Pawana

par

Souvenirs, mémoire, regrets : la leçon permise par le regard sur le passé

Le récit est construit à partir des souvenirs alternés de John Nantucket et du capitaine, qui abordent les événements d’une manière différente plusieurs décennies après. Pour l’un, il s’agit de raconter une sorte de fable mettant en valeur une morale, propre à exposer la violence, la brutalité et l’inhumanité des hommes. Pour l’autre, il s’agit d’une forme d’élégie, un récit teinté de la mélancolie et de la beauté d’un passé révolu. Les deux hommes ont des regrets lorsqu’ils se rendent compte de ce qu’ils ont fait, détruit, transformé à jamais : « En ce temps-là, les baleines croisaient dans le canal entre Nantucket et le cap Cod, elles étaient si nombreuses qu’elles formaient comme une ombre noire sur la mer, avec les jets de vapeur qui jaillissaient au-dessus d’elles. Le vieux imitait pour nous le cri de l’homme de vigie, quand il apercevait le troupeau des baleines : “Awaité pawana !…” En ce temps-là, tous les marins chasseurs de baleines étaient des Indiens de Nantucket, tous parlaient le nattick. »

John ne reconnaît même pas l’endroit où ils ont passé ce mois à chasser les baleines, cette lagune autrefois si belle et porteuse de tant de promesses. Tout est à présent détruit : la nature est dévastée, l’eau désertée, les arbres déracinés, les animaux enfuis : « Nous n’avions plus d’âme, je crois, nous ne savions plus rien de la beauté du monde ». Tout cela par la faute de l’homme, qui a littéralement rayé de la carte ce que la nature avait là de simple et beau, dans sa quête de croissance et de profit.

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