Lettres philosophiques

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Résumé

Première lettre

Voltaire va à la rencontre d’un quaker afind’en savoir davantage sur ses pratiques religieuses. Il apprend que les quakersn’honorent aucun des sacrements catholiques, et qu’en outre ils ont descontraintes langagières – refus du vouvoiement – et vestimentaires – port duchapeau obligatoire – précises. Le regard de Voltaire sur son interlocuteurquaker est insolent mais bienveillant : il relève les incomplétudes de sesraisonnements mais ne cherche pas à les discuter avec lui.

 

Seconde lettre

Voltaire assiste à une messe quaker ets’étonne qu’il n’y ait pas de prêtre. Les quakers en fait procèdent de lamanière suivante : chaque personne qui assiste à la cérémonie peut selever et prendre la parole, aux autres de distinguer si sa parole estréellement inspirée par Dieu, ou si elle est pure folie ou affabulation. Lesidées sont ainsi considérées comme des créations de Dieu.

 

Troisième lettre

Voltaire dresse la généalogie du mouvementquaker. Le premier quaker, d’après ceux qui alimentent le mouvement, seraitJésus Christ en personne ; puis la pureté religieuse originelle s’estperdue pendant de longs siècles, jusqu’à l’émergence de Georges Fox, fondateurdu mouvement dans l’Angleterre du XVIIe siècle. Voltaire note queles quakers bénéficient d’une crédibilité certaine, puisque par exemple, l’un d’eux,par une simple lettre, honnête et ferme, décida le roi Charles II à stopper lespersécutions contre son groupe.

 

Quatrième lettre

Voltaire évoque le cas de Guillaume Penn qui,toujours au XVIIe siècle, travailla à étendre vers les coloniesaméricaines les coutumes quakers. L’auteur pense que si le mouvement quaker acertainement de beaux jours devant lui en Amérique, il est sur le point des’éteindre en Angleterre.

 

Cinquième lettre

Voltaire s’intéresse maintenant aufonctionnement de l’Église anglicane, qui a la particularité d’être à mi-cheminentre protestantisme par sa rigueur, et catholicisme par certaines cérémoniesqu’il a conservées. L’auteur en profite pour railler les ecclésiastiquescatholiques français, qui prétendent être les héritiers des apôtres tout en menantdes vies de débauchés.

 

Sixième lettre

Voltaire évoque le mouvement presbytérien,autre forme de protestantisme, surtout présente en Écosse. L’auteur remarquealors avec admiration que ces nombreuses religions cohabitent en toutequiétude.

 

Septième lettre

Voltaire décrit la principale attitude dugroupuscule arien (appelé ainsi parce qu’ils prennent la suite du penseurArius) : elle consiste à distinguer nettement le Père et le Fils, et defait à remettre en cause la Sainte Trinité, telle que définie par lecatholicisme notamment. La partie religieuse du recueil s’achève avec cetteseptième lettre.

 

Huitième lettre

Voltaire décrit le fonctionnement du Parlementanglais, et discute plus particulièrement son désir d’être assimilé au sénatromain, en montrant que le peuple romain et le peuple anglais n’ont rien encommun. Par exemple, l’Angleterre ne cherche pas à conquérir, et se contente defaire en sorte qu’on ne la conquiert pas – or on sait à quel point Rome avaitsoif de conquête.

 

Neuvième lettre

Voltaire décrit le fonctionnement de laChambre des Communes et le rôle précis des Lords dans le gouvernement. Ilexplique notamment que le titre de Lord est devenu au fil du temps honorifique,puisque le Roi n’accorde plus aux Lords les terres censées aller avec le titre.Il montre aussi qu’en Angleterre les privilèges sont peu courants, et que toutle monde par exemple est tenu de payer des impôts, quelle que soit sa classesociale.

 

Dixième lettre

Voltaire démontre que toute la puissance del’Angleterre vient de ce qu’elle maîtrise parfaitement le commerce. Il railleles Allemands et Français qui méprisent les commerçants, au profit des nobles,tandis qu’à ses yeux un commerçant est bien plus profitable qu’un noble à unroyaume.

 

Onzième lettre

Voltaire décrit une pratique anglaise contrela petite vérole : le peuple anglais a en quelque sorte inventé le vaccin,puisqu’ils font en sorte que les enfants soient très vite mis en contact avecle virus, à un âge où il s’avère inoffensif. Tout en soulignant l’incongruitéde cette pratique, Voltaire remarque son efficacité, et regrette qu’on n’enfasse pas de même en France.

 

Douzième lettre

Voltaire décide d’évoquer désormais ceuxqu’ils considèrent comme les grands hommes de l’Angleterre. Il s’attarde enpremier lieu sur le chancelier Bacon, qu’il considère comme l’inventeur de la« philosophie expérimentale ». Il prétend que celui-ci étaittellement au point sur les problèmes physiques qu’il aurait eu l’intuition desthéories de l’attraction bien avant Newton.

 

Treizième lettre

Voltaire insiste ensuite sur l’importance desthéories développées par le philosophe John Locke. Empiriste, ce dernierpostule que tout le savoir provient de l’expérience. Voltaire prend son particontre les religieux, qui trouvent cette affirmation impie. Cette lettre estl’une des plus longues du recueil, dans la mesure où Voltaire prend le temps dedévelopper chacune des idées qui lui semble capitale chez Locke, contre la plupartdes autres philosophes, notamment Descartes. Pour en apprendre davantage surces prises de position philosophiques, il faut se référer au recueil Lephilosophe ignorant.

