Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

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Résumé

Dans les années 1930, la petite ville deMaycomb sommeille doucement dans la chaleur moite de l’Alabama. Des Blancsaisés et paisibles, attachés à leur mode de vie et fiers de leurs ancêtres, y viventaux côtés d’autres Blancs, pauvres, ruraux, et aux moyens de subsistanceparfois illégaux ; et, tout au bas de l’échelle sociale, pauvre et humble,la population noire. C’est là que grandissent Scout, fillette de six ans etnarratrice du roman, et son frère Jem, plus âgé. Orphelins de mère, ils sontles enfants d’Atticus Finch, avocat tranquille qui les élève seul avec l’aidede Calpurnia, domestique noire qu’il considère comme un membre de la famille.Atticus exerce une autorité calme et sereine sur ses enfants, qu’il traitecomme deux êtres raisonnables et non comme d’irresponsables petits animauxqu’il faut dresser selon des codes sociaux. Aussi Scout et Jem jouissent-ilsd’une liberté de parole et de mouvement que peu de leurs camaradespartagent : s’ils appellent leur père Monsieur, selon la coutume, ilsl’appellent aussi par son prénom, l’interrogent sans crainte, n’hésitent jamaisà demander une explication.

Un jour, Scout et Jem font la connaissance deDill, garçonnet frêle, atypique, qui vient passer l’été à Maycomb. Les journéesse passent en jeux, leur préféré étant d’observer une maison, la résidenceRadley, où vit Boo Radley, un homme que son père aurait enfermé à la suited’une sottise d’adolescent, et qui n’aurait plus jamais vu la lumière du jour.Boo existe, il s’appelle Arthur, et effectivement, il ne quitte jamais lamaison. L’imagination des trois enfants le transforme en croquemitaine quihante leurs rêves et leurs jeux, même quand arrive le temps de l’école. C’estla première année d’école pour Scout, qui sait déjà lire et écrire : commeJem, c’est une enfant brillante. Pour se rendre à l’école, Scout et Jem passentdevant la résidence Radley, et trouvent de menus objets dissimulés dans lecreux d’un arbre. Ils comprennent bientôt que ces babioles sont de petitscadeaux qui leur sont destinés. Auraient-ils un ami secret ? Peut-êtrecelui qui, un soir où Jem s’était introduit sur la propriété des Radley, avaittiré Jem d’un bien mauvais pas : le garçon avait essuyé un coup de fusilde la part du maître des lieux, Nathan, frère de Boo, et il avait déchiré etabandonné son pantalon dans sa fuite à travers les barbelés, pantalon qu’il avaitretrouvé le lendemain soigneusement recousu et plié. Jem comprend que c’est Booqui leur offre ces petits présents, et qu’il lui a rendu un grand service cefameux soir.

L’école, les jeux, tout cela occupe la vie deScout. Les années passent, Dill revient chaque été, Jem grandit et mûrit, et lemonde des adultes semble bien étrange à la petite fille, qui se refuse àressembler au modèle que nombre de grandes personnes voudraient luiimposer : être mignonne et bien sage, porter jupons et robe. Heureusement,Atticus ne veut rien de tel. Quand vient la fête de Noël, il offre à chacun deses enfants un petit fusil et ne leur donne que deux consignes : ne jamaispointer l’arme sur quelqu’un, et ne jamais abattre ces petits oiseaux qu’onappelle les oiseaux moqueurs : ils ne sont là que pour chanter, et ne fontde mal à personne. C’est un péché de tuer un oiseau moqueur.

Scout aimerait avoir un papa dont ellepourrait vanter les mérites : en effet, Atticus ne fait rien de bienspectaculaire, il est « vieux » – c’est un quadragénaire –, et secontente d’aller travailler le matin et de lire son journal le soir. Jusqu’à cejour de février où la terreur se répand dans la rue : un chien enragétitube entre les maisons. Le shérif Heck appelle Atticus, qui s’empare del’arme du policier, et, d’un unique coup de feu, abat l’animal. Scout découvrece que tous savaient : son père est le meilleur tireur de la région. Nonseulement il ne s’en était jamais vanté, mais il ne porte jamais d’arme.

En 1935, un crime est commis dans la petiteville : un Noir du nom de Tom Robinson est accusé d’avoir violé une jeunefille blanche, Mayela Ewell, fille de Bob Ewell, un alcoolique violent,individu de sac et de corde vivant d’expédients et de rapines, à la tête d’unetribu d’enfants sales et mal élevés, qui habite une maison en bordure d’undépôt d’ordures. La ville est scandalisée quand Atticus Finch accepte dedéfendre Tom Robinson. On reproche à Atticus « d’aimer les nègres ».Bien qu’elle n’en comprenne pas le sens, la phrase blesse Scout, et elle se batavec les auteurs d’insultes à l’école, jusqu’à ce que son père lui fassepromettre de ne plus se battre en son nom. La sœur d’Atticus, tante Alexandra,vient habiter avec la famille au moment du procès, et essaie – en vain – detransformer Scout en une petite fille modèle. La veille de l’ouverture duprocès, un groupe d’hommes décidés à lyncher Tom se présente à la prison ;Atticus les attend, leur parle, et quand Scout, inconsciente du danger, surgitdevant le groupe menaçant, elle parle gentiment aux brutes, et aide son père àconvaincre ces hommes de tourner les talons.

Puis c’est le grand jour. Maycomb s’esttransformée en un champ de foire, toute la population blanche est venueassister à la condamnation à mort de Tom Robinson, car l’issue du procès nefait aucun doute, ni pour les Blancs qui crient vengeance, ni pour les Noirs,résignés. Quand s’ouvre le procès, les enfants se glissent dans le tribunal ets’installent au balcon, parmi la population noire. Or, Atticus va prouverl’innocence de Tom : il interroge d’abord Bob Ewell, dont il montre lanature perverse et infâme, puis il démonte le témoignage de Mayela : eneffet, Tom, dont un bras se trouve atrophié à la suite d’un accident, nepouvait la maîtriser et en abuser. Malgré cela, Tom est condamné, pas à lachaise électrique mais à la prison à perpétuité. Jem, qui était persuadé queTom serait acquitté, est cruellement déçu. Atticus lui explique que lasituation n’est pas si sombre : pour la première fois, un jury blanc apris du temps avant de condamner un Noir, et ne lui a pas infligé la peinemaximale. Quant au père de Mayela, qu’Atticus a humilié à la barre, il menaceouvertement la vie de ceux qui, d’après lui, l’ont mal traité : le juge,et Atticus. Ce dernier balaie ces menaces d’un revers de main et invite sesenfants à vivre comme auparavant, sans crainte.

L’ignoble individu va pourtant s’attaquer auxenfants d’Atticus : le soir d’Halloween, il les suit dans la pénombre ettente de les poignarder. Dans la lutte, Jem a le bras cassé, et Scout s’en sortpar miracle : quelqu’un leur est venu en aide et a porté Jem inconscient jusqu’àla maison d’Atticus. Bob Ewell est mort : il a trébuché sur une racine ets’est poignardé tout seul – telle est du moins l’explication du shérif Heck. Lebon samaritain, discret et effacé, c’est Boo Radley. Scout rencontre soncroquemitaine, pour l’unique fois de sa vie, et découvre que Boo, comme TomRobinson, est un oiseau moqueur, un être innocent que les hommes ont abattu. Ilest temps pour Scout de quitter l’enfance et d’entrer dans le monde complexe etparfois obscur des adultes.

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