Les Politiques

par

La cité parfaite

Quelles sont les éléments de la société idéale ? C’est à cette question qu’Aristote essaie de répondre. Dans la société parfaite, deux types principaux de biens doivent participer à l’épanouissement des hommes : biens matériels et biens de l’âme. Ces derniers sont préférables et doivent être promus. Contrairement aux biens matériels/extérieurs/du corps, les biens de l’âme sont sains, plus épanouissants parce que soumis au contrôle de la raison et permettant le développement de l’esprit. Dans la majeure partie des cas, les biens extérieurs corrompent la raison. L’abondance des biens extérieurs est nuisible, elle éloigne les hommes de la vertu. Le bonheur résiderait dans un savant mélange des différents types de l’homme dont peut jouir les hommes. On devrait en attendant d’arriver à ce mélange, rechercher l’abondance des biens de l’âme : « Suivant les lois de la nature, tous les biens extérieurs ne sont désirables que dans l’intérêt de l’âme; et les hommes sages ne doivent les souhaiter que pour elle, tandis que l’âme ne doit jamais être considérée en vue de ces biens. ». L’auteur nous invite à régler nos moments de plaisir par la raison.

Il poursuit son analyse en comparant la conception du bonheur selon les hommes et l’état. Tout comme l’état, les hommes dans leur quête du bonheur ont tendance à vouloir dominer ceux qui les entourent. Il souligne à cet effet : « de fait, dans quelques Etats, la constitution elle-même et les lois sont tournées tout entières vers la conquête des peuples voisins. Aussi, au milieu de cette confusion générale que présentent presque partout les matières législatives, si les lois ont un but unique, c’est toujours la domination. C’est ainsi qu’à Lacédémone et en Crète le système de l’éducation publique et la plupart des lois ne sont calculés que pour la guerre. Tous les peuples qui sont en position de satisfaire leur ambition, font le plus grand cas de la valeur guerrière. On peut citer les Perses, les Scythes, les Thraces, les Celtes » . Si les états et les hommes sont parvenus à une telle conclusion, c’est parce que les états tout comme les hommes, quantifient leur bonheur à la mesure de leurs possessions. L’état parfait est celui qui prendrait en compte deux principaux facteurs : le nombre, l’étendue.

En d’autres termes, l’état idéal devrait contenir dans son territoire délimité par des bornes précises, un nombre raisonnable d’individus de sorte que l’adéquation entre les deux éléments soit parfaite. Les autres éléments participant de la perfection d’un état incluent : les arts, les armes, les finances, le sacerdoce, la gestion des intérêts généraux et la justice. Les armes et l’art de la guerre doivent être gérés par les jeunes ; le sacerdoce par les personnes âgées ; la politique aux adultes. Une cité qui remplirait toutes ces conditions se rapprocherait de la perfection.

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