Le mec de la tombe d’à côté

par

Le choc culturel

Désirée et Benny découvrent très tôt que leur relation soulèveun nombre conséquent de problèmes, des problèmes plus sérieux que ceux relatifsà la distance ou à la disponibilité de l’un ou de l’autre. Le milieu danslequel ils ont grandi leur donne une conception très différente de ce quereprésente un partenaire amoureux et de ce qu’ils devraient attendre d’unetelle relation.

Il devient très vite évident que Benny ne vendra jamais saferme pour prendre un travail en ville et devenir un « citadinrespectable », qu’il ne deviendra jamais amateur d’opéra ou de poésiecomme Désirée, et qu’elle ne pourra sans doute jamais espérer l’amener àpartager ses goûts à elle ; tandis que Désirée ne deviendra jamais lafemme de ménage qui aiderait Benny à prendre soin de ses vaches et de sesterres, qu’elle ne l’attendra jamais le soir à la cuisine après avoir fait desboulettes de viande, en tricotant ou en faisant le ménage.

Au début, ils font fi de leurs espérances mutuelles, maisbientôt, les efforts qu’ils fournissent pour ignorer leurs espoirs antagonistesépuisent la flamme de leur passion. Les amoureux se disputent plus fréquemment,et ils campent de plus en plus fermement sur leurs positions en espérant chacunque l’autre finira par voir la justesse de son point de vue. Et cette situationcoïncide avec un éloignement des deux personnages. Ils commencent à moins sevoir et leurs rencontres censées leurs apporter du réconfort leur demandent uneconcentration et des efforts constants pour éviter des conflits qui ne sontplus qu’à peine voilés.

« Uneheure et demie, une ou deux fois par semaine. Sans compter les semaines où elleest en déplacement. Alors qu’il nous aurait fallu plusieurs jours rien que pourgratter la surface de nos propres blagues. Je ne peux tout de même pasdire : « Est-ce que nous avons un avenir ensemble ? » dèsqu’elle se débarrasse de son manteau dans le vestibule. J’oublie de compter lesweek-ends quand elle vient ici toute une journée parfois. Mais alors on sedispute. Ou on évite de se disputer, mais c’est presque aussi épuisant. »

On assiste à partir de ce moment au début de la fin. Leurrelation qui peinait déjà à prospérer en raison de leurs trop grandesdifférences et peut-être aussi de leur trop grande fierté commence às’effriter. Ils ne peuvent plus se contenter de partager du temps avec l’autrelorsque leurs univers se rencontrent, mais chacun tente à présent de transformerl’autre de sorte qu’il puisse occuper la place qui lui est réservée dans son monde.Mais leurs tentatives se heurtent à des volontés trop longtemps forgées dansleurs habitudes quotidiennes et dans leurs vécus respectifs.

Bien qu’ils aient tous les deux fait des compromis pourrapprocher leur perception des choses de celle de la personne aimée, ils neparviennent pas à céder du terrain aux aspirations que l’autre a pour eux. Etils sont conscients de la fragilité de leur relation au point où ils évitent dèsqu’ils le peuvent tout ce qui pourrait leur rappeler que la personne qu’ilsaiment ne correspond pas à leur stéréotype du compagnon idéal, même si leurssentiments sont sincères.

L’auteure offre donc là l’exemple de la tentative de deuxcultures de se rapprocher à travers deux personnages, les difficultés, del’ordre de la concession, du rapprochement, de l’ouverture d’esprit, serévélant les mêmes à un niveau individuel ou collectif.

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