Les Six Napoléons

par

Accès complet et GRATUIT à cette fiche de lecture pour nos membres.

Arthur Conan Doyle

Arthur Conan Doyle est un
écrivain britannique principalement connu pour être le créateur du personnage
de Sherlock Holmes, qu’il a mis en scène dans quatre romans et cinquante-six
nouvelles, bien qu’il considérait que l’essentiel de son œuvre était ailleurs. Il
est aussi l’auteur de romans historiques, de livres de science-fiction et sur
le spiritisme. Ses œuvres les plus connus sont Le Chien des Baskerville et Le
Monde perdu
.

 

Origines,
formation

 

Arthur Conan Doyle – Conan est en réalité son
troisième prénom – est né en 1859 à Édimbourg en Écosse dans une famille
catholique irlandaise dont de nombreux membres évoluaient dans des cercles
artistiques, ce qui n’était pas le cas de son père, un alcoolique chronique qui
sera interné, pendant l’adolescence de son fils, dans un asile. La famille
n’est pas très aisée mais le jeune Arthur est déjà, en revanche, riche des
histoires que lui raconte sa mère, Mary, passionnée de littérature, qui excelle
dans l’art du conte. Son influence sera grande sur le futur écrivain.

À neuf ans, grâce à l’aide financière de membres
plus aisés de sa famille, le jeune Arthur peut partir faire ses études en
Angleterre, à l’internat tenu par les jésuites de Stonyhurst. La bigoterie qui
règne, avec les punitions corporelles, rencontrent la résistance de l’enfant.
Ces années bénéficient du réconfort que lui apportent sa correspondance avec sa
mère, qui durera jusqu’à la mort de celle-ci, et la pratique de plusieurs
sports, principalement le cricket où le jeune homme excelle. C’est aussi à
cette période qu’il se découvre un talent pour raconter des histoires, dont
profitent ses camarades de classe. En 1876, il sort de l’institution diplômé.

Contrairement à la tradition artistique qui
prévaut dans la famille, il choisit la carrière médicale et s’inscrit à
l’université d’Édimbourg. Il y rencontre les futurs auteurs James Barrie et
Robert Louis Stevenson, mais surtout le Dr. Joseph Bell, un professeur dont les
talents d’observation, de déduction, l’excellence du diagnostic, inspireront à
l’écrivain le personnage de Sherlock Holmes.

 

Débuts d’homme
de lettres

 

Pendant ses études de médecine, Arthur Conan
Doyle s’essaie à la nouvelle, puisant son inspiration chez les Américains Edgar
Allan Poe et Bret Harte. Très jeune, il parvient à se faire publier dans des
magazines.

Une fois installé comme docteur, le jeune homme
divise son temps entre sa pratique de médecin et une lutte pour se faire
reconnaître en tant qu’auteur. Il commence à écrire le roman qui assurera sa
gloire en 1886. Une étude en rouge (A Study in Scarlet) paraît d’abord dans
une revue avant d’être édité en volume en 1888. Cependant, c’est son second
roman qui a la préférence de l’auteur, au fond historique, œuvre qu’il
considère plus sérieuse, Micah Clarke.
Dès lors est notable une division dans l’œuvre d’Arthur Conan Doyle qui se
manifestera toute sa vie, entre ses œuvres qu’il considère comme
« commerciales », « alimentaires », et son œuvre « sérieuse »,
en large part boudée, constituée de romans historiques, de poésie et de pièces.

Au début de sa carrière, Arthur Conan Doyle est
davantage connu aux États-Unis qu’en Grande-Bretagne. À cette période, il
rencontre Oscar Wilde ; les deux hommes, très différents, s’entendent
cependant.

 

Quelques
étapes

 

1879 : Arthur Conan Doyle a vingt ans.
On lui propose un poste de chirurgien à bord d’un baleinier en partance pour le
cercle Arctique. Cette expédition lui inspire un conte, Captain of the Pole-Star. Le jeune homme retourne à ses études en
1880 et obtient son diplôme de médecine l’année suivante. Un autre poste sur un
bateau l’amène en Afrique, mais le continent lui déplaît. Il ouvre ensuite son
premier cabinet de consultation à Portsmouth. Il se spécialisera plus tard en
ophtalmologie à Vienne.

1887 : Sherlock Holmes apparaît dans Une étude en rouge.

1891 : Après avoir contracté une influenza
qui lui fait frôler la mort, Arthur Conan Doyle abandonne sa carrière médicale ;
il sera désormais uniquement écrivain. Prenant cette décision, il éprouve un
sentiment de libération et une grande joie.

1893 : Arthur Conan Doyle tue Sherlock
Holmes dans Le Dernier problème.

1894 : Il se livre à une série de lectures
aux États-Unis, qui connaissent un grand succès.

1899 : La première pièce d’Arthur Conan
Doyle, Sherlock Holmes, est créée au
Star Theatre de Buffalo
à New York 
; elle sera représentée ensuite au Lyceum
Theatre de Londres. Le célèbre acteur William Gillette incarne le fameux
détective. Malgré la critique qui éreinte la pièce, le public lui assure un
grand succès.