 

Quatorzième lettre

Voltaire compare les vies et théories deDescartes et Newton, troisième grand homme anglais que l’auteur souhaiteévoquer. Il insiste à nouveau sur les erreurs de ce premier, pour mettre envaleur la grandeur de ce dernier. Toutefois, sa critique de Descartes n’est pasabsolue, il lui reconnaît des qualités de géomètre. Mais ce n’est rien à côtéde Newton : « Je ne crois pas qu’on ose, à la vérité, comparer enrien sa philosophie avec celle de Newton : la première est un essai, laseconde est un chef-d’œuvre. »

 

Quinzième, seizième et dix-septième lettres

Voltaire, en bon vulgarisateur, résume lesdécouvertes de Newton relatives à l’attraction terrestre, l’optique, et auproblème de l’infini, toujours avec le système cartésien comme repoussoir.

 

Dix-huitième lettre

Voltaire se focalise désormais sur le théâtreanglais. Dans un premier temps, il se consacre à la tragédie. Sa théorie estque la tragédie anglaise n’est bonne qu’à produire des « beautésirrégulières », c’est-à-dire des pièces qui ne respectent rien de labienséance et du vraisemblable, mais qui contiennent de récurrentesfulgurances. Dans cette lettre, il procède à l’une des premières traductions dufameux monologue d’Hamlet, pourmontrer combien les morceaux de bravoure du théâtre anglais peuvent êtresavoureux.

 

Dix-neuvième lettre

Dans un deuxième temps, Voltaire se concentresur la comédie anglaise. Il en remarque les nombreuses qualités mais s’avouebien incapable d’en faire connaître la saveur aux Français. D’après lui, il estaisé de transposer la tragédie dans une autre langue, dans la mesure où elle reposesur des canevas ancestraux assimilés par tous, tel le récit d’Œdipe. Enrevanche, il est impossible de traduire la comédie parce que, « peintureparlante des ridicules d’une nation », elle est toujours, en un certainsens, locale.

 

Vingtième lettre

Voltaire, qui se concentre finalement sur laquestion de la poésie, remarque que les aristocrates anglais sont plus avidesde se cultiver que les aristocrates français et le regrette. Il s’amuse àtraduire, pour prouver l’écart du niveau de culture des aristocrates de l’un etl’autre pays, le poème qu’un jeune seigneur anglais lui a transmis, après qu’ila visité la France et l’Italie.

 

Vingt-et-unième lettre

Voltaire s’attarde sur les œuvres du Comte deRochester et de M. Waller, tous les deux poètes britanniques. Toujours dans lebut de prouver les qualités de leurs compositions, l’auteur propose un certainnombre de traductions de leurs textes.

 

Vingt-deuxième lettre

Voltaire évoque l’œuvre de Pope et Swift – ilpense que ce dernier est digne de Rabelais, et même supérieur à Rabelais, caril ajoute à son inventivité le bon goût.

 

Vingt-troisième lettre

Voltaire montre qu’en Angleterre on n’accordepas du tout la même valeur à la littérature qu’en France, eu égard au fait quele gouvernement anglais lui consacre peu d’argent, tandis qu’il en consacreénormément à la consécration de Newton et aux funérailles de la comédienne MlleOldfield.

 

Vingt-quatrième lettre

Voltaire compare le système anglais et lesystème français des académies. Il conclut que l’Académie des sciencesfrançaise est plus performante que son équivalente anglaise (cette dernière estpeu efficace, selon Voltaire, car elle est dépourvue de règles et ne prometaucune récompense à ceux qui font avancer la recherche), tandis que l’Académiedes lettres est bien plus efficace en Angleterre (Voltaire reproche aux académiciensfrançais de mal employer leur temps, notamment de ne pas travailler à laréédition des grandes œuvres françaises, purgées de leurs fautes de langue).


Vingt-cinquième lettre

Cette dernière lettre rompt avec le reste durecueil. Voltaire n’y évoque plus ses découvertes britanniques, mais s’attardelonguement (de fait, c’est la plus longue lettre du recueil) sur les Penséesde Pascal, qu’il critique rigoureusement, point par point. Cette critiquene s’inscrit pas dans une démarche de remise en cause totale de la pensée pascalienne– Voltaire considère que si Pascal avait eu le temps de terminer son recueil,il l’aurait largement corrigé. Ce long commentaire de l’œuvre pascalienne enclôture d’un recueil consacré à des problématiques sans lien direct peut avoirun rôle symbolique : d’une part, Voltaire affirme prendre le parti del’humanité contre la misanthropie de Pascal, ce qui résume en quelque sorte ladémarche de l’essai, qui oppose à un certain pessimisme renfermé une ouvertureà l’altérité tout optimiste ; d’autre part, il se peut que ce faisant, Voltaireavoue à demi-mot l’influence de Pascal écrivain sur sa façon d’envisager letexte – et il est manifeste que ces Lettres philosophiques sontinspirées des Provinciales.

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