La robe de Noël

par

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Satomi Ichikawa

Satomi Ichikawa est une
auteure et illustratrice japonaise de livres
pour la jeunesse
née en 1959 à
Gifu au Japon, dans la région de Chūbu dans le centre du pays. En 1971 elle quitte son pays natal et
emménage à Paris d’où elle ne
partira plus et où elle dira qu’elle est véritablement née. Ne parlant pas
français, elle prend des cours et devient jeune fille au pair. Devant la
vitrine d’une librairie, elle a une révélation en découvrant un livre illustré
du peintre et illustrateur français Louis-Maurice
Boutet de Monvel
(1850-1913), qu’elle trouve « fin, délicat, vivant,
plein d’humour, spirituel ». Elle se
met alors à apprendre sur le tard en autodidacte le dessin
, soudain
persuadée de sa vocation.

C’est en Angleterre, après avoir
tout simplement cherché l’adresse de maisons d’édition dans des livres, qu’elle
se rend à la plus proche croquis en main. Son premier livre sera traduit dans
cinq langues mais elle n’est pas satisfaite de son niveau et s’entraîne
beaucoup lors de visites au zoo, en crèche ou lors de cours de danse. Elle dit
aimer particulièrement dessiner au jardin du Luxembourg où se réunissent des
familles qu’elle peut observer.

Ses œuvres sont marquées
par le thème de la reconnaissance,
dans une double acception : la découverte
– de nouveaux lieux comme de nouveaux amis –, et la gratitude, pour Paris notamment, où l’auteure dit s’être révélée à
elle-même. Satomi Ichikawa est une grande passionnée de voyages et saisit tout ce qui l’intéresse sur le vif, dans son
carnet de croquis. Elle aime particulièrement l’Afrique et le Pérou. Elle
parle longtemps avec les autochtones, étudie leur façon de penser et leurs mœurs malgré la barrière de la langue.
L’histoire qu’elle extraira de son voyage vient après ; elle la conçoit
comme une façon de partager son voyage avec
les autres.

L’auteure dit elle-même
être restée très enfant ; elle a une passion pour la danse, mais aussi pour les poupées
et les ours en peluche qu’elle
collectionne et qui inspirent son œuvre. Satomi Ichikawa écrit directement en
français et ses œuvres sont traduites dans plusieurs langues. Ses
personnages lui sont très souvent inspirés par des personnages excentriques
qu’elle rencontre et qu’elle aime à revoir et observer. Cela fonctionne de la
même façon pour les lieux. Par exemple, pour dessiner la demeure dans Les
Amis du vieux château
, œuvre publiée à l’école des loisirs comme
beaucoup des œuvres d’Ichikawa, l’auteure s’est inspirée d’un véritable château
situé en Touraine possédé par des amis américains. L’héroïne de l’histoire est Nora, un personnage récurrent dans
l’œuvre de l’illustratrice. Ici, la petite fille se montre courageuse car elle
fait fi des légendes qui disent que le château de la Grillère est hanté et s’y
rend accompagnée de ses amis : une poupée, un ours en peluche et un chien.

La même année dans La
Vraie Place des étoiles
, la grande maison provençale, au milieu des
palmiers et des cyprès, a été inspirée de la maison d’autres amis américains de
l’auteure située à Menton. Elle appartient dans l’histoire à la
« Grand-maman » de Nora, qui dans sa chambre s’amuse avec sa malle de
jouées, où poupées et pantins ne ressemblent pas à des jouets ordinaires.
Satomi Ichikawa a révélé que Nora recelait beaucoup d’elle-même et de son caractère resté enfant ; quand
elle parle de son rapport aux autres, elle dit arriver « sur les autres
comme un papillon sur les
fleurs ». De même quand elle met en scène une petite danseuse nommée
Tanya, c’est encore elle. Ainsi en 1992 paraît Tanya, la ballerine, où
Tanya se révèle être une nouvelle petite fille pleine d’imagination qui danse
dans la nature avec son ours en tutu sur une musique qui est dans sa tête.

En 1998 Satomi Ichikawa
traduit son amour pour le continent africain – et les ours en peluche – dans Y
a-t-il des ours en Afrique ?
, à travers l’histoire de Meto dont le
petit village dans la savane voit arriver des touristes en jeep. Une petite
fille parmi eux tient dans ses bras une peluche figurant un animal que le
garçonnet n’a jamais vu : un ours. Les touristes échangent avec les
autochtones, prennent des photos puis s’en vont, occasion pour l’auteure
d’illustrer certaines différences
culturelles
et d’apprendre à son lecteur quelques mots de swahili. Mais la fillette a oublié son jouet !
Meto va donc partir en quête de sa propriétaire à travers la savane, dont il
interroge les divers habitants – éléphants, tigres ou girafes – pour retrouver
sa trace, ayant toujours le plus grand mal à déterminer la nature de l’animal
qu’il a entre les mains.

