Manifeste du Parti communiste

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Résumé

Le Manifeste du Parti communiste (Manifest der Kommunistischen Partei) est un écrit majeur de la philosophie économique et sociale du XIXe siècle. Les points de vue qui y sont développés ont eu une influence prépondérante sur la pensée économique et plus généralement sur l'Histoire.

 

Le texte du Manifeste du Parti Communiste est un travail de commande ; c'est la Ligue des communistes qui en fait la demande. Il est rédigé par Marx et Engels à partir des textes et discussions qui y sont nés.

Il paraît d'abord sous le titre qu'on lui connaît aujourd'hui, mais de façon anonyme. Il sera ensuite publié sous le titre de Manifeste communiste, en mentionnant cette fois le nom des auteurs.

Outre la contribution de la Ligue des communistes, on y perçoit nettement l'influence de la pensée du philosophe socialiste français Victor Considerant.

Le texte final ne sera jamais remanié par les auteurs, bien que Marx le considère, dans la préface qu'il rédige pour l'édition de 1872, comme dépassé en ce qui concerne quelques aspects : plus de vingt ans ont en effet passé depuis sa rédaction.

 

Le texte évoque d'abord la lutte des classes, lutte ancienne qui a pris diverses formes mais dont le fondement reste le même : oppresseurs contre opprimés, ces derniers formant la majorité de la population, dominée économiquement et socialement par les oppresseurs.

En Europe, la société ancienne des régimes féodaux ou basés sur la domination d'une aristocratie a laissé place à une nouvelle société, basée sur la domination de la bourgeoisie (qui possède les moyens de production et d'échange, ce qui est la base du capitalisme). La lutte des classes qui existait autrefois entre aristocratie et paysans a donc simplement été remplacée par la lutte entre bourgeois et prolétaires.

 

Suit le constat suivant : les espaces commerciaux d'autrefois, localisés et circonscrits, ont disparu au profit d'un marché mondial qui ne connaît pas de frontières. En effet, l'expansion permanente des marchés et leur interdépendance pousse à l'effacement de ces frontières, au profit d'échanges libres géographiquement. On trouve donc dans le Manifeste la description de la mondialisation. Ce nouvel état des choses déplaît aux maîtres d'autrefois, désignés sous le nom de « réactionnaires », puisque la base nationale du commerce a disparu.

Si l'apparition et le développement du capitalisme peuvent être vus comme un progrès, puisque tout un chacun peut devenir capitaliste, du moins en théorie, il n'en demeure pas moins qu'une partie de la population – les prolétaires, qui sont ceux qui ne possèdent que leur force de travail et se trouvent donc dépendants du salariat – ne peut avoir accès aux moyens de production et d'échange. L'évolution ne sera donc achevée que quand la majorité, c'est-à-dire le prolétariat, aura mis fin au règne de la bourgeoisie.

 

Selon Marx, le prolétariat non plus ne connaît pas de patrie, et la lutte des classes, comme le développement du commerce et du capital, doit faire fi des frontières. L'objectif final est donc de mettre fin au règne du capital partout dans le monde.

 

Arrive alors une description de ce qu'est le communisme, qui n'est pas, selon Marx et Engels, la théorisation de principes inventés par un théoricien (comme Saint-Simon ou Fourier). Il s'agit de l'expression de la réalité, des conditions de la lutte des classes telle qu'elle existe dans les faits, et telle qu'on peut l’observer.

 

L'ennemi du prolétaire, c'est donc le bourgeois, propriétaire des moyens de production et d'échange. Marx et Engels réfutent un à un les éventuels arguments des bourgeois contre le communisme, car celui-ci est évidemment perçu comme une remise en cause des fondements de la société occidentale de l'époque : la famille, la liberté et surtout la propriété (déjà remise en cause par Proudhon dans Qu'est-ce-que la propriété ? en 1840). Le prolétariat doit donc rompre avec l'idéologie bourgeoise, remettre en cause le principe du salariat et s'unir au niveau international.

 

La troisième partie du livre examine un à un les courants socialistes de l'époque, et explique pourquoi la solution réside dans le communisme, plus radical, moins prêt aux compromissions avec le capital, en deux mots : moins bourgeois que le socialisme. Le socialisme est devenu, aux yeux des communistes, respectable et trop proche des théories mutualistes qui fleurent parfois le paternalisme.

 

Enfin, dans sa dernière partie, le Manifeste tente de définir les perspectives possibles du mouvement communiste. Ces prévisions seront d'ailleurs bientôt mises à l'épreuve de l'Histoire avec les mouvements révolutionnaires de 1848, mais surtout avec l'expérience, en 1871, de la Commune de Paris, aventure unique à cette échelle, et qui fut étouffée et réprimée de la plus sanglante façon par les fondateurs de la future Troisième République, qui fut bourgeoise par excellence.

 

La conclusion de ce texte visionnaire et fondamental est connue ; proclamation adoptée par la Ligue communiste plusieurs mois plus tôt, le Manifeste va donner un écho mondial à cette phrase qui clôt l'ouvrage et qui résonne encore de nos jours : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

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