1900 : Arthur Conan Doyle demande à être
enrôlé lors de la guerre des Boers, mais son surpoids le fait déclarer inapte
et il part pour l’Afrique en tant que médecin. La Grande Guerre des Boers (The
Great Boer War
) qui paraît la même année n’est pas seulement un
compte-rendu de la guerre mais encore l’œuvre pointe des défauts d’organisation
de l’armée anglaise. Suite à cette aventure, il se présentera par deux fois au
Parlement sous la bannière des unionistes libéraux, sans succès.

1901 : Le
Chien des Baskerville
qui paraît dans le magazine The Strand fait sensation dans le monde entier. Son intrigue a été
inspirée à l’auteur par un séjour prolongé dans la lande du Devonshire, où il
visite la célèbre prison de Dartmoor.

1902 : Arthur Conan Doyle est fait
chevalier par le roi Edward VII pour services rendus à la couronne lors de la
guerre des Boers.

1906 : Après la mort de sa femme Louisa,
l’écrivain glisse vers la dépression. À cette période, désireux d’aider
quelqu’un de plus malheureux que lui, il sauve le jeune George Edalji d’une
erreur judiciaire en partageant ses observations sur son affaire avec Scotland
Yard.

1913 : L’écrivain anticipe la Première
Guerre mondiale, tente de faire publier des articles pour attirer l’attention
sur l’importance prise par les sous-marins, l’aviation, et il émet même la
possibilité d’un blocus de la Grande-Bretagne organisé par ces nouveaux moyens.
Pendant le conflit, il offrira à nouveau de s’enrôler et organisera un
bataillon de plus de cent civils volontaires. Les diverses idées qu’il soumet
aux instances dirigeantes ne sont pas suivies d’effets ; Winston Churchill
lui écrira néanmoins pour le remercier. En 1916 il obtient l’autorisation de
visiter les fronts français et anglais ; il en revient l’esprit plein des
horreurs dont il est témoin. La guerre lui aura fait perdre son fils Kingsley,
son frère, ses deux beaux-frères et ses deux neveux. On a ainsi expliqué que
l’écrivain qui avait défendu une méthode d’analyse scientifique, basée sur la
raison, à travers Sherlock Holmes, ait à ce point verser dans un monde
imaginaire, la science-fiction, le spiritisme et les sciences occultes à la fin
de sa vie. Il emmènera avec lui, au cours de « croisades
ésotériques », ses trois enfants et sa deuxième femme en Amérique, en
Afrique et en Australie. Il se met aussi à écrire des ouvrages sur la vie après
la mort et la communication avec l’au-delà. Son œuvre La Venue des fées par exemple montre l’auteur convaincu de
l’existence des fées et des esprits.

1930 : Arthur Conan Doyle meurt d’une
attaque cardiaque à Crowborough, dans le Sussex, après avoir dit à sa
femme : « You are wonderful ».

 

Thèmes
majeurs, influences, façon

 

Si avec le personnage de Sherlock Holmes Arthur
Conan Doyle apparaît comme le créateur du roman policier, ou au moins son
vulgarisateur – car avec lui l’avancement de l’intrigue suit une méthode
scientifique et le genre se pare de dignité –, ce héros du raisonnement logique
a néanmoins pour prédécesseur l’Auguste Dupin d’Edgar Poe, pourvu des mêmes
qualités d’analyse. Alors que la collecte de données lors d’une enquête
s’opérait auparavant autour de témoignages, de la réputation des suspects,
autant d’éléments sujets à caution, Holmes se fie à des preuves matérielles
capables d’entrer en contradiction ou de confirmer les diverses voix qui
s’expriment autour d’un crime.

Dans plusieurs de ses récits mettant en scène
Sherlock Holmes, Arthur Conan Doyle opère de longs retours en arrière après la
découverte de l’assassin, revenant au début des faits au fil d’une narration
rétrospective. Ainsi l’aventure policière n’occupe qu’une partie du roman. En
cela l’écrivain s’inspire de l’auteur français Émile Gaboriau.

Le narrateur des œuvres de cette série est le
docteur Watson, qui accompagne son ami et espère le soigner de son addiction
aux stupéfiants. Le caractère débonnaire et ingénu de Watson vient en outre contrebalancer
les raisonnements élaborés du détective et offrir une seconde possibilité
d’identification. La police officielle en revanche apparaît carrément comme
obtuse, peu encline à sortir d’ornières bien connues.

La figure du traître occupe une grande place
dans ces histoires, à l’exemple du professeur Moriarty, alter ego négatif de
Sherlock Holmes. Les origines des crimes se situent toujours parmi des bandes
organisées de criminels ou d’anarchistes, des sociétés secrètes.

Le personnage de Sherlock Holmes a reçu une
forme visuelle définie de la main de l’illustrateur Sidney Paget, qui a
collaboré avec Arthur Conan Doyle plusieurs dizaines d’années durant.