La Robe de Noël, livre paru en 1999, est un des livres les plus
connus de l’auteure. On y retrouve plusieurs sapins qui imaginent l’apparence qu’ils vont revêtir pour les
fêtes. Mais deux d’entre eux vont être laissés seuls alors qu’on emporte les
autres, l’un « trop jeune » et l’autre « trop vieux ». Une
réflexion sur la différence et le dialogue entre les générations peut
alors commencer dans l’esprit du jeune lecteur.

Retour en Afrique en 2001 avec
Baobonbon,
qui met en scène Paa, un garçonnet africain qui a déjà un travail : il
doit se rendre au marché, à des kilomètres de chez lui, pour y vendre des
bananes et acheter divers produits dont a besoin sa famille. Il est distrait sur
sa route par un baobab assoiffé et va se faire dérober son chargement de
bananes par des babouins… Mais Paa va finalement se voit récompensé pour la
bienveillance dont il a su faire preuve.

Nous voici à Zanzibar en 2007
avec Dalla-dalla,
le titre faisant référence à un moyen de locomotion sur ces îles, des camions-bus qui ont fasciné l’auteure
lorsqu’elle y a séjourné. L’héros de l’histoire est Juma, dont le père conduit
un dalla-dalla, et dont le grand-père lui a construit un de ces véhicules en
miniature pour qu’il joue avec. Le garçonnet lui imagine des ailes et espère
voyager loin plus tard avec lui.

Le Magasin de mon père en 2004 met en scène un autre garçonnet,
Mustafa, dont le père est marchand de tapis. Celui-ci aimerait que son fils
connaisse plusieurs langues étrangères pour
accueillir les clients, mais l’enfant se décourage dès la première leçon et
préfère s’amuser avec un tapis troué que son père lui a donné – il rencontre
alors un coq, qui va devenir prétexte à découvrir les langues étrangères auprès
d’un groupe de touristes, chacun dans sa langue imitant le cri de l’animal.
L’œuvre peut ainsi initier son jeune lectorat aux différences entre les peuples de façon amusante.

Une petite fille japonaise
est l’héroïne de La Fête de la tomate, œuvre parue en 2012. Hana s’est entichée
au supermarché d’un plant de tomates
qu’elle parvient à faire acheter à son père d’abord réticent. Elle va se
montrer une jardinière très soigneuse, emporter sa plante chez sa
grand-mère pour les vacances et parvenir à le faire survivre à l’attaque de
chenilles comme à un typhon. L’œuvre illustre ainsi la prise d’initiative dès un jeune âge, la patience et la persévérance,
autant d’efforts qui peuvent faire espérer une récompense à l’issue d’une fable
qui revêt une dimension écologique,
illustrée d’aquarelles réalistes.
Les illustrations de Satomi Ichikawa sont souvent distinguées pour leur délicatesse et la poésie qui s’en dégage. Elle a écrit et dessiné plusieurs dizaines
d’œuvres qui lui ont valu plusieurs prix.

 

 

« Ouf ! Que
c’était bon de s’asseoir un peu à l’ombre ! Ça me sauvait la vie.
« Ah, j’ai chaud et j’ai soif ! » ai-je dit tout haut.

« Ah j’ai chaud et j’ai
soif ! » a répété une voix enrouée, derrière moi. « Mais qui parle
donc ? »

« C’est moi » a
gémi la voix enrouée. « C’est toi qui parles Baobab ? » Je me suis
levé pour mieux le regarder. « Comme tu es énorme ! On dirait que tu
as planté tes racines dans le ciel ! » Baobab s’est mis à rire :
« C’est peut-être pour ça que j’ai si chaud et si soif ! »

« Mais oui, je comprends. Et
toi, tu n’as même pas d’ombre pour t’abriter ! »

« Attends-moi, Baobab !
Je vais vite chercher de l’eau ! »

« Ohé ! Baobab a chaud
et soif ! Aidez-moi à lui porter de l’eau ! »

« Porter de l’eau jusqu’au
baobab ? Combien tu paies ? » a demandé un garçon. « Je n’ai pas
d’argent » ai-je répondu. « Mais je peux payer avec des bananes. »

Mais quand nous sommes
arrivés avec l’eau, il n’y avait plus que les peaux des bananes au pied de Baobab. »

 

Satomi Ichikawa, Baobonbon, 2001

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