Les Politiques

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Résumé

Les Politiques, ou la Politique (Aristote disait sinon '' les traités politiques '') est une œuvre du célèbre philosophe grec et disciple de Platon pendant près de vingt ans, Aristote. Cette œuvre philosophique est une présentation des idées et des thèses de l'auteur sur la manière de gérer les affaires politiques entre les hommes dans le cadre spatial de la cité. Par ailleurs il est intéressant de se pencher sur l'étymologie même du mot « politique », issu du mot latin « politicus » et du grec « politikos » qui signifie la science des affaires de la cité. L'œuvre se déroule sur huit livres.  

Dans ce livre, Aristote traite ainsi de la nature, ensuite de la Cité, puis des constitutions, des citoyens, et pour finir de l'éducation. Aristote affirme dès le départ : l'homme est un animal politique, c'est à dire qu'il est destiné à vivre en société avec les autres, dans le cadre de la Cité.

D’abord, Aristote va essayer de justifier sa thèse principale en prenant entre autres comme justification l'argument du langage, qui permet aux humains de communiquer entre eux au plus juste, avec une conscience certaine, ce qui le distingue des animaux, bien que la vie en communauté l'en rapproche sur certains points. Aristote va alors bien affirmer que la vie politique est quelque chose de naturel à l'espèce humaine, car il serait dans sa nature intrinsèque de vivre en société avec les autres hommes, dans la Cité. Il exclut de la Cité, uniquement les animaux sauvages, qu'il appelle les bêtes et les Dieux qui bien sûr n'ont pas besoin de ce genre de résidence terrestre. Il va alors considérer premièrement que la nature de l'homme différencie les citoyens des non-citoyens et ainsi ceux qui peuvent participer aux affaires de la Cité et les autres qui en subissent les décisions sans agir, sans pouvoir profiter du tirage au sort athénien qui permettait une démocratie au hasard. Il ne distingue pas les hommes des femmes, considérées comme appartenant au sexe faible, de l'avis de tous, et dont personne n'a contesté l'ordre établi. Il va ensuite distinguer l'homme libre, le maitre, et les esclaves. Il estime que ces statuts sont naturels et inhérents à la destinée de chacun, et au destin de la cité. L'esclave, vient d'une cité qui a perdu une guerre, comme des prisonniers utiles à ceux qui gagnent. Il va alors affirmer que à partir du moment ou chacun accepte sa condition, naturelle, et mérité (l'ordre est donc bien fait tant que l'on accepte) « Il y a avantage et amitié réciproques entre un esclave et son maître quand tous deux méritent naturellement leur statut ». Il justifie de façon rationnelle selon lui l'institution de l’esclavage et sa continuation, comme logique et normale.

Cette réalité naturelle de l'homme en société, comme devant participer à la vie de la cité est ainsi définie comme « une communauté d'égaux en vue d'une vie qui soit potentiellement la meilleure ». Il souligne l'importance que chacun doit participer à la vie en société pour obtenir une cité solidaire et meilleure, si chacun y met du sien.

On peut donc dégager deux points primordiaux sortant de cette définition de la Cité et de la nature d' l'homme : premièrement la finalité de la vie en société reste le bonheur, le bien-vivre de tous, tous ensemble. Si chacun n'est pas heureux, alors cela ne sert à rien de l'être soi-même. Tout le monde doit profiter de ce bonheur, chacun doit y participer. C'est ainsi que l'on évoque « l'eudémonisme politique » d'Aristote.

 

Ensuite, on remarque que ne peuvent prétendre au statut de citoyens que des concitoyens, c'est-à-dire des égaux. Pourtant, la Cité apparaît comme le lieu de l'inégalité entre les hommes et dans ce sens pour les plus démunis, le lieu du malheur et de la vie difficile. C'est comme cela que Aristote en arrive à préciser sa définition pour en exclure les esclaves qui pour l'immense majorité d'entre eux n'ont pas pu avoir leur part de ce bonheur. Par la définition de la Cité il faut comprendre une « communauté d'hommes libres », et donc pas les esclaves.

