Les dix petits nègres

par

Le travail de culpabilisation

Les invités sont tout de suite placés dans une ambiance d'angoisse et de culpabilité. Tout d'abord, pendant le dîner, une voix annonce les morts dont sont accusés les individus présents. Le malaise est palpable, d'autant plus que la plupart refusent de reconnaître leur culpabilité. Le climat qui s'instaure est alors rempli de suspicions et vire progressivement à la paranoïa. La culpabilité se renforce au cours du livre du fait de la défense permanente que les personnages essaient de dresser face aux accusations qui ont été portées contre eux.

La mort, pendant de la culpabilité, est omniprésente. Elle est personnifiée par l’innocente petite chanson retrouvée dans chacune des chambres. Les morts qui s’enchaînent entraînent alors chez les personnages survivants une culpabilité, en faisant resurgir les souvenirs de leurs meurtres. Véra par exemple songe une nouvelle fois à ce qu’elle a fait au petit Cyril, et revit difficilement le moment où elle a pris la décision de le laisser nager, sachant pertinemment qu'il n’y survivrait pas. Son sentiment de culpabilité l'empêche souvent de dormir. Il en va de même pour MacArthur qui, rongé par le remords, s'isole pour essayer de se persuader de son innocence.

Afin de repousser au loin leurs sentiments étouffés, plusieurs personnages tentent de se justifier ardemment auprès des autres, et semblent à la fois vouloir se convaincre eux-mêmes. On constate cependant que certains des invités n'éprouvent pas ces sentiments. C'est le cas...

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