 

Regards
sur les œuvres

 

         La série Sherlock Holmes

 

Une étude en rouge (A Study in Scarlet, 1888) est le premier
volume de la série des Sherlock Holmes. Le détective y rencontre le docteur
Watson et les deux hommes emménagent ensemble. Holmes va aider Scotland Yard à
l’occasion d’une enquête. Si la première partie du récit a pour cadre le
Londres des années 1880, la seconde remonte au milieu du XIXe siècle
et a pour cadre le milieu mormon et Salt Lake City, lequel permet de plonger
dans les origines lointaines du crime.

Le Dernier Problème (The Final Problem, 1893) est une nouvelle écrite par l’auteur pour
se débarrasser de Sherlock Holmes, qu’il tue dans les chutes du Reichenbach
avec le professeur Moriarty. Le magazine The
Strand
, qui publie les nouvelles de Sherlock Holmes, perd soudain vingt
mille lecteurs. Arthur Conan Doyle souhaitait désormais se consacrer à ce qu’il
considérait le meilleur de son œuvre. Il réembauchera son détective pour
d’autres aventures, à nouveau pour des raisons de finances.

Le Chien des Baskerville (The Hound of the Baskervilles, 1902) est
peut-être le roman le plus connu d’Arthur Conan Doyle. L’histoire repose sur la
légende d’un démon, figuré par un énorme chien, qui apparaîtrait, à l’heure de
leur mort, aux membres de la famille des Baskerville. Plusieurs signes
indiquent que la légende paraît s’être incarnée à la mort de Sir Charles. C’est
d’abord dissimulé que Sherlock Holmes mènera l’enquête. C’est sans doute l’attention
particulière portée par l’écrivain à la psychologie des personnages comme à
l’atmosphère du crime qui a assuré la gloire de ce récit et inspiré notamment
plusieurs adaptations cinématographiques.

Les Souvenirs de Sherlock Holmes (The Case Book of Sherlock Holmes, 1927) vient
clore la série. Plus faible que les autres, ce volume se distingue néanmoins
par une narration à la première personne.

 

         Autre œuvres

 

Micah Clarke (1889) constitue la deuxième œuvre d’importance
d’Arthur Conan Doyle ; c’est un exemple de la veine historique de l’auteur.
Il s’agit d’un roman d’apprentissage dont le héros éponyme, fils d’un
protestant convaincu, évolue à la fin du XVIIe siècle ; le jeune
homme d’abord naïf, aux idées romantiques, va se trouver plongé dans les
guerres de religions, la rébellion de Monmouth, avant d’atteindre une certaine
sagesse, éprouvant du dégoût pour l’extrémisme religieux et prônant désormais
la tolérance, se faisant là le porte-parole de l’auteur, élevé dans le
catholicisme.

Le Mystère de Cloomber (The Mystery of Cloomber, 1889) figure un autre versant
de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle, son penchant pour le paranormal et le spiritisme,
à travers l’histoire de trois moines bouddhistes épris de vengeance, bâtie sur un
mysticisme oriental et des notions théosophiques du temps.

Le
Monde perdu
(The Lost Word, 1912) est le premier des cinq volumes des aventures
du Professeur Challenger. Avec ses coéquipiers, il découvre en Amazonie un
plateau préhistorique où vivent de nombreuses espèces considérées comme
disparues (Plésiosaures, Ichtyosaures, Allosaures, Megaloceros, etc.) et autres
animaux aux proportions gigantesques et non identifiés. Arthur Conan Doyle a
trouvé son inspiration via les récits de son ami le lieutenant-colonel Percy
Fawcette, explorateur ayant voyagé en Amérique du Sud.

 

Postérité

 

Le personnage de Sherlock
Holmes a inspiré de nombreux autres héros de romans policiers tels le Hercule
Poirot d’Agatha Christie bien sûr, qui vient outrer encore un peu la suffisance
de son prédécesseur, ou encore le détective amateur d’art Philo Vance chez l’écrivain
américain S. S. Va Dine dans les années 1920-1930.

Les adaptations, dans tous
les arts, mettant en scène Sherlock Holmes sont bien sûr innombrables.

 

 

« C’était un chien, un
chien énorme, noir comme du charbon, mais un chien comme jamais n’en avaient vu
des yeux de mortel. Du feu s’échappait de sa gueule ouverte ; ses yeux jetaient
de la braise ; son museau, ses pattes s’enveloppaient de traînées de
flammes. Jamais aucun rêve délirant d’un cerveau dérangé ne créa vision plus
sauvage, plus fantastique, plus infernale que cette bête qui dévalait du
brouillard. »

 

Arthur Conan Doyle, Le Chien des Baskerville, 1902

 

« Lorsque vous avez
éliminé l’impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement
la vérité. »

 

         Arthur Conan Doyle, Le
Signe des quatre
, 1890

Inscrivez-vous pour trouver des essais sur Arthur Conan Doyle >