Le désert de l'amour

par

L’amour

A)La quête d’un désir à la fois platonique et charnel

C’est logiquement le thème principal dans « Le Désert de l’Amour » puisque le terme est mentionné dans le titre de l’œuvre. L’amour ou plus exactement la quête de l’amour est quasi omniprésente dans le récit. Une seule et même femme va provoquer ce sentiment chez deux hommes, étrangement un père et son fils. L’amour est l’étincelle qui va déclencher une série de sentiments et d’émotions de la part des personnages principaux tels que la passion, puis la vengeance, la fuite ou encore la tentative de suicide.

Maria Cross représente l’amour platonique, une femme qui aime et qui se sent aimée sans être touchée. Les multiples rencontres ainsi que les regards doux de la part de ses prétendants paraissent lui suffire. Bien au contraire, les hommes Raymond et Paul recherchent en cette femme le désir charnel. Tous les deux sont hantés par l’idée de vouloir la posséder surtout le jeune homme qui « n’aime que ce qui se dévore ». On ne parle plus d’amour mais de passion, une passion si aveugle qu’il ne voient pas que leur acharnement est vain puisque l’amour est tout simplement inaccessible.

B)Le péché : origine de la fuite et la mort

A première vue, la chair symbolise le péché, le mal dans les romans de Mauriac. Au fur et à mesure d’une lecture plus assidue, on aperçoit chez l’auteur une manière à soi de voir la chair. « Cette chair, il ne faut surtout pas la mépriser. Elle n’est pas l’ennemie dont on m’apprenait quand j'étais enfant à avoir honte et à avoir peur. Telle qu’elle est, elle a été sanctifiée par le Fils de l’Homme qui l’a revêtue et elle est sanctifiée par cette présence de l’âme qui la pénètre, qui est capable de Dieu ».

Mauriac trouve au péché une origine: « telle inclination, enfouie dans notre chair avant qu'elle fût née, a grandi comme nous […] a fleuri brusquement sa monstrueuse fleur, » lit-on dans « Le désert de l’amour ».

Le péché dans « Le désert de l’amour » est la boue dans laquelle tombent les personnages à cause de leurs complexes quotidiens, de leurs frustrations, de leur sentiment de défaite continue, en bref, à cause de leur manque de foi, à cause de leur séparation de Dieu. Le péché se traduit, dans l’œuvre de Mauriac, par un égarement de l’homme ou plutôt par une sorte de fuite afin de s’échapper à l’angoisse quotidienne, au désespoir. Combien de fois le docteur Courrèges n’a-t-il pas essayé de pénétrer le cœur de son fils, combien de fois ne s’est-t-il pas culpabilisé pour la rupture entre lui et son fils: « le pauvre enfant me croit son ennemi […] c’est ma faute et non la sienne ». Combien de fois l’idée du départ, de la fuite n’est pas venue au jeune Raymond qui voulait s’éloigner de son collège et de sa morne famille. Cette fuite, c’était pour l’enfant une occasion pour se cacher, pour oublier la haine de son milieu. Raymond essaye de fuir le monde par un geste irréparable, le suicide, qu’il ne mène pas à bonne fin: « bien des soirs, la mort lui apparut ce qui est le plus simple. […] Dieu ne voulut pas qu’il en trouvât des balles ». Mauriac exploite avec beaucoup d’ingéniosité cette double obsession de la fuite et de la mort qui hante le jeune Raymond.

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