Le Feu

par

Henri Barbusse

Henri Barbusse fait figure de narrateur. Quand il s'engage volontairement en 1914, malgré des problèmes pulmonaires, il a quarante-et-un ans. C'est un poète, un romancier reconnu. Il pourrait être versé dans la Territoriale, mais il veut aller au feu. Il intègre le 231e Régiment de Ligne, combat près de Soissons, à Crouy, en Artois, est versé dans les brancardiers et son courage est récompensé par deux citations. C'est au bout de vingt-deux mois qu'il est réformé.

 Cet homme, pacifiste militant, est un authentique héros de guerre. Cependant il se met très peu en scène, et s'exprime comme témoin. Le « je » est présent, parfois, mais c'est le « nous » qui domine. « Nous », ce sont les hommes de l'escouade, ce tout homogène formé d'individus si différents les uns des autres. Après avoir combattu à leurs côtés, Henri Barbusse se met au service de ces hommes qui sont ses frères d'armes. Il est un témoin crédible, car il se fait un devoir de rendre compte, au nom de ses camarades qui ne parleront plus, ou qui n'oseront pas parler. Il est le témoin indiscutable d'une atroce réalité.

Militant socialiste, attiré par le communisme, il n'utilise pas son roman comme une tribune politique. Ce qu'il fait dire à ses personnages à la fin du roman sonne aujourd'hui comme frappé au coin du bons sens, et cette pensée était très en avance sur son temps : « Deux armées qui se battent, c'est comme une grande...

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Dissertation à propos de Le Feu