L'égalité est donc bien relative, car elle ne vaut que pour les citoyens libres, égaux par une sorte de liberté identique dans la Cité. L'ordre social est établi. Mais cela n'entraine pas forcément que les esclaves soient exclus de la vie de la société car ils doivent participer à la prospérité, au confort, au travail et partant, à la richesse de la cité, pour le bien de tous, bien qu'ils n'en profitent pas.

Aristote va distinguer deux « ordres d'existence », mettant d'un côté celui de la polis qui est la communauté régie par le principe d'égalité dans l'ensemble, et de l'autre côté celui de l' « oikia » qui représente la maison privée qui obéit au principe monarchique, qui signifie le pouvoir d'un seul homme, tiré au sort, qui exerce le pouvoir.

 

Puis, Aristote va faire le distinguo avec les animaux, en affirmant que les enfants éduqués, bien sûr s'en distingueront plus, plus facilement, grâce à leurs nombreuses connaissances, y compris politiques traitant des affaires de la cité : très tôt, il faut éduquer les enfants à se rendre compte de l'importance d'avoir une cité bien régie. C'est cette formation qui fait de l'homme un bon citoyen. Un citoyen, ce n'est pas qu'un occupant de la cité, c'est un homme qui s'implique, met une part de lui, son énergie, son intelligence, son pouvoir, et sa liberté en cause pour permettre à la cité d'avancer vers toujours plus de paix, de prospérité et de gestion intelligente.

Il va affirmer que la seule « chose qui soit propre aux hommes par rapport aux animaux est le fait que seuls les hommes ont la perception du bien, du mal, du juste, de l'injuste Or avoir de telles notions en commun c'est ce qui fait une famille et une cité ». Cela, rejoint par la notion d'éducation par le fait que le langage est un élément primordial, qui permet aux hommes de se comprendre au plus juste les uns les autres et d'apporter des échanges rationnels au sens où les humains peuvent exprimer un raisonnement, leur raison, et donc transcrire à l'oral une réflexion intérieure. C'est ce qui permet d'exprimer les sentiments comme l'agréable, mais aussi des notions plus objectives comme le nuisible pour la cité. Ce sont des notions qui réunissent une multitude de sensations particulières et à plus forte raison le juste, l'injuste, le bien et le mal, qui doivent aider l'homme à faire son propre jugement et à prendre la bonne voie, pour le bien de tous, une fois de plus. C'est en prenant conscience de soi, du bien, du mal et de ce qu'il faut faire pour rester moral et permettre à la société d'être au mieux que l'on garantit la liberté de chacun de jouir des siennes, en n'empiétant pas sur celles des autres. Tout ce langage doit nourrir le dialogue et aider la Cité à se réguler mieux, par l'apport de chacun de sa réflexion. Aristote conçoit donc la Cité comme « la communauté la plus parfaite après la famille et le village » car la Cité permet aux hommes de vivre de manière indépendante et donc de façon libre.

 

Il va enfin énumérer les différentes formes de constitutions possibles en listant Royauté, République puis le gouvernement constitutionnel, cette dernière étant la bonne solution, la forme la plus équilibrée qui permet de prévenir au mieux tout problème, tout abus de pouvoir. Il estime que le mieux est de garantir l'état de droit. Il rejetait cependant la démocratie car il pensait que la force du nombre était une mascarade, où l'on pourrait voir arriver un petit nombre d'égoïstes, qui s'allieraient avec un grand nombre d'imbéciles pour légitimer leurs idées sans qu'elles soient les meilleures, mais le nombre leur donnerait une certaine force. Il estime enfin que l'éducation, thème fondamental pour l'avenir de toute cité qui se respecte est la seule solution pour durer, perdurer. « Le plus efficace de tous les moyens, pour conserver une constitution, c’est de donner une éducation conforme aux différentes constitutions ». 

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