Les Dieux ont soif

par

Résumé

Le roman Les Dieux ont soif, quiparaît en 1912, met en scène la France au sortir de la Révolution, l’histoire se déroulant de 1793 à 1795. L’auteur articule son intrigue autour des événements historiques qui ont marqué cette période, faisant apparaître certains personnages réels tels que Marat ou Robespierre dans le climat de la Terreur alors en vigueur. Le lecteur suit Évariste Gamelin, un peintre aux idéaux révolutionnaires, qui défend avec ferveur les acquis de la Révolution, mais qui se déshumanise au nom de ce combat.

 

Évariste Gamelin est engagé dans la section de son quartier du Pont-Neuf, et rentre chez lui après une des assemblées générales qui ont lieu au sein de l’ancienne église des Barnabites. Il vit avec sa mère, veuve, dans une certaine pauvreté. Cette dernière se plaint de cette misère quotidienne et ne partage pas les idées de son fils, allant jusqu’à mettre leurs difficultés financières sur le compte de la Révolution, au grand dam d’Évariste.           

Le jeune homme se rend chez le marchand d’estampes Jean Blaise pour affaires, mais le trouve absent et rencontre sa fille, Élodie, qui l’aime et espère sa déclaration. Au cours d’un rendez-vous Évariste et Élodie se déclarent leur amour sur la terrasse d’une chaumière, partageant ainsi un moment de bonheur. Peu après le jeune homme est enthousiasmé par le passage de Marat au milieu de la foule qui l’acclame, icône de la Révolution qu’il admire grandement.

Le couple est ensemble depuis maintenant un mois quand Élodie fait une révélation délicate à son amant : il y a trois ans de cela, elle a eu une liaison avec un homme qu’elle refuse de nommer. Évariste lui accorde son pardon, pensant qu’il s’agissait d’un émigré et qu’elle était victime de la « corruption monarchique ». Élodie est déçue par cette tentative d’explication rationnelle qui montre l’ignorance des choses de l’amour de son compagnon.

Dans une file d’attente pour obtenir du pain, dans un contexte de grande misère, Évariste donne sa part à une mère de famille qui peine à nourrir ses nourrissons, montrant par cet acte sa droiture et son désir de justice.

Suite à sa rencontre avec Louise Masché de Rochemaure, qui joue de son influence, Évariste devient juré au Tribunal révolutionnaire, et voit en cette nomination le moyen de pérenniser le nouvel ordre mis en place par la Révolution. Rochemaure a en fait appuyé sa candidature à des fins intéressées, comptant sur lui pour la défendre eu égard à ses correspondances jugées suspectes. Évariste se rend cependant vite compte du peu de crédit que les gens accordent à ce tribunal, notamment au cours d’un échange avec Brotteaux son voisin, qui dit de cette institution qu’elle sera la cause de l’anéantissement de la république. Sa mère montre pour sa part de l’enthousiasme, mais plutôt en raison du revenu financier inhérent à ce poste que pour le prestige de la fonction. Le père d’Élodie se montre impressionné, et Évariste gagne en considération auprès de lui et se voit invité pour une balade à la campagne.

Évariste en tant que juré rend la liberté à un détenu au cours d’une séance à laquelle assiste Élodie. Il justifie son choix en prétextant l’absence de preuves irréfutables le concernant, montrant une nouvelle fois sa rigueur.

De son côté Brotteaux, le voisin, rencontre quelques difficultés à vendre les pantins qu’il fabrique. Le marchand de jouets n’en veut pas ; il les déclare contrerévolutionnaires. En rentrant chez lui, Brotteaux croise le père Longuemarre qui est menacé par une arrestation, et lui offre bien volontiers le gîte. Il hébergera également par la suite une prostituée rencontrée dans la rue, elle aussi en mauvaise posture.

En effet, au nom du maintien de l’ordre, les arrestations se multiplient, tout comme les accusés qu’Évariste conduit à l’échafaud. Le jeune homme prend goût à ces condamnations, pensant participer par ce biais au triomphe de l’égalité. Il assiste à un discours de Robespierre qui le conforte dans ses idées ; il ne réalise pas qu’il commence à voir le mal partout, croyant voir à tout coin de rue des traîtres qui complotent contre la République. Au fil des mises à mort, Élodie se détache d’Évariste qu’elle considère de plus en plus comme un monstre.

C’est après l’exécution de Marie-Antoinette et la mort de Fortuné Trubert, membre de la même section qu’Évariste, que celui-ci est nommé membre du Conseil général de la Commune, poste qu’il obtient aisément car aucun concurrent n’en fait la demande, plus personne n’étant intéressé par la tournure que prend l’aventure républicaine. Évariste ne s’en lasse pour sa part toujours pas, et prend son rôle avec toujours autant de sérieux. Il condamne à mort un prévenu qu’il croit être l’ancien amant d’Élodie, au désespoir de celle-ci qui confirmera son innocence.

Brotteaux et les personnes qu’il hébergeait sont arrêtés, ce qui attriste la mère d’Évariste. Elle reçoit la visite de sa fille Julie qui quémande de l’aide, son mari aristocrate, Fortuné de Chassagne, ayant lui aussi été écroué. Effectivement son frère, au poste qu’il occupe, pourrait influer sur l’issue de cette arrestation, mais la mère comprend que c’est peine perdue alors qu’Évariste lui déclare qu’il n’hésiterait pas une seule seconde à condamner sa propre sœur s’il apprenait sa visite.

Julie tente de secourir son époux par ses propres moyens, allant jusqu’à rencontrer le juge, mais ce dernier, loin de sauver le prisonnier, se contente de profiter de la faiblesse de la jeune femme et abuse d’elle. Évariste s’enfonce toujours plus avant dans sa folie meurtrière, et c’est sans remords qu’il approuve la sentence de mise à mort de son beau-frère, ainsi que celle de Brotteaux et de ses hôtes.

Le régime de la Terreur arrive alors à son terme, Robespierre est assassiné et les membres de la Commune sont mis hors d’état de nuire. C’est ainsi qu’Évariste Gamelin se retrouve à son tour condamné, mais ne montre à aucun moment de regrets, estimant jusqu’au bout avoir agi selon ses convictions pour le bien de la république.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >