Le Mariage du Ciel et de l’Enfer

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De l’inversion du Ciel et de l’Enfer

Dans Le Mariage du Ciel et de l’Enfer, il s’agit toujours d’opposition des contraires, car les êtres humains passent sans cesse d’un extrême à un autre. De plus, sans opposition dramatique, il n’y a pas de progrès ; c’est pourquoi coexistent amour et haine, joie et tristesse, comme répulsion et attraction.

La notion de Bien et de Mal naît dans la religion. La force créatrice de Dieu délimite les frontières de ce qui est bien et de ce qui est mal. Le Bien est ce qui se conforme aux lois et poursuit la raison, le Mal quant à lui viole activement les lois et prend sa source dans l’Énergie.

Inversant le rôle traditionnel du Ciel et de l’Enfer, Blake s’applique à attribuer à l’Enfer un caractère positif et au Ciel tel qu’il est présenté par la religion un caractère négatif. Il condamne ce qu’on pourrait appeler une hypocrisie des dogmes de la religion qui confond l’homme en l’instruisant de faux préceptes. Dans le passage intitulé « La Voix du Diable », Blake expose avec précision la lecture qu’il fait des écrits bibliques. Il s’oppose férocement au dogme religieux en comparant la dogmatique religieuse à une affection. En effet, selon Blake, l’homme n’a pas un corps dissociable de son âme et par conséquent, réprimer les désirs du corps conduit à détruire l’âme en étouffant son potentiel.

« Le Désir non suivi d’action engendre la pestilence ».

Le passage sur les « Proverbes de l’Enfer » est particulièrement poignant en ce qu’il s’appesantit sur ce point de vue de l’auteur. Il renie la dogmatique ascétique du christianisme moderne et propose des formules simples censées montrer la vertu des...

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Dissertation à propos de Le Mariage du Ciel et de l’Enfer