Le Mystère de Marie Roget

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Résumé

La nouvelle Le Mystère de Marie Roget écrite en 1842 par Edgar Allan Poe est inspirée d’un fait réel qui s’est déroulé aux États-Unis. Un an plus tôt, Mary Cecilia Rogers est découverte assassinée ; ce qui aurait pu n’être qu’un fait divers va pourtant bouleverser tout le continent. La nouvelle du grand écrivain devient une œuvre pionnière du roman policier.

 

Edgar Allan Poe vit à Paris avec son ami Auguste Dupin, homme passionné par l’analyse et tout exercice intellectuel. La gendarmerie demande une fois de plus son aide pour résoudre une enquête particulièrement mystérieuse.

En voici les faits : à vingt-deux ans Marie Roget part de chez sa mère, la veuve Estelle Roget, pour épouser le parfumeur M. Le Blanc. Au bout d’un an, elle disparaît sans avertir personne ; peu de temps après sa réapparition (« un beau matin, dans l’espace d’une semaine »), elle retourne vivre avec Mme Roget. Cinq mois plus tard, la jeune femme s’éclipse de nouveau mais cette fois-ci son cadavre est retrouvé dans la Seine le quatrième jour.

Bien qu’une somme importante soit promise à celui qui trouvera le meurtrier ou dénoncera ses complices, aucune déposition n’est faite et tous les suspects sont finalement relâchés.

Poe collecte chaque article consacré au mystère et parvient finalement à rassembler tous les éléments de l’affaire : le 22 juin à neuf heures du matin, Marie quitte sa maison et fait savoir à son amant Jacques Saint-Eustache (et à lui seul) qu’elle passe la journée chez sa tante. Étant supposé aller la chercher le soir même, le prétendant décide toutefois de s’y rendre le lendemain car « il survint une grosse pluie ». Ce n’est que bien plus tard que l’on apprend que Mlle Roget n’était pas à l’endroit annoncé. M. Beauvais, un ami proche de la défunte, est celui qui a identifié le corps et il a affirmé reconnaître Marie Roget.

   Cependant, les caractéristiques du cadavre ne ressemblent en rien à celles d’un noyé mais plutôt à celles de quelqu’un qui s’est fait étrangler. En effet, on découvre des traces de mains et de corde autour de son cou, et ses habits déchirés ont visiblement servi à étrangler et attacher la victime. Bizarrement, le corps a été « enterré à la hâte » mais exhumé peu après.

Bientôt, un journal répand la rumeur que ce n’est pas Marie Roget qui a été trouvée car le temps entre sa disparition et la découverte du cadavre n’est pas suffisant pour qu’un noyé refasse surface. Parallèlement et contradictoirement, Saint-Eustache est soupçonné d’être le meurtrier : une ardoise avec le nom de sa soupirante ainsi qu’une rose, semblables à celles que l’on se procure lors d’un enterrement, ont été vues dans son bureau avant le drame.

Une autre revue renforce les soupçons en affirmant qu’il est « impossible qu’une jeune femme, connue, comme était Marie, de plusieurs milliers de personnes, ait pu passer trois bornes sans rencontrer quelqu’un à qui son visage fût familier » ; de plus, la parole de Saint-Eustache est l’unique preuve que Mlle Roget soit réellement sortie ce jour-là.

Pourtant, une partie de sa toilette est retrouvée non loin de l’eau, avec des traces de lutte dans l’herbe ; la tenancière d’une auberge témoigne avoir vu une jeune femme accompagnée d’un homme brun se diriger vers un bois. Ils ont été suivis de près par « une bande de mécréants » puis, la nuit tombée, un cri a été entendu. Et comme pour rajouter de la difficulté à l’enquête, Saint-Eustache est découvert à l’endroit même où la bagarre est censée avoir eu lieu, après s’être empoisonné.

La première tâche de Dupin consiste à identifier le cadavre retrouvé dans le fleuve. Il met en garde contre les journaux (« Nous devons ne pas oublier qu’en général le but de nos feuilles publiques est de créer une sensation, de faire du piquant plutôt que de favoriser la cause de la vérité ») : certains cas de noyés qui remontent à la surface plus tôt ont déjà été constatés. D’autre part, étant une femme, Marie a pu refaire surface au bout de vingt-quatre heures et même ne pas s’être enfoncée du tout dans l’eau – et si elle a été tuée avant d’être jetée dans la Seine, elle aura flotté.

On suspecte aussi M. Beauvais car il se serait appuyé sur des détails futiles lors de l’identification du cadavre (« relativement au poil sur le bras »). Dupin conteste les accusations en argumentant que s’il avait réellement été coupable, l’homme n’aurait pas eu recours à de si faibles preuves. Il ajoute qu’un dimanche matin, la plupart des gens s’apprête à aller à l’église et qu’il est donc probable que la jeune Marie n’ait croisé personne qu’elle connaissait.

   Dupin propose ensuite à Poe de s’intéresser aux faits « extérieurs » à l’enquête, ceux qui n’y sont pas directement liés. M. Beauvais est immédiatement innocenté et ils émettent l’hypothèse que Marie aurait eu l’intention de s’enfuir avec un amant encore inconnu. Les habits trouvés ont pu être déposés après le crime car le lieu est très fréquenté et ils auraient dû être découverts bien plus tôt. Dupin remet aussi en question les affirmations selon lesquelles il s’agirait d’une bande : il n’y aurait pas de traces de lutte s’ils avaient été plusieurs contre une jeune femme, et un individu serait forcément venu dénoncer ses camarades (« Il trahit vivement et tout de suite, pour n’être pas trahi lui-même »).

Les deux amis en concluent que la jeune femme a été tuée par le marin qui était son amant  (d’après les témoignages de personnes les ayant aperçus lors de leur promenade en bateau et l’indice du nœud coulissant qui a marqué le cou de la victime). Son écriture va être comparée à celle des lettres adressées aux journaux qui insistent sur le fait que c’est le fruit d’une agression de plusieurs malfrats.

Voici le scénario émis par Dupin : l’amant loue un bateau pour se débarrasser du cadavre au milieu de l’eau mais se rend compte au dernier moment qu’il n’a aucun poids pour la tirer vers le fond. Pris de panique, il décide toutefois de la jeter dans le fleuve et abandonne la barque ; mais lorsqu’il se rend compte, peu de temps après, que le bateau a été retrouvé, il se débrouille pour qu’il ne refasse plus surface.

S’ils parviennent à mettre la main sur la barque, Edgar Allan Poe et Auguste Dupin auront élucidé une grande partie du mystère « Marie Roget » : « Ce bateau nous conduira, avec une rapidité qui nous étonnera nous-même, vers l’homme qui s’en est servi dans la nuit du fatal dimanche. » Et en effet, quelque temps après, c’est ce qui se produit.

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