Oh, boy!

par

Un roman poignant et contemporain

Dans son roman, Marie-Aude Murail aborde divers sujets complexes et difficiles.

Tout d'abord, elle parle de maladies graves. Ici, ce sujet est abordé par le biais de l'aîné des Morlevent, Siméon qui est atteint de leucémie. Le sujet de la leucémie est un sujet souvent taboue et dont on ne sait finalement pas grand-chose. Les personnes atteintes finissent d'ailleurs par perdre leur identité : on ne les appelle plus comme des personnes, ils ne sont plus que des « cancéreux ». Le cancer frappe au hasard, c'est en cela qu'il fait peur ; il n'existe pas de « justice ». La plupart des cancers ont un haut taux de mortalité.

La leucémie est un cancer des cellules de la moelle osseuse qui se traite par chimiothérapie, de manière assez longue en hôpital. Cette maladie est grave, le plus souvent entraînant une mort lente et douloureuse. Les globules rouges sont en baisse, entraînant une anémie, des tâches peuvent se former, comme chez Siméon : ce sont des leucémides. D'autres symptômes encore peuvent apparaître. De plus les traitements sont très lourds : on constate une perte des cheveux, un besoin important de transfusion, une faiblesse du corps, etc.

On le voit d'ailleurs dans ce roman en suivant l'effort que doit fournir Siméon pour travailler son baccalauréat : il est alité et tous ses cours lui sont apportés par son grand-frère.

Autre thème important, la mort. Non seulement celle possible de Siméon mais aussi celle de leur mère. La mort est ici un sujet dont on parle peu dans la famille, la preuve en est faite à travers le secret qu'il règne sur la mort de Catherine, leur mère. On a préféré faire passer son suicide en accident, ce qui est mieux accepté auprès des gens et dans les esprits. En effet, une femme qui abandonne ses enfants n'est jamais bien considérée. Un jugement hâtif est souvent porté : on émet son avis sans connaître les raisons qui peuvent pousser quelqu'un au suicide. Ainsi, l'auteur soulève un problème réel et actuel de notre société, celle de la peur du regard des autres, regards qui nous jugent sans nous connaître. La société exige de tous une perfection que nous ne pouvons atteindre : il faudrait être heureux au travail, en amour, en famille, … Or cela n'est pas réalisable. Se donner la mort est une preuve flagrante d'échec, c'est montrer que l'on n'a pas su remonter la pente et au regard de la société, cela n'est pas admissible. C'est ainsi donc que les suicides sont cachés, tel un secret honteux alors qu'il n'y a aucune raison à cela. Ce livre permet donc à Marie-Aude Murail de soulever des questions et de faire réfléchir son lecteur.

Enfin, le sujet très sensible de l'homosexualité et de l'adoption, qui fait débat depuis quelques années : ici, Barthélémy est un jeune homosexuel qui cherche à adopter ses demi-frères et sœurs qui se retrouvent sans foyer. Ces enfants sont dans une situation délicate car ils ont perdu leurs parents et n'ont que deux parents éloignés, Josiane et Barthélémy, qui ne veulent pas d'eux au départ. Peu à peu, les liens se resserrent et une bataille s'en suit pour la garde des enfants. Pour avoir une chance de l'obtenir, Barthélémy est obligé de se cacher, de mentir sur son orientation sexuelle. Le fait qu'il soit homosexuel empêcherait l'adoption. C'est ainsi qu'il fait passer Aîmée, sa voisine pour sa femme. Or ici, ces enfants ont besoin d'un foyer, et peu importe l'orientation sexuelle de l'adoptant, cela ne le rend pas plus ou moins responsable et aimant. Ce problème vis à vis de l'homosexualité est un frein pour les couples voulant fonder une famille et pour les enfants en quête d'une maison.

Marie-Aude Murail aborde donc des thèmes difficiles mais très actuels, assez variés, qui malgré le ton humoristique du récit font beaucoup réfléchir à propos de thème que l'on aborde peu. Elle donne ici son avis de manière très discrète, ne se plaçant pas comme moralisatrice mais comme soutien à la réflexion sur des choses qui nous entourent.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Un roman poignant et contemporain >