Le Feu

par

L'escouade

Les membres de l’escouade vont et viennent, au gré des blessures ou des morts. Certains d'entre eux sont décrits plus précisément, car ils sont au centre de récits rapportés par Barbusse. Ils viennent de toute la France métropolitaine, leur langage commun est un sabir fait de français, de patois, de jargon militaire et d'étranges néologismes. On les découvre, un à un, au début du roman, lors du réveil dans la tranchée. Parmi eux il y a Volpatte : « un carré de figure jaune, iodée, peinte de plaques noirâtres, le nez cassé, les yeux bridés, chinois, et encadrés de rose, une petite moustache rêche et humide comme une brosse à graisse. » Il y a un ancien, le père Blaire : « Ses petits yeux clignotaient dans une face où végétait largement la poussière. Au-dessus du trou de sa bouche édentée, sa moustache formait un gros paquet jaunâtre. Ses mains étaient sombres, terriblement : le dessus si encrassé qu'il paraissait velu, la paume plaquée d'une dure grisaille. Son individu, recroquevillé et velouté de terre, exhalait un relent de vieille casserole. » Il y a Tulacque : « Tulacque est magnifique. Il porte une casaque jaune citron, faite au moyen d'un sac de couchage en toile huilée. Il a pratiqué un trou au milieu pour passer la tête et a assujetti, par-dessus cette carapace, ses bretelles de suspension et son ceinturon. Il est grand, osseux. Il tend en avant, lorsqu'il marche, une énergique figure aux yeux louches. »

À travers ces descriptions, le lecteur apprend une foule de choses. Les soldats de ligne ont des corps abîmés, se protègent comme ils peuvent des intempéries. Ce sont des obscurs, des petites gens, pas des intellectuels. Ces derniers sont sous-officiers, officiers, où à l'arrière....

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