Les Politiques

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L’éducation dans la cité parfaite

Comme l’indique le titre de cette partie de notre étude, le thème de l’éducation est adjacent à celui de la société parfaite. L’éducation des jeunes doit être la pierre angulaire de l’Etat idéal car elle les prépare à devenir des citoyens modèles. Elle doit être diversifiée sans jamais perdre de vue cet objectif principal. De cette éducation dépend la qualité des citoyens et le développement de l’Etat. L’éducation doit faire l’objet de toutes les attentions et son principal but doit être de former des citoyens vertueux.

Il y a d’abord, l’éducation des connaissances qui sont utiles à la formation du corps et de l’esprit et celles jugées inutiles. Dans cette seconde catégorie, l’auteur insiste sur la musique qui d’après lui, est injustement qualifiée d’inutile : « Aujourd’hui l’éducation se compose ordinairement de quatre parties distinctes: les lettres, la gymnastique, la musique et parfois le dessin; la première et la dernière, comme d’une utilité aussi positive que variée dans la vie entière; la seconde, comme propre à former le courage. Quant à la musique, on élève des doutes sur son utilité. Ordinairement on la regarde comme un objet de simple agrément ».  La musique en tant qu’élément du système éducatif a perdu sa valeur et son rang. Elle constitue désormais plus un élément de loisir. Néanmoins, bien qu’elle soit un objet de plaisir, sa pratique nécessite un apprentissage poussé pour ceux qui veulent en faire leur profession. Pour Aristote, la musique, loin d’être uniquement loisir, participe au développement de l’esprit humain. Elle est une thérapie contre les maux de l’esprit tels que le stress, l’angoisse, la peur. Et, à ce titre est utile à la formation du corps et de l’esprit. Par conséquent, elle doit recouvrer la place de choix qu’elle occupait jadis dans l’éducation : « La musique, au contraire, est évidemment une imitation directe des sensations morales. Dès que la nature des harmonies vient à varier, les impressions des auditeurs changent avec chacune d’elles et les suivent. A une harmonie plaintive, comme celle du mode appelé myxolydien, l’âme s’attriste et se resserre; d’autres harmonies attendrissent le cœur, et celles-là sont les moins graves; entre ces extrêmes, une autre harmonie procure surtout à l’âme un calme parfait, et c’est le mode dorien, qui semble seul donner cette impression; le mode phrygien, au contraire, nous transporte d’enthousiasme. Ces diverses qualités de l’harmonie ont été bien comprises par les philosophes qui ont traité de cette partie de l’éducation, et leur théorie ne s’appuie que sur le témoignage même des faits. Les rythmes ne varient pas moins que les modes: les uns calment l’âme, les autres la bouleversent; et les allures de ces derniers peuvent être ou plus vulgaires ou de meilleur goût. Il est donc impossible, d’après tous ces faits, de ne pas reconnaître la puissance morale de la musique; et puisque cette puissance est bien réelle, il faut nécessairement faire entrer aussi la musique dans l’éducation des enfants. » .

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