Maître et serviteur

par

La cupidité

Dans Maître et serviteur, la cupidité est personnifiée par Vassili Andréitch. Il est cupide, espiègle et malhonnête. Son caractère peu enviable transparaît aisément dans la relation qu’il entretient avec son entourage notamment Nikita, un de ses employés. Ce dernier reçoit moins de la moitié du salaire qu’il est censé percevoir : « Au lieu des quatre-vingts roubles par an qu’un travailleur comme lui valait bien, il ne lui en donnait que quarante, et encore irrégulièrement payés, par menus acomptes, et non pas en argent pour la plupart du temps, mais en marchandises estimées bien au-dessus de leur valeur. » Cet état de choses dénote le caractère aliénant du travail de Nikita qui n’est pas payé à la mesure de son travail.

Vassili se plaît à traiter ses employés de manière avilissante. Il est conscient de sa duperie mais essaye tout de même de justifier sa malice en prétextant que Nikita est un membre de sa famille. Il va même jusqu’à prétendre qu’il assiste son employé dans les moments difficiles : « Est-ce qu’il y a des conventions entre nous? disait-il à Nikita. Tu as besoin, prends. Tu payeras par ton travail. Chez moi, ce n’est pas comme chez les autres: attendre qu’on fasse les comptes, et par là-dessus les amendes ! […] Moi, je vais tout bonnement et honnêtement. Tu me sers, je ne t’abandonne pas. Tu es dans le besoin, je te viens en aide. »

La cupidité de Vassili est également visible dans la principale intrigue de l’œuvre : l’achat du bois. Vassili est prêt à mettre sa vie en péril afin de conclure cet achat. En effet, ce bois, il est sur le point de l’acquérir à un prix bien en dessous de sa valeur réelle. Pensant faire une bonne affaire, il se lance dans une violente tempête malgré l’appréhension de Nikita qui, au cours du voyage, se rend à l’évidence : le voyage est périlleux. Nikita supplie son maître de rebrousser chemin mais Vassili s’obstine. Même la fatigue de son cheval, épuisé par les intempéries et surtout le froid infernal ne le fait pas revenir sur sa décision. Le pauvre cheval finit par buter et tomber : « Le cheval était visiblement fatigué, couvert d’écume et engivré de sueur. Il allait au pas. Tout à coup, il buta et glissa dans une fondrière ». Malgré l’épuisement de la bête, Vassili Andréitch persiste et ordonne à Nikita de malmener le cheval : « Fouette toujours ! Nous arriverons bien quelque part. » La cupidité de Vassili est évidente et constitue un des moteurs de l’intrigue.

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