Le Magicien d’Oz

par

Les éléments du conte merveilleux

On retrouve dans l’histoire de nombreux élémentstypiques d’un conte pour enfants et relevant d’un registre merveilleux. D’abordle personnage principal de l’histoire est une petite fille qui doit avoirapproximativement le même âge que les lecteurs visés. Dès le début du récit, laformule « il était une fille… » rappelle sans équivoque le classique« il était une fois » du conte de fées. On note également qu’aucuneindication temporelle n’est donnée, et le seul repère géographique est l’Étatdu Kansas, point de départ de l’histoire.

Le style d’écriture répond également aux critères duconte – la narration est concise, les phrases courtes et simples, les descriptionsrelativement aplanies : « Elleavait quatre murs, un plancher et un plafond, ce qui faisait une pièce ;celle-ci était garnie avec un vieux fourneau rouillé, un buffet pour lavaisselle, une table, trois ou quatre chaises et des lits… ». Cettedescription de la maison de Dorothy, bien qu’offrant certains détailsnécessaires pour se la figurer, reste fonctionnelle sans aller plus loin qu’unesimple présentation du mobilier. Ainsi, l’auteur montre qu’une fois le contextedans lequel vit la petite fille rapidement présenté, il n’est pas utile d’allerplus loin, car l’essentiel n’est pas là mais plutôt dans les aventures à venir.Ce premier monde-là est par trop coutumier au jeune lecteur pour s’y arrêter.

Le pays d’Oz qui apparaît ensuite est un lieude magie et de surnaturel typique d’un conte de fées : les animaux y sontdotés de la parole, au contraire du chien de Dorothy, Toto, bien évidemmentmuet dans le monde de la petite fille. Celle-ci rencontre des personnages typesde contes de fées comme la sorcière malfaisante ou encore la mère cruelle,et plonge en même temps que le lecteur dans un monde où jeter des sorts estmonnaie courante.

La technique de caractérisation des personnages estégalement classique du conte de fées : ils sont brossés à grands traits,grossièrement dépeints, sans rentrer dans les détails. Leur psychologie n’estpas réellement élaborée, et il suffit de peu de mots pour faire comprendre aulecteur ce à quoi ils ressemblent et ce qui les motive, leur quête personnelle.La particularité de chacun, pour l’un d’être dénué de cœur, pour l’autre dénuéde cervelle, pour le troisième ignorant tout du courage, se reflète directementsur leur manière d’être et de s’exprimer. Leur intention de reconquérir cequ’ils n’ont jamais connu, leur quête est donc aisément identifiable etcompréhensible pour le jeune lecteur, à qui la chose est rappelée de plusieursfaçons.

Dès lors que Dorothy est précipitée en plein paysd’Oz, elle n’aspire qu’à une chose : retourner chez elle, dans le Kansas.Ceci constitue sa quête personnelle, à laquelle se greffent les autres, quidoit se solder par la rencontre avec le Magicien d’Oz. La quête merveilleuse typiquedu conte a ceci de récurrent qu’elle doit toujours passer par différentesétapes, différents obstacles qu’il faut surmonter. Ici, la quête prend la formed’une route à suivre, la fameuse route de briques jaunes, mais passe aussi par l’éliminationde la sorcière de l’Ouest qui ne cause que de malheurs dans le pays d’Oz. Cetteaventure est donc digne d’un conte ayant pour cadre un monde merveilleux, etelle est portée par des personnages simplifiés mais attachants, par letruchement desquels le jeune lecteur peut faire la découverte de qualitésmorales.

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