Le Mystère de la Chambre Jaune

par

L'enquête de Rouletabille

L'enquête de Rouletabille : L'enquête de Rouletabille démarre très vite puisqu'il tombe dès le deuxième chapitre sur un article de journal relatant le mystère de la chambre jaune. Á la lecture du journal il émet déjà ses premières hypothèses.

La présence du pistolet dans la chambre lui semble liée à Mlle. Stangerson et non à l'agresseur. Á ses yeux, elle aurait voulu se protéger de quelqu'un ou de quelque chose, ce qui explique également la fermeture de la porte. De plus il présume qu'elle n'a pas été assommée par le pistolet. On voit déjà la logique que son esprit peut mettre en place à partir d'éléments simples. Il peut établir une idée du profil de l'assassin : un homme, issu d'une classe assez élevée, car l'homme qu'il recherche laisse un béret, un mouchoir sale ainsi que beaucoup de traces de chaussures. Ces éléments sont trop voyants pour avoir été laissés là par hasard. C'est le signe d'une intelligence et d'une certaine éducation.

Il envisagera ensuite les possibilités d'évasion de l'homme, s'aidant par des indications de M. de Marquet. Pensant tout d'abord à la fenêtre du vestibule qui est la seule à ne pas être munie de barreaux, il pense plus sérieusement au grenier, sans que ces hypothèses ne se révèlent justes par la suite.

Lors de sa rencontre avec M. Darzac, il lui glisse une phrase qui semble faire écho chez l'homme : « Le presbytère n’a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat ». De cette phrase assez surprenante et de ses connaissances quant à la relation entre l'homme et la jeune femme, il tirera la conclusion que quelqu'un s'oppose au mariage entre M. Darzac et Mlle. Stangerson et cherche à la tuer pour empêcher cette union.

Il parviendra également à apprendre que l'arme du crime n'est rien d'autre qu'un os de mouton.

Une fois dans la chambre jaune, il examinera la main ensanglantée lassée sur le mur et évaluera la taille de son agresseur à un mètre quatre-vingt. Le tueur s'était caché sous le lit, pour ne pas se faire voir, en attendant que Mathilde se retrouve seule. Afin de s'aider dans la suite de la résolution du mystère de la chambre, Rouletabille prend le contour des traces de pieds laissées par le meurtrier, puis se rend au chevet de la victime pour avoir une idée précise de son emploi du temps du jour de son agression. En quittant la jeune femme, il établira le chemin aller de l'assassin ainsi que l'heure de son entrée à la maison. Il explique qu'en l'absence de traces de pas, l'homme ne peut qu’emprunter le chemin en gravier, il aurait sinon, comme au retour, laisser ses empreintes de pas dans la terre meuble. Par ailleurs, son seul moment libre était pendant la balade de cinq heures, c'est donc à ce moment-là qu'il se serait glissé dans la chambre de la jeune femme.

Il suivra ensuite les traces de pas extérieur jusqu'à l'étang, endroit qu'il soupçonne d'être la suite de la fuite de l'individu puisque, dit-il avec humour, M. Larsan y est depuis des heures. Il fera alors la révélation suivante : les différentes traces de pas, bien qu'elles soient différentes, proviennent d'un seul et même homme ; il a juste changé de chaussures, enlevant celles mises pour tromper la police et remettant les siennes avant de repartir à bicyclette. Rouletabille a déjà résolu beaucoup de questions de l'énigme, et ce en très peu de temps, ce qui nous prouve encore une fois sa sagacité d'esprit.

Alors que le policier Larsan donne sa version du meurtre, notre héros fait une découverte sur l'un des mobiles de l'agression : le vol. On constate en effet la présence d'un paquet posé à côté des traces de charbon laissé par les pieds de l'assassin sur les dalles extérieures. Et en effet, les travaux du professeur Stangerson ont disparu ; vingt ans de recherches volatilisées.

L’enquête du détective n'en finira pas : nous nous plongeons alors dans ses recherches fiévreuses, ses questions sur le comment et le pourquoi quand, enfin, tout nous est révélé. Dans les derniers chapitres, nous apprenons le fin mot de l'histoire. Le meurtrier n'est autre que Larsan, plus connu sous le nom de Ballmeyer, l'assassin recherché et l’ancien époux de Mathilde. Il ne fait cependant sa révélation qu'à partir de dix-huit heures, laissant ainsi au meurtrier l'occasion de s'échapper car comme il le dit lui-même il a « ses raisons » et « ne sert pas la police », lui. Il explique alors le mystère de la chambre jaune : Mlle Stangerson a bel et bien été agressée. Cependant, elle n'a prévenu personne lors de son agression, elle a préféré dissimuler les traces, où tout du moins ce qu'elle a pu. Si l’on n’a pas retrouvé l'assassin dans la chambre, c'est tout simplement parce qu'il n'y était pas. Bien qu'un peu rocambolesque, c'est ainsi que l'auteur a choisi de réaliser le meurtre parfait.

Nous suivons donc ici pas à pas l'enquête du jeune Rouletabille, qui ne nous dévoile les éléments de l'enquête que selon son bon vouloir. Ainsi, même si nous avons quelques étapes de son raisonnement, nous ne connaissons le fin mot de l'histoire qu'à la fin du roman. Et pour maintenir encore un peu plus le suspens, les mystères sont résolus « à l'envers » : c'est-à-dire que l'on connaît le nom de l'assassin, puis la façon dont il a tué le garde et s'est échappé, puis enfin comment il a réussi à sortir de la chambre jaune au tout début de cette histoire. Gaston Leroux a réussi là à maintenir son lecteur dans une attente insoutenable, le tenant en haleine du début à la fin, ce qui permet à ce roman policier d'être l'un des plus grand de sa catégorie.

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