Le portrait de Mr W.H.

par

Résumé

         I

 

         Un soir, le narrateur-personnagediscute avec son ami Erskine des faux en littérature. Le narrateur défend laposition selon laquelle on ne peut pas reprocher à un artiste de produire despastiches quand Erskine se met à conter une anecdote farfelue : il connaîtun jeune homme, Cyril Graham, qui, un jour, a produit un faux pour soutenir ladémonstration d’une thèse un peu absurde. Aussitôt dit, il montre au narrateurle portrait d’un très beau jeune homme au visage féminin, et lui affirme qu’ilreprésente Mr. W. H., le dédicataire des Sonnets de Shakespeare. Lenarrateur n’y croit pas : il a déjà vu des portraits du dédicataire, quidans la vraie vie se nommerait Lord Pembroke, et il ne ressemble pas du tout àcela. Cependant, il est curieux d’entendre la thèse défendue par Cyril Graham.

            Afin de raconter les choses comme il se doit, Erskinecommence par contextualiser en remontant aux racines de son amitié avec Cyril.Cyril était un oisif qui ne vivait que pour les sonnets de Shakespeare et lethéâtre en général ; il était d’ailleurs comédien, et jouaitsystématiquement des rôles de jeunes femmes. Erskine a eu l’occasion de voirCyril en Rosalinde dans Comme il vous plaira, et il en est encore toutbouleversé. 

            Erskine, bientôt, en vient aux faits : un jour,Cyril l’a convoqué chez lui et lui a annoncé qu’il avait percé le secret des Sonnets.D’abord, Cyril réfute l’hypothèse selon laquelle les sonnets seraient destinésà Lord Pembroke en démontrant d’une part que les sonnets s’adressent à un hommequi est de basse condition et d’autre part que les chronologies, entre le momentoù est écrit tel sonnet et le moment où tel événement de la vie de Pembroke alieu, ne concordent pas du tout. Puis il rejette tous les dédicatairespossibles identifiés jusqu’alors par les universitaires. Pourtant, et il ytient, à ses yeux, les sonnets ne sont ni des satires, ni des compositionsabstraites, ce sont bien des mots d’amour destinés à une personne concrète.Enfin, il démontre, après avoir prouvé que les sonnets prennent tout leur senssi l’on considère qu’ils s’adressent à un acteur, que le recueil est en faitdédié à un jeune comédien nommé Willie Hughes. Erskine se laisse convaincre,mais suggère à Cyril de trouver une preuve de l’existence de Willie Hughes quisoit extérieure au recueil, pour appuyer sa thèse en public. Pendant dessemaines, les deux amis s’affairent à trouver une trace de l’existence deWillie Hughes, en vain. Cyril, las, s’absente quelques jours. À son retour, ilaffirme avoir découvert par hasard un portrait de Willie Hughes – le portraitdont il était question au début.

            Peu de temps après, par hasard, Erskine se prend d’amitiépour un peintre miséreux nommé Edward Merton. Un jour, Erskine va lui rendrevisite pour admirer la totalité de ses œuvres. Merton lui montre, par erreur,une esquisse qui ressemble trait pour trait au portrait de Mr. W. H. La femmede Merton a tôt fait d’expliquer que ce portrait était une commande de CyrilGraham. Erskine, furieux, va confronter son ami. Cyril explique que sa théorien’est pas pour autant invalidée ; Erskine lui réplique que si Cyrilcroyait vraiment en elle, il ne l’aurait pas soutenue en faisant produire unfaux.

            Le lendemain, Cyril est retrouvé mort. Le jeune hommes’est suicidé en laissant une lettre d’adieu qu’Erskine qualifie de« délirante » : il y confie se suicider pour prouver sa foitotale en sa théorie, et il charge Erskine de la rendre publique. Fin du récitd’Erskine.

            Le narrateur est désormais convaincu de l’existence deWillie Hughes et se dispute avec Erskine, qui a refusé de diffuser la théoriede Cyril. Le narrateur décide de s’en charger.

 

            II

 

            Le lendemain et les jours suivants, le narrateurs’affaire à étudier de nouveau les sonnets, à l’aune de la théorie de CyrilGraham. Il se rend compte que non seulement cette théorie est effectivementtrès efficace pour éluder tous les mystères du recueil mais qu’en plus, chaqueélément du texte qui lui résiste un temps cède bientôt. Il inventorie toutesles preuves qu’il trouve dans les textes. Le narrateur bientôt ne douteabsolument plus de l’existence de Willie Hughes, et veut découvrir toutel’histoire de sa vie.

            Le narrateur glisse lentement dans le même délire queCyril. Il se met à décrire précisément la vie et le caractère de Willie Hughes.Il est même capable maintenant de détailler son jeu d’acteur. Pourtant, iléchoue lui aussi à découvrir une preuve concrète et valable de son existence.

 

            III

 

            Au bout de quelques semaines, le narrateur décided’écrire une longue lettre à Erskine. Il y défend la théorie de Cyril etreproche amèrement à Erskine de ne pas l’avoir répandue plus tôt. Mais une foisqu’il a écrit et envoyé la lettre, le narrateur se rend compte qu’il ne croitplus du tout en cette théorie. Il décide d’aller rendre visite à Erskine pours’excuser.

            Alors que le narrateur lui demande pardon, Erskineexplique que la lettre l’a totalement convaincu de l’existence de Willie Hughes.Les deux amis se disputent et n’arrivent pas à se mettre d’accord. Erskineaffirme qu’il consacrera désormais sa vie à prouver l’existence du dédicataireen question.

            Deux ans plus tard, le narrateur reçoit une lettred’Erskine qui l’informe des choses suivantes : Erskine n’a pas réussi àtrouver de preuve et a fait le choix de suicider. Comme Cyril l’avait fait avecErskine, celui-ci charge à son tour le narrateur de répandre la théorie. Lenarrateur, bouleversé, va rendre visite à la famille d’Erskine pour savoir plusprécisément ce qui s’est passé.

            On lui apprend qu’Erskine ne s’est pas suicidé mais qu’ilest mort de maladie, et qu’en mourant il lui a légué le portrait de Mr. W. H.La nouvelle s’arrête sans donner raison ni à l’un ni à l’autre despersonnages ; le narrateur contemple le portrait, dubitatif.

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