Poèmes antiques et modernes

par

Livre moderne

            – « Dolorida » : Vigny cède ici au goût espagnol très en vogue à son époque et raconte l’histoire de Dolorida, une épouse espagnole amoureuse et délaissée par un mari adultère. On attend une nuit avec elle le retour de l’homme et quand il revient il annonce qu’il est en train de mourir. Dolorida est stoïque. On découvre à la fin que c’est elle qui l’a empoisonné, et elle boit ce qui lui reste du poison face à son mari moribond.

            – « Le Malheur » : dans ce poème, Vigny ne raconte pas d’histoire et ne décrit rien. Pour la première fois, sa poésie est abstraite. Il parle du Malheur, poétiquement, en le personnifiant, en le transformant en rôdeur qui attend patiemment pour s’abattre.

            – « La Prison » : on assiste au dialogue entre un mourant et un prêtre. Le mourant, apeuré, formule de nombreux doutes à l’égard de Dieu et du salut. Le religieux, pourtant, se laisse attendrir par le mourant et regrette, dans un dernier mouvement, de le voir mourir.

            – « Madame de Soubise » : Vigny narre les funestes aventures de la dame éponyme du poème, laquelle se marie à un homme qui meurt dans l’instant. Devenue duchesse, elle ne résiste pas longtemps au souvenir des horreurs qu’elle a vues et meurt de chagrin à vingt ans.

            – « La Neige » : Vigny fait une évocation nostalgique de la neige, des « histoires du temps passé ». Le caractère visiblement doux de l’accroche, répété en conclusion, se mue, au fil des mots, en amertume.

            – « Le Cor » : Vigny s’arrête sur le motif du cor dont la musique annonce la mort d’un personnage important. Il raconte de fait l’histoire de Roland, neveu de Charlemagne, qui sonna le cor quelques secondes avant sa mort. Ce cor serait-il une métaphore de la poésie de la même manière que les poètes associent souvent leur art à la musique ? La poésie serait ce qui nous rappelle notre mortalité ?

            – « Le Bal » : C’est en tout cas le geste qu’accomplit immédiatement Vigny avec ce nouveau poème. L’évocation du bal, où les jeunes filles endimanchées s’agglutinent, est un prétexte à rappeler le passage implacable du temps dans une strophe ultime. Ces « légères beautés » bientôt connaîtront la « morose vieillesse ». Sur ce point, le poème fait penser aux œuvres les plus fameuses de Ronsard, qui explique à son Hélène qui ne veut pas céder qu’elle ferait mieux de s’offrir et de profiter de ses charmes car la jeunesse ne dure pas.

            – « Le Trappiste » : dans un décor à nouveau espagnol, un personnage terrible nommé Le Trappiste et affublé des attributs de Jésus Christ vient rappeler les hommes à leurs devoirs. Ce rappel concerne tous les hommes, y compris les rois. Les rois essaient de répliquer et de fuir, en vain. La mort n’est pas discutable.

            – « La Frégate “La Sérieuse” » : c’est le capitaine de la frégate qui s’exprime ; il loue les qualités de son bateau, le personnifie, le divinise. Tout cela pour en venir au triste constat qu’aujourd’hui sa frégate est détruite et qu’il ne pourra plus jamais voguer à son bord comme il aimait tant le faire.

            – « Les Amants de Montmorency » : Vigny s’interroge sur ces jeunes amants qui se mirent à l’écart pendant plusieurs jours – pour s’aimer ? oui, un peu – mais surtout pour se tuer. Mais n’est-ce pas finalement ainsi que les petites amours – à l’instar de celles de Roméo et Juliette – deviennent grandes ?

            – « Paris » : ce poème conclusif, en décrivant un Paris étrange et noir, opère une synthèse du recueil.

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