Manifeste du Parti communiste

par

Des prolétaires et des communistes

Les thèses les plus importantes développées dans cechapitre sont des réponses de Marx à la critique faite par les bourgeois dumodèle communiste.

La première critique à laquelle Marx répond est quel’abolition de toute propriété privée détruirait les fondements de la libertépersonnelle, de l’activité et de l’indépendance. Plutôt que de battre en brèchecette critique, Marx choisit de montrer que le modèle bourgeois ne confèreaucune propriété au travailleur. Cette déclaration ne semble pas répondre à lacritique, mais laisse le champ ouvert à des suggestions comme celle selon laquellele travailleur devrait simplement être plus rémunéré pour son travail.L’inégalité dans la distribution des richesses est-elle en soi un motifsuffisant pour abolir toute propriété privée ?

« Le prix moyendu travail salarié, c’est le minimum du salaire, c’est-à-dire la somme desmoyens de subsistance nécessaires pour maintenir en vie l’ouvrier en tantqu’ouvrier. Par conséquent, ce que l’ouvrier salarié s’approprie par sonactivité est tout juste suffisant pour reproduire sa vie ramenée à sa plus simpleexpression. Nous ne voulons en aucune façon abolir cette appropriationpersonnelle des produits du travail indispensable à la reproduction de la viedu lendemain, cette appropriation ne laissant aucun profit net qui pourraitconférer un pouvoir sur le travail d’autrui. Ce que nous voulons, c’estsupprimer le caractère misérable de cette appropriation qui fait que l’ouvrierne vit que pour accroître le capital, et ne vit qu’autant que l’exigent lesintérêts de la classe dominante. »

La force des arguments de Marx repose dans sa suppositionque les conditions nécessaires à l’existence de la bourgeoisie est lanon-existence de propriété pour la grande majorité de la société. Ainsi, lesbourgeois échoueront parce qu’ils doivent créer une classe d’exploités. Lesindividus sont définis par leur classe et en tant que tels, ils ne sont que desinstruments de la destinée de leur classe. De plus, Marx défend la thèse selonlaquelle le travail de l’ouvrier devrait être orienté vers une amélioration dela vie de l’ouvrier et non vers l’accumulation de capital. En effet, ce pointde vue résume la position de Marx vis-à-vis de l’économie. L’ouvrier devraitêtre en mesure d’accumuler son propre capital, ce qui implique que le salairesoit plus important que le strict minimum.

Le reproche fondamental que Marx adresse au capitalisme setrouve à un niveau moral. Il pense qu’un système basé sur l’échange de lamonnaie entraîne une réification de l’homme. En tant qu’humains, nous sommesdonc définis par ce qu’est notre labeur. Lorsque l’objet de notre labeur nousest échangé contre de l’argent, nous perdons une part de nous-mêmes, il y aaliénation de l’essence humaine. Ceci nuit à notre sentiment d’appartenance entant que race et nous rend vulnérables à l’esclavage du monde extérieur. C’estle reproche fondamental de Marx et c’est encore la thèse qui sous-tendl’entièreté de son argumentation.

« Dès l’instantque le travail ne peut plus être converti en capital, en argent, en rentefoncière, bref en pouvoir social susceptible d’être monopolisé, c’est-à-diredès que la propriété individuelle ne peut plus se transformer en propriétébourgeoise, vous déclarez que l’individu est supprimé. »

L’éducation est une préparation à l’intégration dans la viesociale. Son but est de séparer le bon grain de l’ivraie, et bien quel’éducation bourgeoise n’ait pas le caractère politique explicite proposé parl’éducation communiste, elle n’en est pas moins politique par nature. En tantqu’instrument politique de la bourgeoisie, l’éducation s’opposerait donc àl’alternative communiste proposée.

La globalisation a subi une opposition farouche dessyndicats qui recherchent la sécurité du travail et non une révolution. Marxstipule que de tels travailleurs n’ont pas acquis une réelle conscience declasse. L’assimilation par Marx de la cause communiste à la globalisationsemble toutefois différer quelque peu du réel désir de l’ouvrier. Lesrébellions visaient en effet à garantir le droit au travail et non à renverserl’intégralité du système.

En conclusion, le prolétariat donnerait naissance à unesociété sans classes qui serait purgée des contradictions et des tares dumodèle capitaliste bourgeois.

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