Oh ! Les beaux jours

par

La mort du langage?

Comme dans toutes les pièces de théâtres de Beckett, le langage dans Oh ! Les beaux jours semble en crise. Il s’agit là aussi d’une caractéristique de l’absurde. L’absurde, comme courant philosophique et littéraire traduit une idée de perpétuel recommencement. Cette idée de perpétuel recommencement ne naît pas ex-nihilo car elle s’inspire de la vie. En effet, chaque époque a son fléau et chaque siècle son mal, à croire que même si le temps passe, les choses, elles, ne changent pas vraiment mais se répètent plutôt, inlassablement. En d’autres termes, même si le temps passe, rien ne change au fond. C’est cette vision qu’Albert Camus présente dans Le Mythe de Sisyphe, lorsqu’il déroule « la chaîne de nos gestes quotidiens : “lever, tramway, quatre heures de bureau ou d'usine, repas, tramway, quatre heures de travail, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme...”. De même, toutes les nuits Estragon est battu, tous les soirs il vient attendre Godot en compagnie de Vladimir, « depuis cinquante ans » (En attendant Godot, 50). Winnie dans notre corpus répète inlassablement les mêmes gestes : se brosser les dents, se mettre du rouge à lèvres, mettre et enlever ses lunettes… L'absence de changement est la caractéristique même de l'absurde. Cette absence de changement se manifeste aussi à travers la crise du langage car celui-ci devient monotone et répétitif. Dans notre corpus, il existe plusieurs occurrences : « oh le beau jour » ou encore « comme c’est merveilleux » (segments constamment répétés par Winnie).

Cette crise du langage est surtout visible à travers les didascalies. Ces indications sont d’une importance...

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Dissertation à propos de Oh ! Les beaux jours