Les femmes savantes

par

Les thèmes abordés dans l’œuvre

Cette pièce théâtrale met en avant plusieurs sujets même si pendant très longtemps c’est celui de l’éducation des filles qui fut retenu. De ce fait, le courant de pensée qui règne à l’époque sur l’éducation des filles à savoir qu’il est inutile voire dangereux d’accorder de la connaissance aux filles, fait de cette œuvre un exemple parfait au XIXème siècle. Ceci est notamment suggéré à travers le personnage de Chrysale, comme on peut le voir par exemple dans une de ses répliques à la scène 7 de l’acte II:

« Je vis de bonne soupe, et non de beau langage.

Vaugelas n'apprend point à bien faire un potage,

Et Malherbe et Balzac, si savants en beaux mots,

En cuisine peut-être auraient été des sots. »

Comme le montre ce passage, c’est une figure qui veut montrer qu’il est un vrai homme plutôt manuel qu’intellectuel, et qui est dans le cadre de la tradition assez opposé à l’émancipation des femmes au niveau intellectuel en ne les réduisant qu’au statut de femmes au foyer, chargées seulement de coudre, cuisiner et se taire.

Cependant, comme dit précédemment, d’autres sujets peuvent être relevés et interprétés au vu des caractères des différents personnages et de leurs discours. Ainsi par exemple, cette même image d’homme presque machiste que Chrysale souhaite montrer est en fait réduite à néant lorsqu’il se trouve devant sa femme, alors plus imposante : en effet, l’annonce du renvoi de Martine par Philantine ou la volonté de cette dernière de marier sa fille Henriette à Trissotin, montrent la faiblesse de cet homme quand il s'agit d'assumer ses opinions devant celles de sa femme.

Par ailleurs, la mise en scène des femmes savantes ne souhaite pas exposer l’idée selon laquelle les femmes souhaitent s’instruire est grotesque comme l’aimait à penser le public de l’époque; mais il pourrait plutôt être une sorte de remise en question pour la femme dont certains traits de caractère peuvent avoir des conséquences fâcheuses autant pour elle-même que pour son entourage.

De ce fait, ce serait plus l’idée de croire qu’elles s’instruisent avec des pédants malgré quelques mises en garde de leurs proches qui est grotesque, à l’exemple de Philantine qui malgré sa force de caractère, reste toutefois naïve avec ses deux autres « consœurs » devant Trissotin qui ne cesse d’étaler son savoir alors qu’il cherche juste à profiter d’elles financièrement. Cette capacité qu’ont les femmes à être parfois naïves en se confiant parfois aux mauvaises personnes pensant bien faire est donc très bien soulignée avec ces personnages.

Enfin, le personnage d’Henriette nous amène à réfléchir sur la valeur des personnes et la légitimité des relations que nous tissons avec les autres. En effet, elle incarne le personnage de l’enfant sage respectueuse de ses parents (« Il nous faut obéir, ma sœur, à nos parents/ Un père a sur nos vœux une entière puissance. » (acte III, scène 5) ), mais qui malgré son jeune âge et son air de personne sans instruction comme elle aime à le répéter elle-même, possède un esprit clairvoyant, puisqu’elle connaîtra depuis longtemps la vraie nature de Trissotin que les autres femmes « savantes » de la famille idolâtrent.

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