Surveiller et punir

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Résumé

Surveiller et punir est un essai philosophique publié en 1975 ; c'est une des œuvres les plus célèbres de l'écrivain et philosophe Français Michel Foucault, dont la philosophie fut grandement inspirée de Nietzsche et de Heidegger.

L’œuvre est centrée sur le système judiciaire et plus précisément le droit pénal, qu’il critique avec les normes et le système mécanique qu’il applique. Il est aussi question du monde carcéral, de la prison. Plus globalement, sa pensée tourne autour des institutions et de la société, du pouvoir, et traite de la notion qu'il a créée de « subjectivation ».

On va ainsi naturellement retrouver dans l’ouvrage la notion de surveillance, puis celle de punition. Il rappelle, par des notions juridiques, que l'État dispose de ce que l'on appelle « le monopole de la violence », par le biais duquel il démontre sa force et sa puissance en décidant des punitions qu'il va infliger aux criminels ou aux délinquants.

Sous l'Ancien Régime, le corps avait une importance capitale, ce qui justifiait des punitions violentes, des peines proches de la torture, sur la place publique, pour que le peuple puisse voir ce que l'on fait aux délinquants et qu'il soit dissuadé d'agir de la même façon. La première partie de l'œuvre est d’ailleurs intitulée « Supplice », illustration de la manière dont l'état concevait son pouvoir, par la torture et la violence, les criminels devant souffrir pour leurs méfaits, conception qui peut se rapprocher de l'absolution des péchés par la souffrance physique et mentale.

D'ailleurs, la justice est rendue au nom du roi, qui est roi de droit divin, ce qui lie la justice et la morale de la société à la religion. Les crimes commis étaient considérés comme portant atteinte à l'intégrité du royaume mais surtout au roi, roi de France et non encore roi des Français, personnifiant l'État. Louis XIV dira d'ailleurs « l’État, c'est moi », ce qui illustre cette place centrale. La souffrance des délinquants est ainsi nécessaire pour réparer son méfait vis-à-vis du roi, dont la justice est plus forte que le mal. Tout cela était donc organisé et mis en scène sur la place publique, pour montrer à tout le monde la force de la justice et du droit de l'État.

Foucault évoque ensuite un grand penseur de droit pénal, Beccaria, qui publie à la fin du XIXe siècle Des délits et des peines, une œuvre prônant des peines utiles au délinquant et à la société, axée sur la fin des peines physiques et de la souffrance. Il admet toujours la peine de mort, qui ne sera abolie qu'en 1981, mais elle ne doit pas être mise en scène ni dure. Il s'oppose donc à la douleur. Par ailleurs Foucault cite de nombreuses fois Frédéric Gros et confronte sa pensée à sa thèse. Il discute la question de la peine de mort, délicate dans les années 1970, rappelle la dimension spectaculaire de ces exécutions, censées dissuader le peuple et les spectateurs venus observer.

La question qui se pose par la suite est celle de la discipline du peuple, autour du respect du droit, des règles et des mœurs, des normes de la société, qui s'imposent parfois de manière inconsciente à l'égard de tous. Cette discipline n'est pas évoquée qu'au niveau social global, mais aussi à celui des petites structures, comme les écoles ou les facultés. Il évoque par exemple la commission disciplinaire d'une faculté, capable de punir.

Dans la partie qui concerne les prisons et les punitions, Foucault explique que les sociétés dites modernes sont en réalité des sociétés qu'il appelle « disciplinaires », en montrant que la discipline ne vient pas d'une entité particulière et précise mais de partout, de tout. Chacun respecte des règles auxquelles tout le monde se plie. La discipline innerve ainsi tout, tout le monde, et lie même les institutions entre elles. Elle est le lien entre les membres d'une communauté, elle fait système et s'applique de façon quasi uniforme sans que l'on n'en prenne conscience.

Foucault questionne les rapports qu’entretiennent le citoyen avec la discipline inhérente à la société. Le délinquant ne doit plus être puni pour la vengeance de la société, ni même réparer, mais de façon éducative, en lui faisant comprendre pourquoi il y a des règles et quelle est leur nature. Il décrit cela comme un pacte entre tous, comme d'autres philosophes ont pu le décrire bien avant au sujet de la constitution d'une société, entre des hommes et des femmes qui s'assurent que chacun respectera ce pacte et suivra la loi de tous. Ce pacte n'est plus l'ennemi de la société mais de quelqu'un qui dévie, qui fait courir un risque à la société. La punition aura alors pour but de redresser les déviances et de remettre le délinquant dans le droit chemin, pour le bien de tous.

Foucault évoque la panoptique, qui est une façon de disposer les individus dans l'espace d’une façon optimale. Il invoque « le Panopticon de Bentham » et explique la division en cellules, dispositif qui place les hommes dans un univers, un espace défini, chacun dans son espace, pour ne pas que les espaces interfèrent entre eux. Bentham avait pris l'exemple d'un bâtiment, de fenêtres, de bureaux, de pièces et d’une périphérie, tous éléments qui ouvraient et fermaient ces espaces. Via un dispositif en forme de cercle, avec un surveillant au centre, il serait possible de faire surveiller les prisonniers par une seule personne centrale, qui aurait chacun des détenus dans son champ de vision.

Foucault parle de la prison comme de « l'instrument privilégié du redressement », qui réhabiliterait les hommes ayant dévié. Il la présente comme une image de l'organisation des sociétés modernes où l'institution doit être suivie, appliquée, respectée pour durer et permettre à tous d'en profiter. Cet ordre suit l'ordre économique, politique et se plie aux ordres établis dans la société.

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