Surveiller et punir

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Paul-Michel Foucault

Paul-Michel Foucault est né à Poitiers en 1926 d’un père chirurgien. Très vite, il abandonne le prénom Paul pour se faire appeler Michel Foucault, car c’est le prénom de son père, car il a haï la plus grande partie de son adolescence, mais aussi car les initiales PMF sont les mêmes que celles de Pierre Mendès France.

Ses résultats dans les études sont mitigés : très bon en français, en histoire, en grec et en latin, il est extrêmement mauvais en mathématiques. En troisième, ses résultats dégringolent en raison de la concurrence des Parisiens repliés à Poitiers et sa mère l’inscrit dans un collège religieux où il excelle, évitant le redoublement. Elle lui fait rencontrer un étudiant, Louis Girard, qui lui inculque des notions vagues de philosophie, et il décroche le deuxième prix de philosophie à la fin de son année de troisième. En terminale, son professeur de philosophie le définit comme un élève pour qui « la philosophie sera toujours un objet de curiosité ». Il obtient son bac mention assez bien et ses années lycée resteront des souvenirs détestables par l’atmosphère religieuse et les cours déplorables qu’il y a reçus.

Son père souhaite qu’il suive des études de médecine mais le jeune Michel lui tient tête et se décide pour les classes préparatoires du Lycée Henri IV de Poitiers. Il démontre un grand intérêt pour la philosophie et devient l’élève le plus dynamique de sa classe dans cette matière. Malgré un travail acharné, il rate de très peu l’entrée à l’école Normale Supérieure en 1945. Il quitte Poitiers pour se tourner vers Henri IV à Paris où il travaille énormément, dans une chambre payée par sa mère. Il est décrit par ses professeurs comme un élève brillant qui vaut mieux que les notes qu’on lui attribue. À la fin de l’année, il passe premier en philosophie et en histoire et il est reçu à l’École Normale Supérieure en 1946.

Durant les années qu’il passe à Normale supérieure, il passe pour fou car très asocial et un peu trop conscient de son intelligence. Il souffre aussi de grave dépression. Il fait une tentative de suicide et ses psychiatres pensent que son mal-être vient de son homosexualité refoulée et non assumée. Il se rendait dans des bars gays avant de passer des heures à s’engluer dans la honte. À coté de cela, il lit énormément et prépare une agrégation de philosophie. Il obtient une licence de philosophie en 1948 et une licence de psychologie (sujet qui le passionne) en 1949. En 1950, il s’inscrit au PCF  mais le quitte dès 1953 quand il a vent des goulags en Union Soviétique. En 1950, il échoue à son agrégation mais arrive troisième en 1951.

Entre 1951 et 1955, il enseigne à l’École Normale Supérieure. Durant l’année 1952, il reçoit un diplôme de psychologie pathologique et en 1954, il traduit et écrit une préface à l’ouvrage Le Rêve et l’Existence de Ludwig Binswanger. Durant cette période, il occupe un poste de stagiaire psychologue dans un hôpital. De 1953 à 1954, il est aussi assistant pour enseigner la psychologie à Lille. C’est aussi en 1954 qu’il publie son premier livre et c’est grâce à cette expérience qu’il se rend compte qu’il n’est pas fait pour l’enseignement. En 1955, il part en Suède pour un travail de conseiller culturel dans une université. Il quittera la Suède en 1958 pour s’installer pendant un an à Varsovie, avant de se faire expulser par la police de Gomulka. Il rentre donc en France pour préparer sa thèse à Clermont-Ferrand où il enseigne la philosophie et rencontre un compagnon qui partagera sa vie : Daniel Defert. En 1961, il obtient enfin son doctorat. En 1963, il publie un livre sur l’épistémologie de la médecine, qui sera réédité en 1964.

En 1965, il suit son compagnon à Tunis où il doit effectuer son service militaire et occupe un poste dans l’université de la ville. C’est en 1966 qu’il publie un ouvrage qui connaît un grand succès : Les mots et les choses. En mai 1968, il est toujours à Tunis avec Defert et est extrêmement touché par les protestations des étudiants des universités tunisiennes. Il retourne ensuite en France à la fin de l’année 1968. Cette même année, il prend le poste de directeur du département de philosophie à l’université expérimentale de Vincennes. En 1970, il se retrouve élu au Collège de France et cette même année, il crée le Groupe d’Informations sur les Prisons ; les actions de cette organisation amènent les prisons à accepter la visite de journalistes. Il continue cette action et sa réflexion à ce sujet constituera le fond de Surveiller et punir.

Il agit sur certaines lois du code pénal en participant à des débats et en faisant signer des pétitions, notamment en ce qui concerne la majorité sexuelle. À partir de 1970, il met de coté le militantisme pour se concentrer sur l’écriture de l’Histoire de la sexualité. C’est aussi à partir de cette période qu’il passe beaucoup de temps aux États-Unis, en particulier à l’université de Berkeley.

En 1978, après le massacre de la place de Jaleh, il se rend à Téhéran et à son retour en France, il écrit de nombreux articles sur la révolte iranienne. Malgré ces activités annexes, il continue à donner des cours au Collège de France de 1970 à 1984.

En 1984, il est hospitalisé à Paris et meurt le 25 juin d’une maladie opportuniste liée au sida. Après sa mort, son compagnon, Daniel Defert, crée l’association « Aides » pour lutter contre la maladie.

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