Sido

par

Une enfance unique marquée par l’amour de la nature

Colette a grandi dans une famille heureuse aux côtés desa mère. Elle doit à cette dernière tout ce qu’elle sait de la nature ainsi quel’amour qu’elle lui porte. Colette décrit l’environnement dans lequel elle agrandi avec tellement de passion et de précision que le lecteur est susceptiblede ressentir lui-même cet attachement avec la nature. L’intensité du propos etla manière dont elle appuie sur des détails nous donnent l’impression qu’elleressent quelque nostalgie.

Par exemple, elle raconte comment elle avait l’habitudede se lever de très bonne heure, plus tôt que la majorité des enfants duquartier (ce qui d’après elle lui donnait une certaine supériorité sur eux),pour aller cueillir des fruits et des baies dans la forêt. Par la mêmeoccasion, elle profitait du caractère paisible de la nuit. À trois heures etdemie du matin tout était calme et sans danger ; et c’est à ce momentprécis qu’elle-même prenait conscience de son « état de grâceindicible » et de sa « connivence avec le premier souffleaccouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par sonéclosion… » Ainsi se sentait-elle privilégiée de pouvoir être lapremière à admirer ces merveilles. Elle décrit la nature comme un véritableparadis, un Éden qu’elle seule habite ; le jardin est comme magique, illui offre toute la stabilité dont elle pense avoir besoin : « notrejardin où les enfants ne se battaient point, où bêtes et gens s’exprimaientavec douceur, un jardin où, trente années durant, un mari et une femme vécurentsans élever la voix l’un contre l’autre… ».

C’est également un paradis qu’elle ne veut point partager– « j’allais seule » –car non seulement elle y vit des moments paisibles uniques, mais elle y apprendégalement à se découvrir. Elle vit et expérimente la nature à l’aide de toutson corps : « le brouillard retenu par son poids baignait d’abordmes jambes, puis mon petit torse bien fait, atteignait mes lèvres, mes oreilleset mes narines plus sensibles que tout le reste de mon corps… ». Etces plaisirs d’enfant dans lesquels elle se laisse aller sont d’autant plusexcitants qu’elle les considère comme des missions. Elle se sent presque commeune héroïne qui part en expédition armée de deux paniers : « unpanier vide à chaque bras », en route vers les « terresmaraîchères qui se réfugiaient […] ».  Le fait qu’elle emploiele verbe « seréfugier » donne au lecteur l’impression qu’elle doit« découvrir » ces terres, ce qui lui donne ensuite l’impression d’unemission accomplie. 

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