Rigodon

par

La fin d'une trilogie

Ce roman, mêlant une bonne part autobiographique – l'expérience propre de Céline – à la fiction rejoint les autres romans précédents de l'écrivain, qui avait déjà adopté ce mode de récit pour le fond de ses œuvres. Ainsi Rigodon constitue la fin d'une trilogie, la '' trilogie allemande '', intitulée ainsi car faisant état de la situation du pays suite aux deux guerres mondiales. Rigodon qui était précédé par le Voyage au bout de la nuit en dehors de cette trilogie, fut donc précédé dans cette trilogie de Nord et d'Un château à l'autre. L'action reprend en effet là où celle de Nord s'était arrêtée. Par ailleurs l'auteur fait de nombreuses allusions à ces romans passés, comme un analyste qui reprend des éléments d'une œuvre, ou comme un homme qui se remémore des éléments de sa mémoire, qu'il a déjà retranscrit dans l'écriture. C'est ainsi que l'éditeur qui publiera ces trois œuvres aux éditions La Pléiade (collection prestigieuse, ce qui fut refusé à Céline au départ) indique d'ailleurs '' ces trois romans, n'en font presque qu'un seul '', révélant ce lien entre eux.

Ce roman, la fin d'une trilogie est aussi un bilan de Céline, qui sentait sa fin proche, cette œuvre devant être sa dernière, il craignait même de ne jamais l'achever, dans cette tentative du souvenir : "Je divague, je vais vous perdre, mais c'est l'instinct que je ne sais pas si je finirai jamais ce livre. On a qu'une vie c'est pas beaucoup, surtout moi mon cas que je sens les Parques me gratter le fil, et comme s'amuser. oui !. joujou !" D'ailleurs nombreux sont ceux qui estiment que ce roman est inachevé car relativement court, et également parce que les 7 années passées au Danemark (dont 14 mois en prison) auraient pu faire l'objet d'un roman.

Dans cette optique de '' testament littéraire '' rédigé en l'espace de 18 mois (terminé quelques jours avant sa mort, voire selon certains le jour même) Céline a pris soin de finir son œuvre par des éléments qui permettraient de le disculper d'antisémitisme dont il était taxé, et de le réhabiliter pour la postérité, éléments complétés par une lettre envoyée à son propre avocat Maitre Naud en parallèle.

Ce roman est donc la fin d'une trilogie, la fin d'une œuvre, et le testament littéraire d'un auteur qui savait qu'il allait mourir bientôt.

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