Le Pays où l'on n'arrive jamais

par

L’enfance

A)         Enfance perdue, enfance retrouvée

 

Dédié à la jeunesse, LePays où l’on n’arrive jamais met en scène deux jeunes gens de même âgeauxquels les lecteurs peuvent facilement s’identifier. Les deux aventurierspartagent certes leurs surprenantes découvertes, péripéties et voyages avec lejeune lecteur, qui ne peut qu’être émerveillé, mais l’auteur présente d’abordGaspard et surtout Hélène dans une situation plutôt embarrassante : ilsvivent sans leurs vrais parents, sous la tutelle de gens inconnus ou pluséloignés. L’enfance perdue afférente – puisqu’ils ne sont pas les enfants deceux chez qui ils vivent – se traduit par un manque, peut-être d’affection (quene peuvent offrir que les vraies mères ou les vrais parents), voire un vide quipousse une jeune adolescente telle qu’Hélène, après avoir découvert que Drapeurn’est autre que son père adoptif, à rejeter ces gens « faux ». Elle matérialisece rejet en fuyant, à la recherche de sa vraie famille (sa maman Jenny) et de sonpays d’enfance (le grand pays). Elle pense qu’elle a perdu assez de tempsauprès de gens qui ne sont pas « les siens », et qu’il est grandtemps de retrouver sa vraie famille, ses origines. Cette grande aventurequ’Hélène entreprend en compagnie de Gaspard montre à quel point celle-ci estdéterminée. Ce long chemin, pas des plus faciles, traduit la quête de soiqu’elle va intensément vivre, avant d’aboutir à une enfance retrouvée et à l’épanouissementde soi en retrouvant ses origines et sa vraie famille. De même, Gaspard, grâceà Hélène, va progressivement, peut-être inconsciemment, se rapprocher de samère et ainsi retrouver une enfance normale.

 

B)         La mise en valeur de l’enfant

 

À travers son roman, l’auteurmet en valeur l’innocence de l’enfance. L’enfant se confond harmonieusementavec la nature, belle, pure et innocente. Gaspard est en effet familiarisé avecla nature puisqu’il passe son temps à jouer à cache-cache dans la forêt. Toutcomme des animaux sauvages et vagabonds, Gaspard et Hélène aiment aussis’évader en se nourrissant de liberté. André Dhôtel montre à quel point unenfant peut être déstabilisé par une situation qui lui est étrangère, etpourtant normale aux yeux de l’adulte. Encore trop jeune, l’enfant n’utilisepas la parole pour s’exprimer mais plutôt un comportement peu ordinaire qui neplaît pas forcément à l’adulte, représenté par le trio Drapeur, Parpoil etResidore. Gaspard, accumulant les catastrophes – « Gaspard connut unefois de plus (ce ne devait pas être la dernière) comment se déroule unecatastrophe » –, est repoussé par son entourage qui ne comprend pasque ses bêtises proviennent du manque d’affection dont il a souffert. De même,les nombreuses fugues d’Hélène traduisent un vide qu’elle est déterminée àcombler.

« Il y a des enfants qui portent partout avec eux une vertuefficace. Les difficultés fondent en leur présence, tandis que d’autres amènenttoutes sortes de complications, sans même qu’ils aient à bouger un doigt. »

 

Le Pays où l’on n’arrivejamais peut permettreune prise de conscience chez l’adulte, plus enclin, après avoir lu l’histoire,à comprendre – ou à se rappeler – l’enfant ainsi que l’univers où il évolue, età réagir à ses bêtises, à ses errances en conséquence. L’enfant a non seulementbesoin de parents affectueux, nous dit-on, mais aussi de rêves, d’évasion etd’aventure pour son épanouissement complet, pour retrouver finalement lessiens, mais aussi pour se trouver lui-même.

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