Surveiller et punir

par

La généalogie du pouvoir disciplinaire

Nous en avons convenu, le livre doit être avant tout lu comme une généalogie du pouvoir disciplinaire, qui retrace les liens de cause à effet qui ont mené à notre système carcéral actuel, et les relations qui existent entre les différentes structures étatiques.

Tout d’abord, l’auteur introduit le sujet avec la présentation de la peine la plus affreuse qui existait au XVIIe siècle, le supplice. Il dépeint avec minutie et précision le châtiment de Damiens, un condamné à mort, et explique de quelle façon cette manière de punir a été remplacée peu à peu par d’autres méthodes. Il est clair que les changements politiques de l’époque y ont contribué : en effet, l’exécution publique avait valeur de spectacle, de mise en scène, et permettait au pouvoir monarchique d’asseoir un peu plus son autorité : « La guillotine, cette machinerie des morts rapides et discrètes, avait marqué en France une nouvelle éthique de la mort légale. Mais la Révolution l'avait aussitôt habillée d'un grand rituel théâtral. Pendant des années, elle a fait spectacle. »

Puis, vient le temps où la monarchie s’affaiblit et où l’aristocratie se voit réduite au profit de la classe bourgeoise qui se développe. Avec l’augmentation démographique qui en résulte, et la nouvelle priorité de la possession et du bien, le type de criminalité change. Celle-ci se raréfie, et vise dorénavant plutôt les biens matériels que les personnes elles-mêmes, ce qui rend le nombre d’exécutions plus faible et donc, celles-ci, moins banales, sont plus décriées. Avec le développement des idées des Lumières, les...

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Dissertation à propos de Surveiller et punir