attirent les bateaux qui passent afin de faire des équipages leurs nouveaux maris. Les parfumeurs du bateau retrouvent cousins, oncles et frères autrefois disparus et aujourd’hui confortablement installés dans cette île paradisiaque. Cependant, il est impossible de quitter l’île : l’arc-en-ciel se transforme alors en un arc noir et l’audacieux qui tente de fuir est englouti par les flots. Il en faut plus pour décourager Tomek : il emprunte une barque et met cap au large. Bientôt l’arc-en-ciel apparaît, qui vire au noir… Un grincement se fait entendre : une affreuse sorcière se balance, accrochée à l’arc noir. Elle propose un marché à Tomek : elle va lui soumettre une énigme : s’il la résout, il pourra passer, sinon, il sera noyé, comme ses prédécesseurs. Nous sommes sœurs, aussi fragiles que les ailes du papillon, mais nous pouvons faire disparaître le monde. Qui sommes-nous ? Surmontant sa panique, Tomek réfléchit et s’écrie : « Les paupières ! » ; alors le ciel s’éclaircit, la sorcière se transforme en fillette qui s’envole, et Tomek va informer Bastibalgom et les îliens que la malédiction est levée. Le navire reprend la route du port, et Tomek débarque enfin sur la terre de la montagne sacrée.

L’adolescent reprend sa quête et trouve bientôt le fleuve qui ne se jette pas dans l’océan mais qui en remonte : Qjar ! Il en suit le cours jusqu’à une cascade ; là il voit un radeau poindre à l’horizon, puis une silhouette… c’est Hannah ! Elle est accompagnée de Podcol, gentil panda qui s’est pris d’affection pour elle. Le trio suit le lit de la rivière qui va en s’amincissant. Chemin faisant, les jeunes gens font connaissance et un tendre sentiment se tisse entre eux. Après plusieurs jours d’une marche pénible, ils parviennent au sommet de la montagne sacrée. Là, au milieu d’un paysage superbe et écrasant, ils contemplent le bassin où Qjar finit sa course, plein d’une eau d’une incomparable pureté. Mais il leur est impossible d’en conserver plus d’une goutte : chacun ne peut prendre que la dose d’immortalité qu’il lui faut, et une goutte suffira à la passerine d’Hannah. La chemin du retour est long : il faut revenir au port, naviguer jusqu’à l’île, puis la cité des parfumeurs. Il faut ensuite traverser la plaine des fleurs enivrantes, puis la Forêt de l’Oubli… Quand les jeunes gens parviennent au village de Tomek, un an s’est écoulé depuis le début de l’aventure. Le garçon retrouve Icham, tandis que la jeune fille va chercher son oiseau : elle a confié l’unique goutte d’eau magique à Tomek. Une fois revenue, elle verse la goutte dans le gosier de la passerine, qui lance alors son chant d’éternité. Elle ne mourra pas, et les deux jeunes gens se trouvent unis pour toujours.

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