Le Mariage du Ciel et de l’Enfer

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Conclusion

La création de ce recueil poétique est une réponse à l’avènement du siècle des Lumières, qui privilégiait la Raison. Blake, poète tant téméraire qu’insoumis, défend ardemment les vertus du désir – qui pour lui ne doivent jamais être interrompues – car elles sont essentiellement passagères, et que sans elle le désir serait passif et dépourvu de sens. C’est ainsi que Blake place le désir devant la raison. Un appétit égoïste devrait venir en premier chez chaque être, et il ne devrait en aucun cas être remplacé par la raison, qui noircirait le tableau créatif de la vie.

Par cette philosophie unique, William Blake s’est ardemment opposé à toutes les idées reçues, tous les cultes religieux et toutes les lois de son temps qui tendaient à contredire cette énergie du désir qu’il vénère tant. Certains écrivains de son époque le considérèrent même comme fou. On s’ouvrit davantage à son œuvre après sa mort.

À l’instar de Maurice Blanchot – qui évoque dans un de ses recueils la philosophie de Blake qu’il appréciait – d’autres écrivains lui rendirent hommage en dédiant à sa philosophie certains chapitres de leurs ouvrages. C’est ainsi que Georges Bataille, par exemple, accepte la dichotomie Bien / Mal avec les mêmes couleurs que Blake les avait peintes. Il ajoute que le courage nécessaire à l’homme pour transgresser une loi est un achèvement, car il nécessite une force intérieure incomparable pour s’opposer à toutes les forces positives de la nature.

Malgré ses écrits sur l’Enfer et le péché, Blake ne peut être dit un « Poète du Mal ». Il veut...

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Dissertation à propos de Le Mariage du Ciel et de l’Enfer