Le Magicien d’Oz

par

L’adaptation cinématographique du roman

Attiré par le succès rencontré par le roman, le mondecinématographique, en la personne de Victor Flemming, décide en 1939 de tournerl’adaptation du livre sur grand écran. Le film, une comédie musicale, est jalonnéde nombreux morceaux de musique tels que Followthe Yellow Brick Road ou encore We’reOff to See the Wizard, qui entreront dans le folklore américain. Il estintéressant de comparer l’œuvre filmique au livre pour mettre en valeur les modificationsqu’impose le passage à l’écran et les motivations différentes sous-tendues.

De nombreuses séquences de la vie de Dorothy parexemple, avant et après la tornade, dans la ferme du Kansas où elle habite, ontété ajoutées alors que ces moments-là ne correspondent qu’à une infime partiedu livre. Porter à l’écran cette vie d’abord classique de la petite fille, quisemble on ne peut plus typiquement américaine, contribue à émouvoir lespectateur et emporter son adhésion par la reconnaissance de son propre monde.En outre, la morale découverte par Dorothy à la fin du film selon laquelle« rien ne vaut sa maison » est une invention des scénaristes ;cette fin rejoint ce sentiment d’ancrage à son chez-soi, à ce que l’on a bâti, particulièrementprégnant dans la culture américaine.

Lorsque le Magicien d’Oz remet aux compagnons deDorothy ce qu’ils sont venus chercher – cerveau, cœur et courage – ilsl’obtiennent d’une manière beaucoup plus « décorative » etallégorique que dans le livre. En effet, ce sont médailles et diplômes qui leurconfèrent leurs nouveaux atouts physiques et intellectuels, tandis que lemagicien du livre fabrique le cœur à l’aide d’une pièce de satin, et que lacervelle de l’épouvantail est constituée d’épingles et d’aiguilles. Larécompense obtenue à l’issue de la quête, devenue une simple attestation ou unedécoration, révèle l’importance accordée aux honneurs par les Américains, où lacérémonie de remise des diplômes par exemple est toujours un grand événementtrès codé de nos jours. On voit donc ici qu’un créateur, via un support écrit,peut parfois davantage laisser libre cours à sa fantaisie, et créer denouvelles plutôt que d’en reproduire.

Pour terminer, nous pouvons relever que le progrès destechniques cinématographiques a aussi favorisé la modification de certainsdétails de l’œuvre. Les chaussures d’argent de Dorothy qui, nous l’avons vuprécédemment, auraient une importance symbolique, se transforment en escarpinsde rubis. C’est l’occasion pour la production de faire étalage de l’usage dutechnicolor, technique cinématographique alors moderne. Ainsi, le passage àl’image aurait tendance à dégraisser le récit – et son sens – à l’occasion,l’impact de l’image suffisant à maintenir l’intérêt. Si l’allégorie économiqueest bonne par exemple, à certains égards, l’histoire s’en trouve cependantappauvrie.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur L’adaptation cinématographique du roman >