Surveiller et punir

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Le contexte

Surveiller et punir est un ouvrage qui paraît en 1975, alors qu’un climat de forte tension évolue autour du thème de l’univers carcéral, et que de nombreuses manifestations de violence liées à ce milieu sont exacerbées. Par exemple, la sanglante révolte d’Attica cause 40 morts, et plusieurs cas d’évasion conduisent leurs auteurs à l’exécution.

À cette époque, Michel Foucault possède déjà une renommée affirmée. En effet, son nom est très connu et son avis abondamment sollicité par les journalistes à une échelle nationale. Professeur au Collège de France, philosophe, il s’engage parallèlement avec ferveur dans la politique, avec pour domaine de prédilection l’univers carcéral. Ainsi, en 1971, quatre ans avant la parution de Surveiller et punir, il fonde aux côtés de Jean-Marie Domenach et Pierre Vidal-Naquet le GPI : « Groupe d’Informations sur les Prisons », à la suite de grèves de la faim lancées par les militants de la Gauche prolétarienne, qui revendiquent leur statut de prisonniers politiques. Il commence à écrire sur ce thème et publie en 1973 la préface de l’essai de Serge Livrozet De la prison à la révolte. Les conséquences de cette publication donnent naissance au Comité d’Action des Prisonniers (CAP).

Ainsi, on retrouve l’engagement de Foucault dans Surveiller et Punir au moment de sa lutte pour une refonte du système carcéral actuel. Cependant, l’œuvre est davantage une analyse philosophique qu’un ouvrage militant ou qu’un pamphlet visant à dénoncer l’univers des prisons françaises. Foucault précise : « Que les punitions en général et que les prisons relèvent d'une technologie politique du corps, c'est peut-être moins l'histoire qui me l'a enseigné que le présent. » Il affirme donc toutefois que l’ouvrage est en lien direct avec l’actualité, et que malgré toutes les références historiques que celui-ci contient, on peut trouver à sa lecture – et il est même nécessaire de le faire – un écho direct avec le présent. Surveiller et punir s’inscrit donc dans la continuité du cycle carcéral entamé en 1973 avec Moi, Pierre Rivière, achevé en 1982 avec Le Désordre des familles.

Si l’ouvrage est avant tout une narration de l’histoire de la prison, il peut être interprété de manières différentes. Avant d’en analyser les grands axes, il est nécessaire de comprendre qu’on peut aussi bien prendre en considération le changement de visée de la prison, qui passe de la punition à la surveillance, illustrant ainsi l’évolution entre le XVIIIe et le XIXe siècles, de même que nous pouvons nous pencher davantage sur un portrait d’une société des années 70, ou encore nous intéresser au côté historique de l’œuvre, relatant le système en place au XVIIIe siècle, la mutation qui en découle et les conséquences sur notre présent.

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