Maître et serviteur

par

La mort et la rédemption

Le troisième thème est celui de la mort et la rédemption. Vassili prie afin que le temps très pluvieux s’améliore. Il poursuit le gain en mettant en danger sa vie et en compromettant l’avenir de sa famille. La vie de Nikita, son employé ou plutôt son esclave, ne le préoccupe pas. Vassili Andréitch, avare et épris d’argent ne pense qu’à ses biens. Malmené par la neige et aux portes de la mort, il ne pense qu’à ses possessions : « Le bois, le magasin, les cabarets, les fermes, qu’est-ce que tout cela va devenir ?… Quoi donc ?… Cela ne peut pas être » Tout ce qui préoccupe Vassili ce sont ses biens matériels, même son épouse aimante et enceinte ne figure pas dans ses dernières pensées. Il tient à vivre, non pas pour sa famille, mais pour ses biens. Il se met à prier la Sainte Vierge et Saint Nicolas: « Il se mit à prier ce même Nicolas le Thaumaturge de le sauver, lui promit un Te Deum et de brûler des cierges en son honneur. » Il est clair que même proche de la mort, l’homme d’affaires en lui reste très présent, toujours prêt à marchander, à négocier. Au lieu de se repentir sincèrement, Vassili Andréitch essaie de négocier sa vie avec les cieux.

Paradoxalement, il semblerait que confronté à la mort, il subsiste une once d’humanité dans cet homme au caractère méprisable. En effet, voyant Nikita mourant, il est pris de remords et se met à réchauffer Nikita. Cette image de Vassili est en opposition avec celle montrée jusque-là. On voit un Vassili soucieux de son « moujik » (paysan russe) : « […] de réchauffer le moujik qui était sous lui ».  Il se réjouit même que Nikita soit en vie, et qu’ils aient tous deux survécus à cette nuit : « Nikita est vivant, je suis donc vivant aussi ! »

En définitive, nous pouvons dire que notre oeuvre, malgré sa complexité apparente, enseigne des leçons claires. Tolstoï y dépeint l’éternel insatisfait et les vraies valeurs de la vie. 

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