Les Raisins de la colère

par

La déshumanisation du travail

Les Raisins de la colère dénonce de nombreux phénomènes sociaux qui ont prisde l’ampleur pendant la Grande Dépression. Il dénonce le capitalisme sansborne, l’industrialisation et son corollaire : la déshumanisation deshommes. De nombreuses familles telles que les Joad se sont vues chassés deleurs terres par les riches propriétaires et les banques. Ainsi, les plusriches deviennent encore plus riches par un mouvement d’embourgeoisementextrême, et la force de travail entre dans les livres de comptes comme touteautre ressource. On ne parle plus d’ouvriers, on parle de capital humain, et lamise en concurrence qui est pratiquée n’est qu’un volet de cettedéshumanisation particulièrement cruelle : « Quelqu’un qui a un couple de chevaux et qui leur fait tirer lacharrue ou la herse ou le rouleau, il ne lui viendrait pas à l’idée de leschasser et de les envoyer crever de faim parce qu’il n’a plus de travail poureux. Mais ça c’est les chevaux ; nous on est des hommes. »

Derrière ces hommes qui deviennent des donnéeséconomiques, se profile la notion de profit. Les banques retirent de leurséquations toute notion de compassion, de confiance ou de compréhension – desnotions trop humaines qui entraveraient la quête de profit : « La banque ce n’est pas la même choseque les hommes. Il se trouve que chaque homme dans une banque hait ce que labanque fait, et cependant la banque le fait. La banque est plus que les hommes,je vous le dis. C’est le monstre. C’est les hommes qui l’ont créé, mais ilssont incapables de le diriger. »

L’homme devient un esclave des institutionscapitalistes qui sont devenues maîtresses de la société. C’est un futur assezinquiétant que Steinbeck annonce dans son livre. Mais aussi peu probable, ouexagérée, cette vision a-t-elle pu paraître à l’époque, nous pouvons attesteraujourd’hui de son caractère prophétique.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur La déshumanisation du travail >