Le mec de la tombe d’à côté

par

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Katarina Mazetti

Katarina Mazetti est une écrivaine et journaliste suédoise
née à Stockholm en 1944. Son père travaillait dans la construction navale,
tandis que sa mère était créatrice de chapeaux ; son nom, d’origine
italienne, provient de son arrière-grand-père. Elle passe sa jeunesse à
Karlskrona, port naval et petite ville formée de plusieurs îles située au sud
de la Suède. Elle fait des études de journalisme avant de commencer sa carrière
dans des journaux locaux. Elle est aussi intéressée par les lettres et suit des
études dans ce domaine jusqu’à décrocher une maîtrise de littérature en même
temps qu’une maîtrise d’anglais à l’université de Lund. Elle exerce ensuite diverses
professions : productrice, professeure, critique littéraire et enfin, à
partir de quarante ans, journaliste, principalement à la radio suédoise où elle
défend notamment le droit des femmes et anime des émissions pour enfants. Elle a
vécu avec son mari, ingénieur agronome, et ses quatre enfants, pendant vingt
ans en pleine nature, dans une petite ferme du Nord de la Suède. Actuellement,
elle vit dans sa ville natale Karlskrona mais elle reste attachée aux villes d’Umeá
et de Lund.

 Elle a écrit des
sketches et des livres pour tous les âges. Son premier roman est Entre Dieu et moi, c’est fini (1995),
centré autour de l’adolescente Linnea, seize ans, qui perd sa meilleure amie
Pia, laquelle, n’ayant pas partagé son malaise avec elle, s’est jetée sous un
train. Linnea se souvient longuement d’elle, de leurs conversations à tout
propos, peut-être pour mieux finir par l’oublier et passer à autre chose. Son
premier roman pour adultes, Le Mec de la
tombe d’à côté
(Grabben i graven
bredvid
, paru en Suède en 1999),
est traduit dans vingt-deux langues. Ce roman est inspiré de sa vie de femme d’agriculteur ;
il s’agit d’un roman d’amour original, commencé dans un cimetière, dans le
voisinage de tombes disparates, qui expose l’incompréhension qui peut parfois
persister entre des catégories sociales éloignées, entre urbains et citadins. L’humour
certain qui double la perspicacité de l’auteur lui vaut d’être vendu en Suède à
plus de 450 000 exemplaires (pour un pays de moins de dix millions
d’habitants rappelons-le !) ; et en 2002, il est porté à l’écran
et recueille un nouveau grand succès auprès du public suédois (plus d’un
million d’entrées). En France, l’œuvre séduit à nouveau et l’adaptation au
théâtre par Alain Ganas triomphe ; pendant toute une année la pièce se
joue à guichets fermés. Aux États-Unis, le roman est édité au format poche en 2009.

Ce succès international engendre une suite, Le Caveau de famille, publiée en Suède
en 2005 sous le titre Famijgraven. Les éditions Gaia le publient en France
en 2011. On retrouve donc les mêmes personnages
que dans Le Mec de la tombe d’à côté mais
dans des situations différentes très drôles et pathétiques à la fois, nouées
autour d’une vie de couple comme il en existe tant, racontée par les deux
amants. Les Larmes de Tarzan (paru en
France en 2009) narre une nouvelle histoire
de couple qui permet à Katarina Mazetti de railler les injustices sociales sur
un fond comique de guerre des sexes ; ici, Tarzan – en réalité Mariana –,
c’est la femme célibataire plongée dans la misère et Janne, l’homme cadre
dynamique qui roule en Lamborghini. Ensemble, ils vont vivre une histoire
d’amour malgré la distance qui les sépare sur l’échiquier social. Un autre
ouvrage paru en 2008 en Suède, Entre le
chaperon rouge et le loup c’est fini
– la version française paraît en 2011
– poursuit les aventures existentielles de Linnea, qui découvre la vie, aidée
par l’argent de sa grand-mère, après le suicide de sa meilleure amie. On y retrouve
traités les problèmes de l’adolescence : sexualité, amitié, amour, rapport
de dépendance l’un envers l’autre.

La fin
n’est que le début
(2009) est le troisième et dernier volet qui
clôt la jeunesse de l’héroïne Linnea. On y retrouve une adulte qui, l’année du
baccalauréat, dit adieu à son adolescence, même si elle rencontre Per, le frère
de son amie décédée, qui la replonge dans ses souvenirs. La jeune femme
acquiert quelques certitudes sur ses désirs et ce que doit être son chemin, au
détour de questionnements éthiques qui signent son entrée dans l’âge adulte et
responsable. C’est le portrait d’une jeune femme vive, intelligente, que
dessine ainsi l’auteure, qui n’a rien oublié de son écriture humoristique.

 Katarina Mazetti
parcourt le monde pour rencontrer ses lecteurs dans les pays où elle est
invitée. Elle multiplie aussi les genres d’écriture, entre romans (aussi
policiers), nouvelles, livres pour enfants ou pour jeunes adultes, scénarios et
autres manuels. Elle s’est aussi adonnée à la poésie, à la science-fonction et
s’est même essayée au livret d’opéra.

 

« Elle est restée dormir chez moi,
et quand j’ai mis des draps propres, elle a dit qu’elle avait ses règles et
qu’elle espérait qu’il n’y aurait pas de fuite. Aucun problème, je ferai avec,
ai-je pensé, parce oui, ça dégageait un bien-être confortable. On ne se pointe
pas chez des amants temporaires quand on vient d’avoir ses règles. Elle m’a
pour ainsi dire élevé au statut de permanent. Faire l’amour, ça pouvait
attendre, elle n’était pas venue pour ça. D’ailleurs, je crois que ça me
plairait d’avoir une tache d’elle sur mes draps. Il y a sans doute un nom latin
pour ce genre de perversion. »

 

Katarina Mazetti, Le Mec de la tombe d’à côté, 1999

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