Le zéro et l’infini

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La violence, un moyen et une fin

Nous l’avons précédemment dit, les personnes exécutées dans le système soviétique ne l’étaient pas pour des motifs qui en valaient réellement la peine. Et face à cet état de choses, certaines personnes se montraient indignées. Tel fut par exemple le cas d’un des juges de Roubachov. Le sort réservé à ces personnes interpelle fortement car il est révélateur d’une espèce de violence qui était fréquemment utilisée durant la période révolutionnaire. A titre illustratif, ce juge que l’on estima trop sentimental fut fusillé sans autre forme de procès. Mais la violence dans cette œuvre ne se limite pas qu’à cela. En effet, si les personnes accusées n’avaient en fait rien à se reprocher, comment croyez vous qu’elles en venaient à s’accabler elles-mêmes de fautes susceptibles de les conduire à la mort ? Cet état de chose est révélateur des tortures que subissaient les prisonniers, ces dernières prenant soit la forme de moyens de pression physique, ou alors psychologique comme ce fut le cas pour Roubachov. Et une fois que la violence avait servi à faire avouer, elle était encore et toujours utilisée quand il fallait éliminer les ennemis de la révolution en les fusillant. Mais il est néanmoins admirable de constater que certaines victimes parvenaient à être assez lucide jusqu’au bout pour faire ressortir le caractère aussi odieux qu’injuste de leur condamnation : «Citoyen président, déclarait l'accusé Roubachov, je parle ici pour la dernière fois de ma vie. L'opposition est battue et exterminée. Si je me demande aujourd'hui : "Pourquoi meurs-tu ?" je me trouve en face du néant absolu. Il n'y aurait rien qui vaille de mourir, si l'on mourait sans se repentir et sans se réconcilier avec le Parti et le Mouvement. C'est pourquoi, au seuil de ma dernière heure, je fléchis les genoux devant le pays, les masses et tout le peuple. L’on comprend donc après la lecture de l’œuvre pourquoi le communisme laisse planer une si grande négativité.

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