Le monde comme il va

par

Résumé

Le Scythe Babouc est informé par le génie Iturielqu’une assemblée s’est tenue afin de décider si l’on devait détruire ou simplementchâtier la ville de Persépolis – qui figure Paris –, laquelle se distingue par lesfolies et les excès de ses habitants. Babouc s’en va donc en mission àPersépolis où il doit tout observer, tout écouter, afin de rendre un rapportimpartial. Pour l’instant, il ne connaît pas du tout la ville ni le peuple.

Il rencontre d’abord un soldat perse auquel ildemande pourquoi il fait la guerre contre les Indiens. Le soldat répond qu’ilne sait pas et qu’il faut s’adresser à son chef. Babouc rencontre un à un lessupérieurs hiérarchiques, jusqu’à un général qui lui explique les origines duconflit : une simple querelle, qui date de vingt ans, entre un eunuque etun commis – occasion pour Voltaire de dénoncer, comme souvent dans ses œuvres, lacruauté et l’absurdité de la guerre, dont les proportions n’ont souvent rien àvoir avec les enjeux premiers.

Arrivé à Persépolis, Babouc entre dans untemple et fait la connaissance de deux jeunes gens, un magistrat et unguerrier. Il apprend qu’à Persépolis, pour devenir chef ou juge des armées, ilsuffit d’avancer une certaine somme d’argent – et cette fois lephilosophe-conteur de dénoncer le peu d’importance de la formation et dumérite, et la toute-puissance de l’argent dans la société.

Babouc rencontre ensuite un marchand qui venddes objets inutiles fort chers, au-dessus de leur prix, lequel lui explique quec’est pour faire vivre les personnes qu’il emploie, et que cela est permis par« la fantaisie passagère des hommes » – c’est-à-dire l’effet de mode.Néanmoins, alors que Babouc a oublié sa bourse chez lui, le marchand la luirapporte, il apparaît donc honnête et cela nuance l’impression négative deBabouc au sujet de Persépolis.

Babouc se rend ensuite au collège des mages, oùil apprend de l’un des supérieurs, l’archimandrite, qu’il reçoit cent millesécus de rente pour avoir fait vœu de pauvreté. Le choc de Babouc à cetteannonce fait écho à l’anticléricalisme du philosophe.

Le Scythe reçoit ensuite des écrivains, etselon l’un des sages lettrés, de tout temps et dans tous les pays, le mal estpartout, mais, si le bon est rare, il existe. Babouc commence à partager cepoint de vue, et conclut qu’il y a souvent de très bonnes choses, même dans lesabus.

Après cela, il se rend chez un ministre aveclequel il entame une discussion. Dans le même temps, arrive une dame chez quiil avait dîné précédemment, qui l’invite à nouveau à dîner chez elle encompagnie de son mari, de son amant et de la femme de ce dernier. Une fois deplus, ces mœurs étranges perturbent Babouc, d’autant plus que la dame ditouvertement avoir un amant. La bienséance voudrait selon lui que cet état defait soit du moins dissimulé.

L’observateur, qui pense en savoir assez surPersépolis, décide de rentrer remettre son rapport à Ituriel. Il lui apporteune statue faite par le meilleur fondeur de la ville, « composéede tous les métaux, des terres et des pierres les plus précieuses et les plusviles ». Cette statue est à l’imagede Persépolis, qui n’est pas faite que d’or et de diamants, mais qui a de joliscôtés tout de même. Ituriel comprend le message, décide de ne pas détruirePersépolis, et de « laisser aller le monde comme il va ; “car,dit-il, si tout n’est pas bien, tout est passable”. »

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