Lettres philosophiques

par

La religion

La religion est un thème récurrent chez Voltaire. Il croit en Dieu au point qu’il estime que « si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer », mais il reproche aux religions leur dogmatisme qui s’oppose à la science et surtout leur intolérance vis-à-vis de croyances différentes. En France, où la religion catholique prédomine largement, les savants et les philosophes peuvent voir leur œuvre censurée par l’Église et même leurs vies menacées. Les comédiens sont excommuniés et peuvent même se voir refuser d’être enterrés dans un cimetière chrétien. Par ailleurs, les non-catholiques tels les jésuites ou les protestants sont parfois victimes de préjugés.

Son séjour en Angleterre permet à Voltaire d’acquérir une nouvelle vision de la religion qu’il développe dans ses Lettres Philosophiques. Dans les lettres 1 à 8, il évoque plusieurs religions présentes en Angleterre. Dans la lettre 7, il s’intéresse à la religion anglicane qui prédomine au Royaume-Uni. C’est l’occasion pour lui de s’attaquer à la religion catholique et à ses dérives en France. Il reproche à la religion anglicane de s’être trop inspirée de la religion catholique ; il lui reproche ses dîmes élevées et trop nombreuses et surtout sa volonté de domination : « Le clergé anglican a retenu beaucoup des cérémonies catholiques, et surtout celle de recevoir les dîmes avec une attention très scrupuleuse. Ils ont aussi la pieuse ambition d’être les maîtres. » Voltaire reconnaît cependant que le clergé anglican est mieux organisé que le clergé catholique. Lettre 6, c’est le presbytérianisme qui en prend pour son grade : les presbytériens sont jugés rigides et intolérants.

Si le philosophe reste critique de la religion en Angleterre, il a cependant l’occasion d’en étudier une plus proche de son idéal de tolérance. Ainsi dans sa lettre 1, Voltaire présente les quakers. Le philosophe français est charmé par cette communauté religieuse ouverte, modeste et tolérante. Il apprécie leur absence de rites, dont le baptême par exemple : « nous ne pensons pas que le christianisme consiste à jeter de l’eau froide sur la tête » lui dit un quaker. Il apprécie aussi l’absence de clergé : « Vous n’avez donc point de prêtres lui dis-je ? – Non […] et nous nous en trouvons bien » La religion des quakers est une relation entre Dieu et le fidèle et se rapproche du déisme de Voltaire.

Enfin Voltaire propose des pistes pour lutter contre l’intolérance religieuse et le trop grand pouvoir de la religion sur la société. Il faut selon lui encourager la liberté de culte : « C’est ici le pays des sectes. Un Anglais, comme homme libre, va au Ciel par le chemin qui lui plaît. » Plus il y a de religion différentes, moins l’une d’elles risque de détenir un monopole : « S’il n’y avait en Angleterre qu’une religion, le despotisme serait à craindre ; s’il y en avait deux, elles se couperaient la gorge ; mais il y en a trente, et elles vivent en paix et heureuses. »

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